Alison Wheeler est plus décomplexée que jamais sur ces images où elle témoigne de ses date et "coups d'un soir". Avec beaucoup d'humour et de dérision : toujours jubilatoire.
"Je ne suis pas très bonne en date, je le deviens au bout du troisième rendez-vous. Je ne suis pas très Pont des Arts ou musée pour un date avec quelqu'un, en revanche un thermos de thé, une chaise pliante, devant une bonne téléréalité, et on se met en cuillère juste après, je suis ravie.", témoigne dans un premier temps et avec un sens du twist ending la chroniqueuse de Quotidien.
"En fait, tu ne fais pas une position de la cuillère dès le premier date. Blague à part ce qui est super avec les sites de rencontre ce serait d'avoir carrément en visu l'évaluation des personnes qui ont déjà daté, comme pour les restos", énonce encore l'humoriste. A ne pas prendre au premier degré bien sûr. Mais néanmoins, quand elle évoque la "nécessité du sexe" (ou non) dès le premier soir, Alison Wheeler marque un grand coup.
C'est un vrai sujet, vaste et important, qu'elle aborde. On vous en dit plus, pas de panique.
Alison Wheeler dénonce entre les lignes la pression à la sexualité. Car la position de la cuillère dès le premier soir, on en est jamais loin dans la tête de l'interlocuteur-ice.
Et quand on l'écoute, on pense très fort à une voix érudite que l'on avait interviewé sur Terrafemina. Qui nous parle comme personne de l'injonction à la sexualité, la course au sexe, même, et ce que cela fait subir aux individus dans une société qui en est obsédée.
"La course à la sexualité fait souffrir beaucoup de personnes", commente dans nos pages Tal Madesta, l'auteurice du nécessaire Désirer à tout prix. "Au sein de notre société on a tendance à surperformer une sexualité forcément désirable, agréable, enthousiasmante... Mais que dans les coulisses de l'intimité des gens, tout est beaucoup moins simple."
"La sexualité est un système qui structure idéologiquement, culturellement et légalement la société. C'est aussi une obsession collective dont tout le monde est victime.", énoncait encore cette voix érudite dans notre longue interview que nous lui avons consacrée, expert.e qui n'hésite pas à étriller le concept du body count - la pression à lister et compter ses "coups". "Associer le degré de satisfaction au prisme quantitatif est quelque chose de très capitaliste en soi. Cette approche comptable, on la retrouve à travers les applis de dating, où cela devient numérique."
C'est encore cela que fustige avec beaucoup de subtilité Alison Wheeler, en employant dérision et décalage pour mieux dire nos mœurs et nos pressions diverses. Comme celle d'être "un bon coup" ou "d'assurer" lors des date, de miser sur son "capital séduction" ou de "sortir de sa zone de confort". Et l'humoriste de détailler encore : "Et quand tu dois payer l'addition, que la personne propose, que tu réponds : non, ça me gêne, bon okay, je paierais la prochaine fois alors... Et tu sais très bien qu'il n'y aura pas de prochaine fois... Je suis quelqu'un de très timide, il faut séduire, c'est toujours très intense, c'est beaucoup plus facile pour les manchots par exemple".
On en redemande, des vannes comme ça. Lucides et délicatement cinglantes.
"À travers anecdotes et autodérision, Alison Wheeler parle de la pression qui entoure aujourd’hui les rencontres, de la difficulté d’être soi-même et de ce moment où l’on comprend qu’il faut parfois ralentir pour se sentir mieux en date. Une réflexion qui dépasse le simple cadre des applications ou des techniques de séduction, et qui fait écho à une tendance plus large : dater autrement, avec plus de sincérité, moins de mise en scène, et davantage d’écoute de soi.", résume Konbini dans son descriptif de cette introspection sentimentale.