Adeline Blondieau a connu ce que bien des femmes ont subi : une idylle très jeune avec un homme beaucoup plus vieux, sauf que tenez-vous bien, ce n'est pas lui qui était jugé ou critiqué - comme s'il était normal de sortir avec une femme de l'âge de sa fille. Non, c'était elle.
C'est ce que relate aujourd'hui la fameuse actrice de Sous le soleil au micro de Mesdames, face à Elsa Wolinski : "Voilà, au tout début des années 90, j'étais effectivement en couple avec Johnny Halliday. Et les journaux ne parlaient que de ça. Et c'était moi dont on parlait beaucoup. J'avais 19 ans. Et on me traitait de pute"
Elle poursuit sur le même ton avec beaucoup de verve critique : "Aujourd'hui ça n'arriverait plus je crois d'insulter les femmes à ce point dans un tel cadre, avec une telle différence d'âge". L'actrice évoque ici le système misogyne : faire d'une femme un bouc émissaire et plus précisément, d'une très jeune femme.
On a l'impression de réécouter cette fameuse phrase de Laurent Baffie sur les "jeunes meufs" systématiquement ciblées par le duo Ardisson/Baffie dans Tout le monde en parle. Sauf que là, le phénomène de harcèlement par voie d'articles interposés s'est d'autant plus exacerbé.
Ecoutez plutôt.
Adeline Blondieau évoque sans filtre la misogynie subie quand était en couple avec Johnny. De la part de la presse.
Elle poursuit auprès de Elsa Wolinski, dont l'écoute est très sororale : "C'était la première vague de violences subie de ma vie. Et au final quand j'ai divorcé on a cru que j'étais pleine de fric mais pas du tout : j'ai fait de la télé car je n'avais pas d'argent. Les gens me crachaient dessus quand j'étais avec Johnny. Ils me disaient que c'était forcément moi qui avais un problème. Tout ce sexisme j'ai dû y survivre, je n'avais pas le choix"
C'est désastreux comme vision d'ensemble : écart d'âge hyper patriarcal, presse qui l'est tout autant, acharnement sur une très jeune femme qui se retrouve mise en lumière comme personne en France, car épouse du chanteur le plus populaire du pays, slut shaming décomplexé - on la qualifie de "putain" juste pour être en couple.
Un torrent d'insultes qui a viré au harcèlement et dont est finalement revenue la star. L'interprète aujourd'hui défend plus que jamais ses convictions féministes.
On a l'habitude d'entendre la comédienne défendre ses valeurs et sa beauté très naturelle.
Récemment elle fustigeait déjà avec éloquence sur ses réseaux sociaux : "Si mes rides gênent l’homme à mes côtés c’est qu’il ne voit pas qui je suis. Et le public? Il avance dans l’âge avec moi, c’est le jeu. Qui m’aime me suive !... et j’aimerai en retour. Ancrée et légère, solide et vulnérable à la fois. Je ne laisse le privilège de me blesser qu’aux gens que j’aime. Cette confiance en l’amour est ma prise de risque"
Et face au sexisme ordinaire, l'actrice affirme : "On m'a fait comprendre dans le monde du divertissement que j'étais périmée. Je ne me sentais plus désirée, plus aimée dans ce métier. Ne suis-je qu'un produit esthétique ? Avec une date de péremption ? J'ai senti cette pression à partir de 30 ans. Le regard scrutateur de la production pour traquer la ride, le signe du vieillissement. Je ne me sentais pas concernée, les rides font partie de la vie !"
"Mannequin, présentatrice tv, comédienne, métier de l’image. On y apprend à se mettre en valeur à tirer le meilleur partie de son capital « beauté ». guidé par des maquilleurs, coiffeurs, costumiers, directeurs artistique et parfois des chirurgiens esthétiques… On nous éduque a nous regarder comme un instrument de travail à entretenir pour qu’il soit performant le plus longtemps possible"