Les petits conseils décomplexants d'Ariane Brodier sur la maternité

L'interview décomplexante d'Ariane Brodier sur la maternité
Et si on arrêtait de (se) mentir et qu'on décidait de dévoiler toute la vérité sur la maternité ? Des plus grands bonheurs aux petites surprises gênantes, la comédienne Ariane Brodier pose un regard décalé sur la maternité dans son livre "Rock Mama" bourré de conseils utiles.
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Parce que l'arrivée d'un bébé chamboule une existence, que le corps se métamorphose, qu'on tremble à l'idée d'accoucher, parce que les premiers mois post-partum prennent des allures d'un long tunnel sans sommeil et qu'il est tellement facile de craquer... L'animatrice et comédienne Ariane Brodier a décidé de dire la vérité, toute la vérité.

La maman de 40 ans, qui a donné naissance à un petit garçon en janvier 2018 et à une petite fille en avril 2019, raconte son expérience perso avec bienveillance et complicité à travers un guide drôle et décomplexé. Des premiers mois de grossesse au retour à la maison, du partage des tâches aux tabous comme la fausse-couche et du syndrome du bébé secoué, la "rock mama" ne cache rien, et c'est tant mieux. Rencontre avec une maman cash'n cool qui fait du bien.

Terrafemina : Qu'est-ce qu'on t'avait caché sur la grossesse et qu'il vaut mieux savoir ?

Ariane Brodier : On m'avait caché que la femme enceinte se transforme en sanglier des Ardennes ! Au niveau de la pilosité, il y a des poils qui sont apparus n'importe où... Je ne savais pas que c'était possible d'être poilue du dos par exemple. Au niveau du ronflement aussi : mon mec a fait plusieurs vidéos de moi la nuit qu'il garde précieusement un jour où je pourrais l'énerver. Et il y a aussi la capacité à manger tout et n'importe quoi et de manière complètement anarchique. On peut aussi bien manger des cornichons avec un yaourts en passant par du ketchup. Voilà, on m'avait caché ça. Mais je ne l'ai pas mal vécu !

 

Le truc le plus embarrassant dans la grossesse ?

Je pense que ce sont les premiers mois où tu es un peu enceinte mais que ça ne se voit pas trop. On ne sait pas si tu as mangé trop de couscous, si tu es un peu ballonnée. Et toi, tu ne sais pas non plus comment te positionner : tu ne sais pas si tu dois le dire car tu as peur que cela ne fonctionne pas, et en même temps, tu as tellement envie de la prendre, cette file réservée aux femmes enceintes parce qu'il y a beaucoup de monde à l'Intermarché !

Et ce sont souvent ces premiers mois où on est malade, qu'on a des problèmes de peau... Après quand le bidon est bien là, quand le bébé bouge, qu'on n'a plus les craintes de savoir si ça se passe bien au niveau médical, que tout le monde sait que tu es enceinte... Là, ça va mieux.

 

Que t'avait-on caché sur l'accouchement ?

Oui, que c'est le plus beau jour de ta vie. Il y a plein de femmes qui sont terrorisées à l'idée d'accoucher. Moi, j'ai trouvé ça génialissime. Je pourrais accoucher tous les jours ! Parce que c'est un exploit du corps. Pendant 9 mois, on sent le bébé bouger, on ne s'appartient plus, on loue son corps à son bébé. Et ce jour-là, pour quelques heures (21h pour mon premier enfant !), notre corps nous appartient. Et on doit le maîtriser, on doit faire face.

Après, un truc qu'on m'avait dit et qui ne sert à rien, c'est faire la respiration du petit chien par exemple. Même chose quand on nous asperge d'eau. Mon mec a passé 21h à m'asperger d'eau, limite à la fin, j'avais une angine. Arrêtez d'asperger vos femmes ! Laissez-nous tranquille.

On culpabilise beaucoup les femmes qui décident de ne pas allaiter.

