Les femmes politiques sont-elles toujours plus victimes de cyberharcèlement ? Une tout!e nouvelle étude relève le supposé “manque de respect” que voue les internautes aux personnes politiques, et suggère l’étendue du sexisme en ligne.
Une toute nouvelle étude relayée par Slate.fr nous apprend que les internautes sont plus de 30 % à considérer qu’une personnalité politique ne doit pas être traitée avec respect.
En somme, c’est la porte ouverte à toutes les fenêtres : comme celle des insultes en lignes. Ce rapport nous apprend précisément que 35 % des internautes ne traitent pas les hommes et femmes politiques avec beaucoup de bienséances. Et qu’à les lire/entendre, ils ne méritent pas davantage d’estime : “ils ne méritent pas beaucoup de respect”, lit-on dans ce Baromètre de la confiance politique.
Cela en dit long, ou tout du moins suggère, qu’une femme politique “mérite” d’autant plus de véhémence dans une société où le sexisme et la misogynie en ligne sont d’autant plus virulents, justement. On pense au sort dont font l'objet Marlène Schiappa et Sandrine Rousseau, victimes d’insultes en ligne.
Une nouvelle enquête chiffrée en dit long sur la situation des violences en ligne. C’est Slate/fr qui la partage avec cet énoncé en évidence : les Français ont peu d’estime pour les personnalités politiques et considèrent par ailleurs “qu’ils ne méritent pas beaucoup de respect”. Une formulation très vague.
C’est d’autant plus limpide quand on a en tête la misogynie qui caractérise le traitement sur les réseaux sociaux de personnalités très clivantes telles que Sandrine Rousseau et Marlène Schiappa. Mais on pourrait encore évoquer Alice Coffin et Najat Vallaud-Belkacem. Au sexisme décomplexé s’emmêle régulièrement une hyper-sexualisation, concernant certains grands noms de la politique. On rappelle qu'en 2023, l'un des cyberharceleurs de Sandrine Rousseau, un homme qui lui a envoyé insultes et menaces, mais aussi messages à caractère sexuel, au gré de centaines de publications privées, était condamné à un an de prison avec sursis. Et la femme politique n'est qu'une personnalité parmi de nombreuses à se voir quotidiennement mises en danger.
Généralement, cette conception de la politique comme d’une entité qui ne suscite pas la confiance est, pour certains internautes, les plus véhéments, une excuse pour faire la part belle à l’insulte, surtout quand elle est délibérément sexiste. Le sexisme systémique, qui prévaut en politique, se décline volontiers de la part des citoyens à l’égard de leurs représentantes. Le patriarcat forme finalement une boucle.
Et ce sont souvent les mêmes qui en font les frais : les femmes.