En Inde, le viol d'un bébé de 8 mois secoue le pays

Manifestations à Calcutta (Inde) de femmes après le viol présumé et le meurtre d'une fille de 9 ans à Siliguri.
Manifestations à Calcutta (Inde) de femmes après le viol présumé et le meurtre d'une fille de 9 ans à Siliguri.
Une petite fille de 8 mois a été admise aux urgences de New Delhi ce dimanche après avoir été violée. Ce fait divers sordide choque le monde entier et relance le débat autour de la sécurité des femmes en Inde, l'un des pays du monde qui compte le plus grand nombre de viols.
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Un drame à faire froid dans le dos secoue l'Inde depuis plusieurs jours. Ce dimanche (4 février), une petite fille de 8 mois a été admise aux urgences de New Delhi après avoir subi des violences sexuelles. Son cousin de 28 ans, accusé d'être à l'origine de ces actes, a été arrêté par les autorités indiennes. Swati Jaihind, cheffe de la Commission des femmes de New Delhi qui a rendu visite à l'enfant, a indiqué que la fillette se trouvait dans un état critique. L'enfant devrait subir environ trois heures d'opération, a-t-elle précisé sur son compte Twitter. Et d'ajouter : "On pouvait entendre ses cris déchirants dans toute l'unité de soins intensifs de l'hôpital. Elle souffre d'horribles blessures au niveau des organes internes."

L'Inde figure en tête de liste des pays où l'on compte le plus de viols. Mais le fait que cet acte de violence suprême soit commis sur un nourrisson a fait réagir tout le pays. Horrifiés, de nombreux Indiens ont affiché leur soutien envers la famille du bébé.

Plus de 19 000 viols d'enfants en 2016

Cette terrible histoire n'est pourtant pas sans précédent dans ce pays. Comme le rapporte la BBC, le Bureau national du crime recense 19 675 viols d'enfant en 2016, soit 82% de plus qu'en 2015, où 10 854 cas ont été enregistrés. "Que faire, comment Delhi peut-elle dormir aujourd'hui alors qu'un bébé de 8 mois a été sauvagement violé dans la capitale ? Sommes-nous devenus si insensibles ou avons-nous simplement accepté notre destin ?", questionne Swati Jaihind sur Twitter. Cette dernière a interpellé le Premier ministre indien Narendra Modi sur le réseau social en le sommant d'instaurer des lois plus strictes et davantage de ressources policières pour lutter contre ce fléau.

En décembre 2012, le viol collectif d'une jeune femme dans un bus à New Delhi avait également secoué le pays, puis le monde entier. Après cette tragique affaire, l'Organisation des Nations Unies a demandé d'organiser un "débat d'urgence" sur les agressions sexuelles faites à l'encontre des femmes. Le gouvernement indien avait ensuite diffusé des campagnes de prévention et renforcé les sanctions pénales à l'encontre des agresseurs sexuels.

Mais le nombre de crimes sexuels en Inde reste très élevé. D'après le Bureau national du crime, 34 000 viols ont été enregistrés en Inde en 2015 (dont 2199 à New Delhi), soit presque plus de 40% de plus qu'en 2012. Le harcèlement de rue semble quant à lui se banaliser : en 2015, 79% des femmes indiennes déclarent l'avoir subi au moins une fois. Ces hausses s'expliquent cependant par le fait que les victimes portent davantage plainte qu'auparavant.