Je m'habille vegan : quelles alternatives pour les chaussures et accessoires ?

Je m'habille vegan : quelles alternatives pour les chaussures et accessoires ?
Je m'habille vegan : quelles alternatives pour les chaussures et accessoires ?
Pour clore le mois vegan, on s'attaque enfin aux raisons pour lesquelles ne plus investir dans des chaussures et accessoires conçus à partir de cuir, et par quoi les remplacer.
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Devenir vegan, c'est dire adieu à tous les produits d'origine animale. Dans son assiette... comme dans sa garde-robe. Une transition naturelle pour certain·e·s, un bouleversement plus compliqué pour d'autres. Car changer ses habitudes demande du temps, et parfois une véritable rééducation. C'est notre cas.

A l'occasion du mois mondial vegan, en novembre, l'association PETA qui se bat pour le bien-être animal nous a proposé de passer ces trente jours sans enfiler un seul vêtement dont la composition contiendrait ne serait-ce qu'un poil de bête. Traduction : pas de laine, pas de cachemire, pas de soie, pas de fourrure, pas de plumes, et pas de cuir non plus. Et si quelques-uns de ces textiles étaient déjà bannis depuis longtemps de notre placard, la laine et le cuir y sont encore très présents.

C'est pourquoi, plutôt que de se retrouver à passer l'automne à moitié dévêtue, on a décidé de décortiquer plusieurs catégories de fringues, et de proposer mieux. Cette semaine, pour le dernier "épisode" de notre série, après avoir étudié les manteaux et les pulls, on s'attaque aux chaussures et aux accessoires. Des pièces principalement confectionnées en peau (cuir, daim), dont la production de masse inquiète écologistes et défenseur·e·s de la faune. Voici donc pourquoi, à l'avenir, éviter d'opter pour ce type de modèles, et que choisir de plus responsable.

En quoi les chaussures et accessoires en cuir posent problème ?

En quoi les chaussures et accessoires en cuir posent problème ?
En quoi les chaussures et accessoires en cuir posent problème ?

D'abord, que désigne le cuir exactement ? Au-delà de la peau de vache tannée, le terme englobe aussi ce qu'on nomme le "daim", le suède et toute autre peau animale putrescible transformée, grâce à des produits chimiques le plus souvent, en textile imputrescible. La différence entre ces matières vient uniquement de la façon dont elles vont être traitées. Pour les cuirs aspect velours, comme le "daim" et le suède, c'est l'envers qui sera travaillé. Dans cet article, le mot "cuir" inclus donc toutes les peaux animales.

  • Des conditions terribles pour les animaux

Les conséquences de l'élevage massif sur les bêtes sont catastrophiques. Qu'elles soient utilisées pour la viande ou le cuir, les maltraitances subies sont nombreuses, et de plus en plus dénoncées par le milieu associatifs comme par de nombreuses personnalités. En tête notamment, l'acteur Joaquin Phoenix qui milite activement pour un mode de vie vegan de A à Z.

En 2015, il alertait contre le commerce du cuir de chien en Chine et les pratiques que cette production implique. Dans une campagne réalisée par PETA, le comédien oscarisé s'avouait même "écoeuré et malade" des images qu'il avait pu voir. Même constat glaçant pour le cuir de vache et de veau, qui, après avoir vécu une "vie de confinement", déplore l'organisation, sont parfois abattus dans une violence indescriptible. Des conditions terribles qui répondent en partie à une demande toujours plus forte et une concurrence de prix toujours plus bas.

  • Un impact environnemental dramatique

Autre argument non négligeable pour laisser tomber les peaux : ses effets ravageurs sur l'environnement. Si l'industrie du textile est la deuxième la plus polluante de la planète, le cuir remporte l'une des premières places du classement interne.

Selon le rapport Pulse of the Fashion Industry, son impact est deux fois supérieur à celui des fibres telles que l'acrylique et le polyester. Une réalité due à la façon dont ces matières sont traitées : à l'aide de produits chimiques qui les transforment pour les rendre plus résistantes et plus souples. C'est ce qu'on appelle le tannage minéral, une méthode rapide utilisant des sels de chrome ou des sels d'aluminium et du zirconium, détaille le site WeDressFair. Le chrome hexavalent est extrêmement toxique pour la planète, celles et ceux qui travaillent le cuir, mais aussi pour les consommateur·rice·s.

