Ana Godefroy questionne dans sa dernière publi hilarante l'obsession des gens pour le sexe. Pourquoi en parlent-ils tout le temps ?
L'air de rien, la jeune femme passe au crible une sérieuse injonction. Très drôle.
Une obsession bien relou : le sexe ou plutôt, la façon dont s'égosillent ceux qui prétendent beaucoup "pratiquer", quitte à saouler leur entourage. En tout cas, ça gonfle Ana Godefroy.
Souvent; ce sont ceux qui le font le moins qui en parlent le plus. C'est en tout cas ce sur quoi ironise l'humoriste et chroniqueuse de Quotidien, avec force causticité et irrévérence.
Son discours mérite d'être relayé tant il est réjouissant. On écoute.
Ana Godefroy se gausse d'étriller ainsi les obnubilés du sexe qu'elle compare allégrement à des "glands". On rit de bon cœur à l'unisson.
Fustigeant : "Je comprends pas pourquoi les gens sont obsédés par un sujet comme la sexualité alors que le bowling existe. Les gens qui disent : ca se voit trop à sa tête qu'il baise pas. Désolé mais c'est trop un moove de puceau de dire ça. C'est ceux qui ont le moins de culture qui l'étalent, comme dirait mon grand-père. C'est exactement pareil pour l'intimité. Ne savoir parler que de cul, de se palucher dix-sept fois par semaine, c'est vraiment le vide"
Seulement voilà, c'est un vrai enjeu féministe qu'elle soulève. La pression à la sexualité.
"La course à la sexualité fait souffrir beaucoup de personnes", commente dans nos pages Tal Madesta, l'auteurice du nécessaire Désirer à tout prix, livre de première importance qui justement aborde cette injonction qui complexe. Et rend ridicules ceux qui pensent que le "body count", et bien, compte.
Extrait : "Au sein de notre société on a tendance à surperformer une sexualité forcément désirable, agréable, enthousiasmante... Mais que dans les coulisses de l'intimité des gens, tout est beaucoup moins simple."
"La sexualité est un système qui structure idéologiquement, culturellement et légalement la société. C'est aussi une obsession collective dont tout le monde est victime.", énoncait encore cette voix érudite dans notre longue interview que nous lui avons consacrée. "Associer le degré de satisfaction au prisme quantitatif est quelque chose de très capitaliste en soi. Cette approche comptable, on la retrouve à travers les applis de dating, où cela devient numérique."
Et l'aueurice d'épiloguer sur Terrafemina : "Je pense que ce genre d'applis contribuent beaucoup plus à éloigner les personnes de leur propre corps et de leur propre désir, plutôt qu'elles ne leur permettent une quelconque libération ou une quelconque émancipation".