Elizabeth Banks a beaucoup à dire. Sur TikTok, l’actrice américaine, connue pour ses rôles dans les films de Judd Apatow, a décidé de s’exprimer sur ce qui la concerne directement : l’infertilité. A 52 ans, elle n’a plus de gêne à faire résonner cet enjeu de société, incompris et source absurde de culpabilité, dont elle a longtemps souffert, avant de devenir maman finalement.
L’infertilité, c’est une situation qui concerne bien des couples. Et beaucoup de femmes. Selon l'OMS, dans le monde, une personne sur six est touchée par l’infertilité, défend une étude de 2023. Soit environ 17,5 % de la population adulte.
L’Organisation mondiale de la santé peut confronter ses chiffres à ceux de la célèbre revue National Geographic, qui dans un tout récent article l’assène : à 30 ans, la probabilité de tomber enceinte pour une femme est de 75 % ; et à 35 ans, ce chiffre chute à 66 %. Une ligne en forme de chute, graduelle, selon l’âge. “D'après les experts, la fertilité suit une longue pente descendante. Bien que la probabilité de conception soit principalement affectée par l'âge, de nombreux autres facteurs entrent en jeu.”, synthétise le reportage.
Mais Elizabeth Banks dans tout ça ?
Justement, c’est une situation aussi intime que politique qu’éclaire la superstar hollywoodienne. Qui a trait au phénomène de "culpabilité" que dénonce Mona Chollet dans son dernier essai en date.
Elizabeth Banks dénonce avec éclat, sur les images à retrouver ci-dessous, le sort des femmes infertiles. Synonymes d’une culpabilisation absurde, sexiste, éprouvant des sentiments négatifs, toxiques.
Sentiments pour le moins indissociables d’une société patriarcale qui assigne aux femmes le devoir d’être des mères, d’être fertiles, comme une prérogative de la condition féminine. C'est ce que fustigeait il y a quelques années déjà l'interprète, en revenant sur son long parcours de la combattante, ses doutes, sa souffrance, qu'elle a longtemps éprouvée.
Elizabeth Banks : “La fertilité fait partie intégrante de la vie, pour les hommes comme pour les femmes. Mais pour les femmes, surtout dans une société qui véhicule l'idée que leur valeur ne réside pas dans leur potentiel de dirigeante, mais dans leur capacité à procréer et à perpétuer l'espèce. Si elles ne peuvent pas avoir d'enfants, elles sont considérées comme moins femmes. Voilà le message. Quant à ma propre infertilité, j'ai dû faire mon deuil. C'était une perte. Et j'ai dû traverser cette épreuve avant de pouvoir envisager de fonder une famille.”
Sur TikTok, l'actrice ne dit pas mieux aujourd'hui, fustigeant à l'unisson : “Je n'ai jamais été enceinte et, jeune, je pensais que c'était parce que je prenais bien la pilule, ce qui était vrai. Mais je n'en sais rien. Il y a un petit pourcentage de femmes qui souffrent d'infertilité inexpliquée, et j'en fais partie. J'ai toujours eu beaucoup d'ovules, je n'ai jamais eu de problème pour produire des embryons, mais ils ne s'implantaient pas. Pour une raison ou une autre, mon utérus est hostile, je ne sais pas ce qui se passe, mais ils refusent de s'y implanter. Alors, j'avais le ventre cassé, c'est ce que j'ai dit à mes enfants, maman avait le ventre cassé.”
L'infertilité en dit également long sur la notion de double standard. On ne va jamais faire porter une charge considérable sur un homme infertile. Celui-ci souffrira d'injonctions tout aussi patriarcales, liées au mythe de la virilité, à ce que l'on associe aux masculinités, mais la société ne l'accablera pas - ce qui n'exclura pas sa souffrance intime bien entendu.
Elizabeth Banks met en lumière quelque chose de différent : des prises en charge médicales insatisfaisantes, une zone de flou concernant l'infertilité féminine, un manque d'informations considérable concernant la santé des femmes, et moult injonctions et pressions sociales qui en pesant sur les femmes viennent alourdir leur vécu et leur douleur.