La candidature aux législatives de Jérôme Peyrat, condamné pour violences conjugales, ne passe pas

Candidat Renaissance (ex-LREM) aux législatives dans la quatrième circonscription de la Dordogne, Jérôme Peyrat fait l'objet d'une condamnation pour violences conjugales. Une candidature qui indigne les militantes féministes.
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Candidat de la majorité présidentielle "Ensemble" aux élections législatives dans la quatrième circonscription de la Dordogne, Jérôme Peyrat fait également l'objet d'une condamnation pour violences conjugales. Une condamnation remontant à septembre 2020 et énoncée par le tribunal correctionnel d'Angoulême.

L'annonce de la candidature du conseiller régional et maire de La Roque-Gageac, ancien conseiller d'Emmanuel Macron, a donc suscité la perplexité. Et dans les rangs même de La République En Marche, comme le souligne 20 Minutes, où certains déplorent que Jérôme Peyrat soit investi à la place de la députée sortante Jacqueline Dubois, "première femme élue députée de cette circonscription".

Jacqueline Dubois envisagerait de fait une candidature parallèle "pour défendre la place des femmes", relaie le journal. Une actualité qui a également suscité l'indignation parmi les militantes féministes.

"Tiens, Emmanuel Macron a validé la candidature aux législatives d'un homme condamné pour violences conjugales. C'est beau comme une grande cause nationale", a notamment constaté sur Twitter Caroline de Haas, co-créatrice du collectif féministe #NousToutes.

Un rapport détaillé pour "violences volontaires"

La condamnation émise par le tribunal correctionnel d'Angoulême le 18 septembre 2020 à l'encontre de Jérôme Peyrat reconnaît plus précisément la culpabilité de ce dernier pour des faits de "violences volontaires" sur son ex-compagne. Faits qui remonteraient au jour du 30 décembre 2019. En outre, le candidat avait fait l'objet d'une amende avec sursis d'un montant de 3.000 euros.

"C'était une dispute, je conduisais, elle a arraché mes lunettes, j'ai essayé de la maîtriser, elle a reçu un coup au menton, je n'ai pas cherché à la frapper", s'est défendu l'homme politique, qui nie tout fait de violences volontaires, et dénonce une "tentative d'utilisation politique" émanant des partis politiques d'opposition.

Cependant, Médiapart, qui a pu consulter le jugement rendu par le tribunal correctionnel, invoque un rapport qui "minimise beaucoup moins la violence des faits survenus". Des photographies prises par les gendarmes le jour du dépôt de la plainte de la victime font notamment montre "d'hématomes et de lésions".

Par ailleurs, le certificat médical des urgences émis le 30 décembre 2019 témoigne de "stigmates, tant physiques que psychologiques", parmi lesquels : "une douleur au niveau de la mâchoire, une limitation de l'ouverture de bouche, un hématome de la face vestibulaire de la lèvre inférieure droite, un syndrome de stress post-traumatique".

Un second examen médical confirme quant à lui "l'état de stress post-traumatique" et relève également que les faits décrits "sont tout à fait concordants avec les ecchymoses et hématomes constatés sur le bras, l'épaule et le poignet de la victime". Un rapport détaillé donc, qui évoque notamment l'hypothèse "d'une claque pouvant avoir été donnée sur le visage de la victime comme décrit par la plaignante" et précise également que "le syndrome post-traumatique de la victime ne peut avoir été causé que par une simple dispute conjugale".

"J'ai considéré que cette peine ne m'interdisait pas d'être un homme public, de continuer à faire de la politique", a déclaré Jérôme Peyrat au journal Libération.

Cette candidature pour le moins embarrassante ira-t-elle jusqu'au bout alors que le président Emmanuel Macron a affirmé vouloir faire de nouveau de l'égalité femmes-hommes la grande cause de son deuxième quinquennat ?