A.B. : Moi, j'allaite mais je ne fais pas partie des femmes qui "aiment" allaiter. Mais je me dis que c'est bon pour mon bébé, que c'est sûrement la dernière fois que j'aurais un enfant donc j'avais envie de vivre ça. Ce que j'aime dans la grossesse, l'accouchement, l'allaitement, c'est la mécanique du corps. Je trouve ça fou que mon corps arrive à faire du lait ! Mais ce côté un peu exclusif me gêne un peu car pour moi, c'est bien de partager avec le papa et c'est pour cela que je tire beaucoup mon lait.

Mais oui, il faut arrêter de culpabiliser les femmes. Il y a plein de bébés qui sont en pleine santé sans avoir été allaités. Et surtout, il faut faire ce que l'on veut ! C'est déjà très compliqué de ne pas avoir son corps pendant 9 mois... Rien ne doit être une contrainte. Il y a aussi des femmes qui allaitent jusqu'à 3 ans, je ne comprends pas non plus, mais on est libre de faire ce que l'on veut.

Dans ton livre, tu abordes le sujet tabou des bébés secoués.

A.B. : Quand je suis devenue maman, je ne savais pas trop ce que c'était. Je n'avais en tout cas pas d'exemples concrets autour de moi. J'ai appris plein de choses : que le bébé devait dormir sur le dos, qu'il ne fallait pas mettre de tour de lut, qu'il fallut un humidificateur... Plein de trucs de sécurité. Mais on ne m'a pas parlé du syndrome du bébé secoué. Parce que cela paraît une évidence ? Pas pour moi ! Je ne savais pas qu'il y avait tant de bébés qui étaient tués ou qui devenaient handicapés à cause de quelqu'un à bout. Ca peut être un papa, une maman, une nounou.

Moi, je me suis vue à bout sur ma première grossesse, quand je ne dormais pas pendant des jours. Mon bébé n'hurlait peut-être pas de manière stridente, je n'ai pas eu l'idée de le secouer, mais je conçois que cela puisse arriver quand on est à bout.

Comment on organise le partage des tâches avec son partenaire ?

A.B. : Et bien on ne partage pas assez, je trouve ! En effet, quand on allaite, c'est surtout la maman qui se lève et fait les nuits. Mais par exemple, quand je tire mon lait, il se lève, il fait les biberons. Mon conjoint s'occupe très bien des enfants. C'est ça, les nouveaux papas, ils sont très impliqués. C'est pour ça qu'il y a les congés de paternité et c'est pour cela que je ne jetterai jamais la pierre à une femme qui ne veut pas allaiter parce que c'est top de partager avec son partenaire.

Tu évoques aussi un aspect que l'on aborde peu : la reprise parfois délicate de la vie intime post-accouchement.

A.B. : Oui, je voulais parler des choses dont on ne parle pas. Comme les fausses couches, comme la reprise de la vie intime, comme le bébé secoué... Parce que c'est facile de dire : "C'est merveilleux d'être maman, c'est le plus beau jour de ma vie", mais parlons des choses qui nous touchent et qui font qu'un couple peut casser. Parce qu'effectivement, il peut y avoir un manque d'intimité et de libido après l'accouchement parce qu'on est mal dans sa peau et qu'une femme n'a pas forcément d'avoir une vie intime, c'est important d'en parler.

Ton livre est très intime, mais tu as pourtant fait le choix de ne pas afficher tes enfants sur les réseaux sociaux.

A.B. : Oui, je trouve que je parle déjà beaucoup de moi, de mon couple. Et je parle d'eux : je montre mon fils de dos, je veux juste qu'il ne soit pas reconnaissable. Si jamais des gens qui étaient mal attentionnés voulaient faire du mal à mes enfants, je préfère qu'ils n'aient pas ni leur identité, ni leur physique. En revanche, si mon fils à 15 ans (et pas avant !) décide d'avoir un Instagram ou un Facebook, même si ce sera probablement obsolète à ce moment-là, il le fera et ce sera son choix. Mais je ne veux pas prendre cette décision pour eux.

Rock Maman, le livre d'Ariane Brodier sur la maternité
Rock Maman, le livre d'Ariane Brodier sur la maternité

Rock Mama d'Ariane Brodier

First Editions