"Je ne pourrais pas être plus fière" : le discours ultra-inspirant de Megan Rapinoe

La championne du monde de foot Megan Rapinoe lors de son discours au City Hall de New York le 10 juillet 2019
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A New York, la championne du monde de foot Megan Rapinoe ne s'est pas contentée de congratuler la victoire de son équipe et les exploits de ses coéquipières. C'est une certaine vision de l'Amérique qu'elle célèbre.
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Retranscrite en live par la chaîne de télévision CBS, la scène se passe le 10 juillet dernier, en plein Manhattan. Devant une foule de citoyen.n.es en délire venue acclamer la victoire de l'équipe américaine à la Coupe du monde féminine de football, la capitaine Megan Rapinoe prend la parole. Elle a le sourire radieux, l'allure fière, des lunettes de soleil stylées sur le nez et sa si caractéristique chevelure rose plaquée en arrière. Ce jour-là, Megan Rapinoe aurait pu célébrer ses prouesses à la Maison Blanche. Mais elle a, jusqu'au bout, affirmé son refus de se déplacer pour Donald Trump. "Je n'irai pas" disait-elle encore sur CNN il y a deux jours de cela.

Mais cela n'empêche pas l'attaquante de 33 ans de délivrer ce mercredi un discours digne d'une militante - voire même d'une présidente. Face à une multitude de caméras et de supporters, la footballeuse va louer la richesse de son équipe et prôner des valeurs aussi universelles qu'inspirantes. Après avoir remporté cette quatrième Coupe du monde, c'est désormais vers l'avenir que son regard - et sa voix - se tourne. Ecoutez plutôt.

"Nous devons être meilleur.e.s"

"Oui nous jouons au foot, oui nous sommes des athlètes féminines, mais nous sommes tellement plus que ça", a-t-elle déclaré. On pensait que Rapinoe, réputée pour ses gestes de contestation, allait en profiter pour décocher quelques punchlines à l'encontre du président des Etats-Unis - qu'elle qualifie de "raciste" et de "misogyne". Et non. Nulle tacle bien senti face à la foule new-yorkaise. Mais, au contraire, un appel à l'union, à la sororité et à la solidarité.

"C'est ma responsabilité envers tout le monde: nous devons être meilleur.e.s, aimer davantage et moins haïr. Nous écouter davantage et moins parler. C'est notre responsabilité de rendre le monde meilleur", a-t-elle poursuivi, convaincue qu'il faut en finir avec "la discorde".

On s'en doute, ces mots ne manqueront pas de fédérer les jeunes générations qui, ces dernières semaines, sont restées scotchées aux attaques stratégiques de l'équipe américaine. Sur l'estrade, Megan Rapinoe en profite pour saluer d'un même geste la confiance de ces supporters ("Vous êtes tellement plus que des fans") et celles de ses consoeurs sur le terrain, dont elle admire la diversité : "Je ne pourrais pas être plus fière [...]. On chille, on boit du thé, on a des célébrations. On a des cheveux roses et violets. On a des tatouages et des dreadlocks. On a des filles blanches et des filles noires, et tout ce qui est entre les deux. Des hétéros et des lesbiennes...", se réjouit-elle. Et qu'importe si certains, peu propices à l'idée pourtant si étasunienne de melting-pot et d'ouverture, préfèrent planter un mur.

En plaçant ses conseils sous le signe de la fraternité, la sportive fait écho au discours qu'elle destinait la veille à Donald Trump du côté de CNN : "Vous portez un message d'exclusion. Vous m'excluez, vous excluez les gens qui me ressemblent, vous excluez les personnes de couleur, vous excluez peut-être même des Américains qui vous soutiennent". Son Amérique à elle, on l'aura compris, notre rôle modèle féministe l'imagine aux antipodes de cet Oncle Sam macho et LGBTQ-unfriendly. La preuve que cette victoire dépasse de loin les gradins des stades.