Femen : nouveau QG à Clichy et accrochages avec l'extrême droite
Publié le 22 avril 2014 à 14:38
Dimanche 20 avril, les Femen inauguraient leur nouveau QG rue du Port, à Clichy (Hauts-de-Seine), en ouvrant leurs portes au public. La crémaillère a cependant due être encadrée par les CRS, des jeunes nationalistes ayant prévu de perturber la soirée.
Femen : nouveau QG à Clichy et accrochages avec l'extrême droite Femen : nouveau QG à Clichy et accrochages avec l'extrême droite


L'invitation, d'emblée, annonçait la couleur : « Messe sataniste, bucher de merguez, coups de fouets, débats infernaux, musique païenne et blasphème à tous les étages: gagnez votre ticket pour l'enfer en pénétrant dans l'antre des sorcières ! » Dimanche 20 avril, les militantes Femen organisaient une grande soirée portes ouvertes pour célébrer leur installation dans leur nouveau quartier général situé au 4, rue du Port à Clichy (92).

Emmenées par Inna Shevchenko, les Femen proposaient dimanche soir de rencontrer, entre deux verres de punch, des militantes venues d'Ukraine, d'Espagne, d'Allemagne, des Pays-Bas ou encore du Québec. « Nous voulons ouvrir davantage au public, donner aux gens l'occasion de nous parler en direct et de prendre des infos à la sources », explique Solène Assouan, qui fait partie du mouvement féministe.

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Les nationalistes s'invitent à la fête pour « débattre »

La fête, pourtant, a bien failli mal tourner. Vers 19h30, une vingtaine de jeunes affiliés à des groupuscules d'extrême droite ont fait irruption devant le QG des Femen. Parmi eux, Alexandre Gabriac, ex-chef de file des jeunesses nationalistes, dissoutes en juillet dernier par Manuel Valls. Mercredi 16 avril déjà, il indiquait sur Twitter son intention de se confronter aux sextrémistes pour « débattre » avec elles.

Les jeunes nationalistes se sont toutefois heurtés à l'important dispositif de sécurité déployé devant l'immeuble qu'occupent les Femen. Interrogé par Le Parisien, Jean, 43 ans, explique : « Nous, on veut bien les aider dans leurs actions si elles veulent s'attaquer à des synagogues et des mosquées. Ce que nous n'acceptons pas, c'est qu'elles s'attaquent aux églises. Et l'impunité dont elles bénéficient, alors que nous, nous avons tout de suite les CRS sur le dos et on nous emmène en garde à vue. »

Venue à leur rencontre, la chef de file des Femen françaises Inna Shevchenko a déclaré : « Ce soir, c'est une fête. Si vous voulez vous battre ou débattre, vous pourrez revenir une autre fois. » Cette dernière a par ailleurs indiqué que les militantes avaient reçu des menaces sur les réseaux sociaux dans la semaine. Finalement, les nationalistes présents ont été dispersés par la soixantaine de CRS présents sur les lieux, et la soirée des Femen a pu se dérouler sans débordements.

Les Femen perturbent la conférence de presse du FN

Si les Femen ont refusé de discuter avec les jeunes nationalistes dimanche soir, pas question pour autant de cesser de combattre « l'épidémie fasciste » que constituent les partis d'extrême-droite en Europe. Ce mardi 22 avril, des militantes se sont invitées à la conférence de presse du Front national, qui se déroulait sur les Champs-Élysées, à Paris. Une croix gammée aux couleurs européennes dessinée sur la poitrine, les Femen ont perturbé le lancement de la campagne du FN aux élections européennes en criant « Fascist epidemic » et « Marine come out ! » (Marine, dégage !). Selon le compte Twitter des Femen, les 23 activistes présentes sur place ont été arrêtées par la police et conduites dans différents commissariats de la capitale.

Par Charlotte Arce | Journaliste
Journaliste en charge des rubriques Société et Work
Mots clés
Société feminisme front national femen
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