Des masques roses font vaciller la masculinité fragile des policiers italiens

Des masques roses font vaciller la masculinité toxique des policiers italiens
Des masques roses font vaciller la masculinité toxique des policiers italiens
La police italienne a bien des choses à redire concernant la série de masques FFP2 reçue récemment. En cause ? Leur couleur, le rose, qui ne ferait "pas honneur à l'uniforme".
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"Nous les masques roses, on ne les porte pas. Ils ne font pas honneur à l'uniforme", martèlent les forces de l'ordre italiennes. Le 13 janvier dernier, les policiers ont reçu des masques FFP2 de couleur rose pâle pour aller avec leur tenue de service, et ça ne plaît pas. Les policiers sont colère, informe le quotidien La Repubblica.

Une "affaire" qui concerne plusieurs préfectures italiennes - Pavie, Varèse (Lombardie), Ferrare, Bologne (Émilie-Romagne), Syracuse (Sicile), Venise - où l'indignation et la "perplexité" sont palpables. Le secrétaire général du SAP (syndicat autonome de la police), Stefano Paoloni, a même écrit une longue lettre au directeur général de la police national et préfet Lamberto Giannini pour témoigner de son mécontentement.

"Sur la base du serment que nous avons fait, il est nécessaire que l'uniforme soit porté avec dignité et respect pour l'Institution à laquelle on appartient", lâche-t-il ainsi sur le papier, remonté comme un coucou. "Surtout en ce moment historique, où (...) l'on nous fait part d'une aversion croissante envers les forces de l'ordre, il devient nécessaire de faire preuve de sobriété et de respect vis-à-vis de l'uniforme."

Et de délivrer un argumentaire qui ne trahit ni plus ni moins qu'une virilité blessée par un simple coloris. "Ce sont des choses qui doivent faire partie du cadre de celui qui est appelé à faire respecter les règles", poursuit le secrétaire général. "Les accessoires utilisés doivent être conformes et cohérents avec l'uniforme, de la même manière qu'il est déconseillé d'utiliser des masques aux couleurs voyantes ou avec des ornements excessifs".

Rose pâle, voyant et excessif ? Laissez-nous en douter.

Pire, il ajoute que la teinte de la discorde risquerait de "porter préjudice à l'image de l'institution". Dramatique.

"Le respect ne vient pas des couleurs, mais de la façon d'agir"

Sur les réseaux sociaux, nombreuses critiques affluent. De la part d'anonymes comme de personnalités publiques et politiques. "Les policiers ne veulent pas le masque rose parce qu'il minerait leur masculinité, mais depuis des décennies les policières doivent porter l'uniforme masculin avec la cravate", analyse ainsi une jeune femme sur Twitter.

Même agacement du côté de Teresa Bellanova, sénatrice et vice-ministre des infrastructures. "Il n'y a rien d'inconvenant dans le fait de porter un masque rose", signe-t-elle. Et de remettre les choses en place : "Le respect pour les uniformes ne vient pas des couleurs, mais de la façon d'agir et du travail des hommes et des femmes qui portent ces uniformes". Un rappel malheureusement essentiel.

Pour l'instant, précise Le Figaro, le directeur général de la police - et destinataire de la missive salée - ne s'est pas exprimée. "Affaire" à suivre, donc.