Will Smith est accusé de harcèlement sexuel par un homme. Un violoniste plus précisément qui dénonce des faits qui se seraient déroulés durant la dernière tournée du chanteur. Une affaire qui rappelle que les hommes eux aussi sont victimes de violences. Et qu'à Hollywood, leurs voix sont peu entendues.
C'est vrai qu'au sein de cette société patriarcale, comme l'écrivait très bien Virginie Despentes dans King Kong Theorie, les hommes eux aussi, justement, sont victimes d'un système qui leur assigne pressions et injonctions. Et parmi ces préjugés et constructions sociales, on trouve l'euphémisation permanente des agressions sexuelles subies par les hommes, sources de railleries et de gags potaches. Toujours.
Et si l'affaire dont il est ici question changeait la donne ?
Will Smith, l'agresseur (physique) de Chris Rock (qu'il a giflé en pleine cérémonie des Oscars), est accusé de harcèlement sexuel. C'est un violoniste donc, qui opère sur sa tournée (celle qui est notamment passée par Orange), qui témoigne. Ce dernier l'a même poursuivi en justice. Mais de quoi s'agit-il au juste ?
On vous raconte tout, suite aux révélations matinales de Variety.
Will Smith est au coeur d'accusations graves. Qui ont notamment trait à des faits de harcèlement sexuel.
Mais aussi, de "grooming".
C'est à dire que Will Smith aurait en outre manipulé psychologiquement le musicien qui le poursuit aujourd'hui en justice pour stress post traumatique, lui expliquant par exemple que leur relation était "unique" et "spéciale", dans un but de possession et de domination de sa part. Qui aurait ensuite abouti à du harcèlement sexuel.
Le plaignant évoque effectivement une situation précise : lors de la tournée concernée, qui a pris place l'an dernier, il aurait retrouvé dans sa chambre d'hôtel un soir "des effets personnels, notamment des lingettes, un flacon de médicaments contre le VIH au nom d'une autre personne et un mot : « Brian, je serai de retour au plus tard à 17h30, juste nous deux (cœur dessiné), Stone F ».". De quoi laisser circonspect.
L'intéressé précise d'ailleurs que peu de gens ont accès à ladite chambre dans ce contexte, hormis lui-même, ainsi que les employés de l'établissement.
Et voilà encore ce que révèle Variety dans son enquête : "Joseph a interprété ce mot comme un avertissement : une personne inconnue reviendrait bientôt dans sa chambre pour avoir des relations sexuelles avec lui. Il a prévenu la sécurité de l'hôtel et les représentants de Smith, et a signalé l'incident au commissariat (numéro non urgent). Il affirme que quelques jours plus tard, un membre de la direction l'a humilié au sujet de cet incident et lui a annoncé son licenciement, laissant entendre que Joseph avait tout inventé."
"Un représentant de Smith n'a pas immédiatement répondu à la demande de commentaires de Variety. La plainte allègue qu'à la suite de ce licenciement, Joseph souffre de stress post-traumatique et de préjudices financiers. Il poursuit pour représailles, licenciement abusif et harcèlement sexuel, et demande que le montant des dommages et intérêts soit déterminé par un jury", épilogue enfin la revue influente de la scène hollywoodienne.
Beaucoup voient là un scandale supplémentaire dans la carrière de Will Smith, acteur récemment Oscarisé certes, mais actuellement source de controverses, entre l'épisode de la "gifle" qui n'est toujours pas passé (frapper un humoriste devant des millions de spectateurs), et rumeurs plus complotistes qu'autre chose sur sa "complicité" supposée (sans preuves) avec son ancien ami P Diddy, accusé d'agressions sexuelles et de trafic sexuel par au moins 120 personnes qui ont porté plainte contre lui ; avant qu'un jugement, très déceptif pour les victimes, ne vienne clôturer temporairement ce dossier #MeToo d'une immense envergure dans l'industrie musicale.
Le lien entre cette toute dernière affaire de harcèlement sexuel et #MeToo, il est plutôt à chercher du côté des révélations qui ont pu soulever de nombreux débats : quand les victimes de violences sexuelles sont des hommes. On pense naturellement à Brendan Fraser, acteur de La Momie, qui a accusé un producteur influent d'agression sexuelle, mais aussi à Terry Crews. Quand ces personnalités témoignent, un certain "mythe de la virilité", pour reprendre l'expression de la philosophe féministe Olivia Gazalé, fait qu'ils ne sont pas entendus ou pris au sérieux; Ce ne sont pas de "bonnes victimes" aux yeux de l'opinion publique, car nos représentations de la masculinité ne vont pas dans ce sens.
En attendant une évolution des mentalités ? On l'espère pour 2026.