Influenceuse et militante body positive qui lutte contre les discriminations grossophobes, elle fait résonner sa voix l'espace d'une prise de parole salutaire. Mais les réactions sont terrifiantes.
A l'heure de l'ère Ozempic, où l'ultra-maigreur a fait son grand come back dans le monde de la mode, et à Hollywood où son usage est très controversé, elles deviennent de plus en plus rares, les porte-étendards body positive. Vous savez, cette militance qui combat la grossophobie et s'érige pour la diversité des corps, et plus encore des corps féminins. Et justement, Harmony Albertine est de ces femmes qui aujourd'hui osent élever la voix.
Le temps d'une interview salutaire pour Filtre, la principale intéressée s'adresse, justement, sans filtre, à ceux et celles qui stigmatisent et discriminent les personnes grosses dans une société qui, spoiler, est violemment grossophobe.
Dans les espaces publics, le milieu professionnel, le monde artistique, les transports en commun. Partout : et c'est ce que démontre l'influenceuse dans les images à retrouver ci-dessous. Ce qui ne l'épargne pas des saillies sexistes.
Voire misogynes. De quoi être indigné.
Harmony Albertini réagit à la grossophobie (trop) ordinaire dans cette interview bienveillante. Où elle affirme avec éloquence : "Il faut que la grossophobie soit reconnue comme une discrimination bien réelle. Les commentaires à cela sont toujours désolants et fatigants. Alors que c'est pas parce qu'on est surpoids qu'on est en mauvaise santé. Il faut juste se renseigner et s'éduquer, voilà tout"
La créatrice de contenus poursuit sur le même ton : "Ca m'arrive de rentrer dans un restaurant et les chaises sont toujours trop petites. Idem pour les places dans les avions. C'est toujours à moi de m'adapter, non seulement à des endroits, à des regards et à des pensées... Des hommes m'ont dit : J'adore passer du temps avec toi, mais tant que tu n'auras pas perdu du poids, je ne me mettrais pas en couple" et c'est dans l'intimité qu'on trouve le réactions les plus violentes"
A Terra, on s'est souvent exprimé sur la grossophobie ordinaire.
Stigmatisation, préjugés, banalisation du harcèlement, humiliations diverses, elle prend diverses formes. Gabrielle Deydier, autrice et documentariste (On achève bien les grosses), expliquait dans nos pages : "Les gens comprennent mieux aujourd'hui de quoi il est question quand on parle de grossophobie, mais les réactions ou discours grossophobes sont encore loin d'être rares".
"L'exemple de la mode est parlant : oui, c'est positif de proposer des défilés plus inclusifs, des mannequins body positive (je ne trouve pas que l'on sombre dans le "fat washing"), mais les gens ont trop tendance à croire que parce qu'ils voient des personnes grosses dans un défilé, alors le problème serait forcément réglé".
"Dans le traitement de la grossophobie, on va plus volontiers parler de la mode et des égéries grosses, de la beauté, que de l'accès au travail, au logement, l'accès à la santé et aux loisirs. On ne parle pas forcément des gros et grosses humiliés dans les parcs d'attraction devant leurs enfants. Du caractère excluant des espaces publics, des sièges dans les salles de spectacle..."
Alors pourquoi minimise-t-on la grossophobie malgré des années de luttes et de documentaires ? La réponse est à chercher à l'intersection des discriminations, entre violences anti-personnes grosses et misogynie décomplexée.
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