Lauren Fryer a dû supprimer ses réseaux sociaux.
La compagne de la star d’Arsenal, Declan Ryce, a été victime d’un cyber harcèlement virulent. Et d’une salve de critiques visant son corps, sa silhouette jugée trop imposante, dans une société déjà largement bousculée par la grossophobie et le sexisme.
Cela en dit long sur la banalisation du harcèlement en ligne, et du body shaming : vous savez, cette façon qu’ont certains (les hommes en particulier) d’assigner critères et critiques au corps des femmes. Souvent, on sombre dans le fat shaming, son itération parmi d’autres : le fait de considérer une femme “trop grosse” et de lui assigner divers noms d’oiseaux déshumanisants. Alors que le monde de la mode et Hollywood ne pensent qu’à l’Ozempic, et que le skinny ou la maigreur absolue, font leur grand retour, érigées en nouveaux étendards (ou plutôt en retour de la silhouette à la Kate Moss), on s'inquiète.
Mais ce n’est pas tout. Le sort de Lauren Fryer en dit aussi long sur celui des femmes de footballeurs.
Dont le traitement en ligne est significatif d’un bon gros sexisme qui dit volontiers son nom.
Lauren Fryer est une victime parmi d’autres d’un sexisme trop banalisé. Qui se porte volontiers envers les femmes de footballeurs.
Hyper sexualisées à la moindre photo en bikini, insultées, considérées comme de simples “bimbos” au physique avantageux et ayant peur leur mot à dire, dé-crédibilisées sur la moindre de leur initiative, les femmes de footballeurs demeurent également dans l’ombre de leur mari, et plus triste encore : sont parfois accusées de les “divertir” de trop, et de porter atteinte à leurs scores sportifs. Déplorable.
Ou alors, elles sont considérées ni plus ni moins que comme des trophées. La “femme-trophée”, c’est un vrai archétype sexiste, un trope : les hommes qui s’enorgueillissent de s’afficher publiquement en compagnie d’une compagne, généralement un mannequin, qu’ils semblent “brandir” avec fierté. Là, dans le cas de Lauren Fryer, on tutoie la facette inverse : le “trophée” est considéré comme ne méritant pas son champion, “pas au niveau” du talent de l’athlète, qui “mériterait mieux” à en croire certains misos.
Lesquels n’hésitent jamais à y aller de leur opinion sur le corps de femmes qui “dans la vraie vie” ne leur donneraient même pas l’heure. Mais on est plus à une incongruité dans ce scénario-là.
Entre autres billevesées du même tonneau : on soupçonne lesdites épouses de s’être mises en couple que pour l’appât du gain, quand bien même elles bénéficient d’une carrière antérieure à leur liaison, multiplient les projets ou parfois s’avèrent plus célèbres que leur moitié (le phénomène Kylie Jenner/Chalamet), et les mêmes stéréotypes sur les femmes “vénales” de se banaliser plus que de raison On compare volontiers ces “femmes de” à des influenceuses en quête de “buzz” ou de “fame”.
"Utiliser l’image d’une femme pour humilier et déstabiliser son compagnon dit quelque chose de la persistance d’un réflexe profondément patriarcal. Le corps d’une femme, surtout lorsqu’elle est en couple, semble ne jamais lui appartenir tout à fait. Il devient un moyen d’humilier son partenaire, comme s’il relevait d’un territoire partagé, voire approprié.", étrillent à l'unisson nos consoeurs du magazine ELLE.
Dans l’attente d’un monde nouveau dans la sphère du ballon rond. Moins sexiste et émancipé de ses cartons rouges pour misogynie ordinaire.