Sophie Fontanel revient sur son engagement face à la stigmatisation que subissent les femmes "vieilles" sur les ondes de France Culture, dans une émission justement consacrée à la condition des femmes une fois passé un certain âge, intitulée "Quand les femmes vieillissent". Et défend plus que jamais sa "blandeur", la blancheur de ses cheveux qu'elle revendique comme un geste politique, depuis des années, ayant décidée dès ses premières mèches couleur neige de tout "blanchiser".
Andy Warhol également l'a fait très tôt, mais lui, "pour ne jamais vieillir". Deux salles, deux ambiances.
"Je me suis rendue compte que certaines collègues n'avaient que trois ans de moins que moi, quand j'ai blanchi mes cheveux ! Mais avez eu recours à plein de trucs pour paraître plus jeune. Les cheveux blancs c'est beau, c'est ça que je voulais montrer, sur mes réseaux sociaux et dans mes livres, c'est ça que je revendique", détaille avec joie Sophie Fontanel, plume importante dans le cadre de cette vaste réflexion, qui de ses posts Instagram à ses manifestes traduit la nécessité mais aussi la difficulté d'accepter son âge dans une société stigmatisante et discriminante.
Sexiste mais pas que.
"Il n'y a pas un seul film où il y a un homme qui tombe amoureux d'une femme qui a des rides, pas un seul, ou alors ça fait un événement, mais c'est rarissime. Chez les mannequins, c'est très rare. En couverture des magazines, c'est très rare. En fait, il n'y a pas de représentation. Et vous voyez ces actrices qui ont tellement peur de vieillir, alors que vous, vous n'avez pas peur. C'est pour ça que ça fait deux mondes.", énonce-t-elle dans une autre émission de Radio France, sur les ondes de France Inter, il y a quelques années de cela.
"Pourquoi n'y-a-t-il pas de femmes avec des rides en couverture de Vogue ?"
CQFD.
Sophie Fontanel poursuit sur le même ton afin d'épingler les diktats âgistes de notre société patriarcale. Qui n'épargne pas les femmes une fois atteint la quarantaine. Professionnellement, personnellement... Tout y passe. Et cela va jusqu'à nos représentations populaires et/ou inconscientes.
"On dit très tôt aux femmes : Qui va t'attendre ?... Quand les hommes eux peuvent devenir papas à plus de cinquante ans passés. Ce n'est pas normal. Mon geste est devenu politique et militant à partir du moment où, mes racines blanchissant et se perdant, j'ai choisi d'avoir les cheveux entièrement blancs"
Sur les ondes du podcast "Vagues" de ELLE, au micro de la journaliste Marion Ruggieri, Sophie Fontanel s'était exprimée sur l'âgisme, dévoilant à l'unisson : "Ca m'est égal de vieillir, et je pense que le pire, c'est de perdre sa juvénilité. Et c’est compliqué parce qu’en même temps, il faut avoir de la lucidité, de la maturité.... Mais il faut rester capable de faire des conneries, de se marrer, d’être naïf"
"À partir du moment où les femmes franchissent le cap "fatal" de la ménopause, elles sortent du groupe des femmes procréatrices", théorise Camille Froidevaux-Metterie, philosophe féministe, dans les pages de Terrafemina, dans une enquête que nous avons consacré à l'âgisme, "et elles perdent de ce fait ce qui est considéré depuis toujours comme leur principale fonction sociale".
"Ce truc de l'âge est dingue", énonce dans un même élan une légende absolue du cinéma british, Emma Thompson. "Ce fut toujours ainsi. Je me souviens que quelqu'un m'avait dit que j'étais trop vieille pour Hugh Grant... alors qu'il n'a qu'un an de moins que moi. Rien n'a changé à cet égard. C'est pire"
Entre autres témoignages des plus saisissants. Sans commentaires.