Ils voulaient faire interdire une pub montrant du sang menstruel en Australie

600 plaintes rejetées contre une pub montrant du sang menstruel en Australie
600 plaintes rejetées contre une pub montrant du sang menstruel en Australie
Plus de 600 plaintes avaient été déposées contre une pub Libra, marque de serviettes hygiéniques, jugeant la présence de sang menstruel "inappropriée". Le CSA australien les a cependant balayées d'un revers de main.
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Il y a décidément encore beaucoup de chemin à parcourir pour ce qui est de lutter contre le tabou des règles. Pour preuve, les réactions outrées des téléspectateurs et téléspectatrices australien·nes face à la campagne #BloodNormal du groupe Essity, menée par Nana en France, et lancée en 2017. Le spot montrait un liquide rouge comme le sang menstruel courir le long des jambes d'une femme sous la douche, un homme qui achetait des serviettes pour sa copine, ou encore une culotte tâchée. A la fin, le slogan "Le sang c'est normal, le montrer devrait l'être aussi" avait pour but de déculpabiliser les femmes.

#BloodNormal

Une initiative qu'on salue allègrement depuis sa diffusion - il est temps de réaliser que les règles ne sont pas bleues, et qu'il n'y a rien de sale dans cet écoulement mensuel - mais qui a été jugée inappropriée par un grand nombre de personnes. Notamment à une heure de grande audience où beaucoup d'enfants se trouvent devant la télé (et pourraient demander à leurs parents ce que sont les règles. Malheur !). 600 plaignant·es en 2019, exactement, qui ont jugé la vidéo "désagréable", "inutile", "choquante et inappropriée", "dérangeante", "dégradante pour les femmes" et ont demandé son retrait des chaînes publiques à Ad Standards, sorte de CSA australien qui modère toutes les campagnes de pub et de marketing du pays. Car si dans de nombreux pays (dont la France), la réclame a uniquement été acceptée sur Internet, l'institution australienne avait quant à elle autorisé sa diffusion télé.

Bonne nouvelle cependant, l'organisme n'a pas penché en la faveur des détracteurs. Le comité a ainsi déclaré que si certain·es téléspectateurs et téléspectatrices "préféreraient ne pas voir de fluides corporels à la télévision", les publicités ne violaient cependant pas le code de déontologie de l'industrie. L'Ad Standards a même rejeté les plaintes en expliquant que la campagne était perçue comme "promouvant l'égalité et la démystification de la menstruation".

De plus, afin de répondre aux accusations qualifiant la pub de "dégradante pour les femmes", il a affirmé qu'"il n'y a pas de langage ou d'images négatives dans la publicité qui sous-entend que les femmes devraient avoir honte de leurs menstruations ou du fait qu'une femme qui a ses règles est une personne de moindre importance". Une décision nécessaire que l'on applaudit et qui, on l'espère, donnera l'exemple de ce côté de la planète.