En Europe, si le tannage minéral est très règlementé, ce n'est pas le cas de pays comme le Bangladesh. Là-bas, les déchets et eaux usées finissent parfois dans les sols, les champs, les rivières - et ne manquent pas d'empoisonner la population locale. Un fléau que l'ONG Pure Earth dénonce en 2012, estimant alors que les tanneries figurent parmi les dix industries les plus toxiques au monde, rapporte WeDressFair.

Reste le tannage végétal, qui propose une alternative plus "respectueuse", en ayant recours à des extraits végétaux concentrés, provenant du bois, de l'écorce, de baies, de feuilles... Moins polluant et toxique, sans aucun doute, mais la matière que la technique traite reste animale. Et puis, il y a également la quantité d'eau requise pour l'élevage, et les pâtures nécessaires à l'alimentation des bêtes, qui provoquent toujours plus de déforestation (80 % de la forêt amazonienne a été défrichée depuis 1970) - et restent la source la plus importante de dégâts environnementaux.

Par quoi les remplacer ?

Par quoi remplacer ses chaussures et accessoires en cuir ?
Par quoi remplacer ses chaussures et accessoires en cuir ?

Pour trouver des alternatives plus en accord avec nos convictions, il faut se tourner vers trois options : les chaussures et accessoires en imitation végétale, en imitation synthétique, et les éternelles pièces issues de seconde main.

  • Les imitations végétales

Nombreuses sont les marques à adopter les versions végétales du cuir. Hugo Boss, H&M ou encore Puma se tournent vers un textile conçu à partir de feuilles d'ananas, elles-mêmes issues de l'industrie alimentaire : le Piñatex, imaginé par la start-up britannique Ananas Anam. Veja a créé sa propre matière, le Corn Waste Leather, fabriqué à partir de déchets de maïs. On découvre aussi l'Apple skin, à base de pommes, le Vegea, à base de raisins, le Muskin, à base de champignons, ou encore de cactus.

Des innovations qui peuvent aussi bien se retrouver sur une paire de bottes, qu'un sac ou de la petite maroquinerie.

  • Les imitations synthétiques

Deuxième option garantie vegan : le skaï et autres textiles synthétiques qui imitent eux aussi l'aspect des peaux animales, sans pour autant en contenir ni ne nécessiter de tannage. Seulement, à l'origine de cette matière, des composants pétro-sourcés qui font polémiques comme le polyester, le PVC ou le polyuréthane. La raison : leur impact sur la Terre et leur toxicité pour l'humain, à prendre en considération.

L'indice Higg, qui évalue la durabilité des matériaux en observant l'eutrophisation, la consommation d'eau, la contribution au réchauffement climatique, ainsi que l'épuisement des ressources abiotiques et la consommation d'énergie fossiles, a cependant attribué la notation de 43 points au polyuthérane, contre 163 au cuir de vache. Une différence de taille, donc.

  • La seconde main

La solution la plus respectueuse, on la mentionne fréquemment, reste de trouver son bonheur en frippe, en ligne, ou auprès de n'importe quel·le revendeur·se de pièces qui n'attendent que de nous accompagner pour une nouvelle vie. Et puis, par la même occasion, de revendre toutes celles qu'on ne porte plus pour éviter qu'elles ne se détériorent dans notre placard.

Côté marques, quelques noms éthiques et esthétiques : les baskets Supergreen, les bottines Minuit sur Terre, les sacs à main Ashoka et les ceintures oversize Lo Neel. Pour le vintage stylé et déjà porté, rendez-vous sur Petite Chineuse. Et puis en attendant, on se renseigne, on s'éduque, on tente de ne pas trop culpabiliser, et on chérit notre garde-robe qui n'a très certainement pas besoin de s'agrandir d'ici un petit moment.