C'est quoi le maquillage vegan exactement ?

C'est quoi le maquillage vegan exactement ?
C'est quoi le maquillage vegan exactement ?
L'appellation est de plus en plus utilisée, mais de quoi s'agit-il exactement ? On vous explique tout du maquillage vegan.
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Etre vegan, c'est, en principe, bannir tout produit d'origine animale de son alimentation. Pas de lait, pas d'oeufs, pas de viande, pas de fromage. Un choix de régime qui gagne du terrain et qui s'opère généralement pour des raisons politiques, écologiques ou par souci du bien-être animal. Et depuis quelques années, on voit apparaître l'intitulé dans l'industrie cosmétique - plus particulièrement dans le maquillage. Des rouges à lèvres, des palettes de fards à paupières, des blushs tous équipés de l'étiquette "vegan", que les marques brandissent comme nouvel argument de vente attractif. A juste titre, puisqu'il est l'indicateur de valeurs fortes de protection de l'environnement, et aussi car la clientèle est au rendez-vous.

Quelle différence entre le maquillage vegan et le maquillage classique ?

A peu près comme pour les personnes qui optent pour la cuisine vegan, celles et ceux qui troquent leur trousse de beauté traditionnelle pour des cosmétiques du même acabit souhaitent un respect total des animaux. Il n'y a donc pas de tests sur les bêtes (cruelty-free), ni de produits d'origine animale dans les composants, contrairement à ce que l'on connaît du maquillage non-végan. Le collagène et la glycérine par exemple, très présentes dans de nombreux soins, proviennent respectivement de carcasses d'animaux (porc, souvent) et de la saponification de graisses animales (poulet ou boeuf, par exemple). Et connaissant le traitement réservé aux animaux d'élevage, miser sur l'éthique est donc une initiative à saluer.

Quelles marques véganes adopter ?

Dans cette course à l'éco-responsabilité, on a tendance à se perdre. Entre les enseignes qui utilisent la protection environnementale comme un outil marketing (le greenwashing dans toute sa splendeur) et celles qui tentent vraiment de faire bouger les choses, la distinction est parfois difficile. Prenons les marques de vêtements par exemple. Avec son label Conscious, H&M tente de reverdir son blason de roi de la fast fashion en montrant des femmes qui courent dans des champs affublées de grandes robes à fleurs soi-disant confectionnées dans des tissus recyclés, censées inspirer le respect de la nature. Et si récemment, le géant suédois a indiqué vouloir passer au tout-recyclé d'ici 2030, plusieurs expert.es rappellent qu'on ne peut pas réellement se proclamer éthique quand on produit en masse - et qu'on vend des vêtements à des prix si bas qu'ils trahissent une main d'oeuvre exploitée.

Joe Salter, fondateur de la marque de mode Where Does It Come From ?, indique également que "Oui, les vêtements doivent être éco-responsables et produits de manière éthique, mais ils doivent aussi être de haute qualité, polyvalents, durables et d'un prix adapté afin que les clients se débarrassent de leurs habitudes de surconsommation et qu'ils respectent les vêtements achetés." Il reste encore du chemin, donc.

Pour les produits de cosmétique, c'est pareil. Il y a ceux qui font des efforts, ceux qui tournent autour du pot, et ceux qui tentent désespérément d'inverser la courbe catastrophique du mur environnemental dans lequel on continue de foncer - et sans frein. Les marques véganes, les vraies, sont dans cette dernière catégorie. Car en refusant de travailler avec des ingrédients issus de l'élevage industriel (qui représente 14,5 % des émissions de gaz à effet de serres et 75 % des terres exploitées au monde, selon Greenpeace), elles contribuent à respecter davantage l'environnement.

Pour les reconnaître, il existe plusieurs labels dont trois principaux, distribués par des organisations légitimes :

  • Le label "Cruelty Free and Vegan" de la PETA
  • Le label "vegan" de la Vegan Society
  • Le label "Once Voice" de l'association éponyme

On se penchera ainsi vers des produits tels que ceux signés Avril Beauté, ZAO o u encore Nabla. Et puis on se rappellera surtout que pour adopter un mode de vie réellement éthique, mieux vaut aussi tenter de réduire ses achats de manière générale - et de consommer local (les tests sur les animaux sont interdits en Europe). Loin de nous l'idée de vous culpabiliser cependant, personne n'est parfait.e. Mais penser à ce qu'on achète, comment et si on en a vraiment besoin est la première étape d'un quotidien plus respectueux de la planète.