Je m'habille vegan : quelles alternatives pour les pulls ?

Je m'habille vegan : quelles alternatives aux pulls ?
Je m'habille vegan : quelles alternatives aux pulls ?
A l'occasion du mois mondial vegan, on vous propose de faire un tour dans votre vestiaire pour privilégier les matières non-animales. Et si ce n'est pas possible, de savoir dans quelles alternatives investir. Cette semaine, on parle pulls.
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Il n'y a pas que notre frigo qui peut bénéficier d'une transition vegan : l'industrie de la mode, par exemple, utilise des matières animales diverses, produites dans des conditions parfois insoutenables. Laine, soie ou encore cuir : leur élaboration engendre pollution, déforestation, gaspillage, mais aussi torture et maltraitance sur les animaux élevés en masse pour fournir ces textiles en grande quantité, et rapidement. Textiles dont nos placards sont plein.

Afin de sensibiliser à cette réalité, l'association de défense des animaux PETA France nous a lancé un défi : celui d'exclure ces vêtements problématiques de nos tenues, et ce pendant un mois. On a voulu le relever sans attendre, avant de se rendre compte d'un détail crucial : la quasi totalité de notre garde-robe d'hiver comportait au moins du cuir, du daim, de la laine, du cachemire ou de la soie. Même dans les modèles qu'on pensait "safe" se cachait au moins 10 % de fibres animales.

On a donc décidé de prendre le challenge autrement, comme une occasion d'alerter sur les conséquences dramatiques pour l'environnement des élevages dédiés aux vêtements, et de proposer des solutions plus respectueuses une fois que nos chaussures, manteaux, pulls seront usés jusqu'à la corde. Notre premier article sur le sujet s'attaquait à la catégorie des manteaux et des doudounes. On aborde aujourd'hui les pulls.

En quoi les pulls posent problème ?

Sur l'environnement, la laine animale cause des dégâts ravageurs.
Sur l'environnement, la laine animale cause des dégâts ravageurs.

Ces pièces essentielles qui réchauffent autant qu'elles réconfortent, et dans lesquelles on aime se lover pour se protéger du froid, semblent - pour beaucoup - uniquement mériter la mention "qualité" si elles sont composées de laine, de cachemire, de mohair. A tort. Voici ce qui se cache derrière nombreuses étiquettes :

  • Les pulls en laine

On en parlait déjà en examinant le cas des manteaux en laine, les pulls en laine de mouton ne font évidemment pas exception. Mais mieux vaut le marteler : il s'agit d'une matière extrêmement polluante. Plus d'un milliard de moutons sont nécessaires à la production de 2 millions de tonnes de laine chaque année. Des chiffres faramineux qui entendent répondre à une demande mondiale qui ne cesse de croître.

Sauf que l'animal, fréquemment confronté à une maltraitance terrible dénoncée par PETA, ne fabrique pas que du textile. Un mouton libère environ 30 litres de méthane (un gaz dont l'impact est 28 fois plus important sur le réchauffement climatique que le CO2) par jour dans l'atmosphère, et des excréments nocifs finissent par s'infiltrer dans l'eau et les sols.

Pour ce qui est de la laine angora, des centaines de marques ont pris la décision de ne plus en faire usage en découvrant les images des élevages de lapins angora en Chine : "[Ils] sont généralement enfermés dans des cages minuscules et dégoûtantes et sans aménagement, et subissent le supplice de l'arrachage des poils jusqu'à quatre fois par an", condamne l'association qui a enquêté sur le sujet. Même constat glaçant emprunt de brutalité pour la laine alpaga.

A cela s'ajoute la destruction de forêts et d'écosystèmes entiers pour créer pâturages et champs agricoles dédiés à la nourriture des animaux. Un bilan consternant.

  • Les pulls en cachemire

"Les conséquences environnementales négatives de l'industrie s'aggravent au fur et à mesure que le nombre de chèvres utilisées pour le cachemire augmente", avertit PETA.

"En Mongolie, elles représentent désormais jusqu'à 60 % de tous les animaux d'élevage, et des pâturages autrefois verdoyants ont été avalées par le sable à cause du surpâturage. La Chine a élevé un si grand nombre de chèvres que leur pâture a libéré des tempêtes de poussière dont les panaches de pollution sont parvenus jusqu'en Amérique du Nord." Un fléau que rapporte également le magazine Vogue, notamment.

  • Les pulls en mohair

Le mohair est issu de la toison de petites chèvres angora qui, dans de grosses exploitations, sont tondues à la chaîne et dans des conditions déplorables, sans grande considération pour leur bien-être. Des images de ces élevages ont d'ailleurs convaincu Monoprix, le groupe H&M ou encore Topshop de ne plus utiliser de mohair dans leurs collections. Preuve qu'un engagement global est possible, et surtout nécessaire.

Par quoi les remplacer ?

Des fibres naturelles, synthétiques et artificielles pour les remplacer.
Des fibres naturelles, synthétiques et artificielles pour les remplacer.

Il existe plusieurs options qui permettront de passer aux pulls éthiques garantis sans fibres animales. On les divise en deux catégories : les fibres naturelles végétales et les fibres synthétiques.

  • Les pulls en fibres végétales

Lin, chanvre, coton, bambou, ortie, soja, banane : la liste est longue. Il faut toutefois bien regarder la provenance et le coût environnemental de chacune. Le coton, par exemple, est l'un des matériaux les plus polluants de la planète, de par le transport qu'il requiert jusqu'en Europe et l'eau que sa culture nécessite. On lui privilégie par exemple la fibre de soja. Douce, confortable et adaptée aux peaux sensibles, elle offre aussi une bonne tenue après lavage. Ou la fibre de bambou, qui en plus des arguments précédents, est naturellement anti-bactérienne et très absorbante.

  • Les pulls en fibres artificielles et synthétiques

Qui dit artificiel ne veut pas forcément dire destructeur pour l'environnement, ni de faible qualité. Le Tencel ®, aussi appelé lyocell, en est l'exemple. Sa fibre 100 % cellulosique et biodégradable est produite à partir de pulpe d'eucalyptus dans un circuit quasi fermé. Sa fabrication se fait dans le respect de l'environnement, en utilisant des solvants non toxiques et recyclables récupérés à 97 %.

Il y a aussi le Modal ®, sorte de viscose écologique dont l'empreinte CO2 est neutre, qui est lui aussi issu de fibre de bois, et mise au contact de solvant non toxiques récupérés à 95 % dans d'autres entreprises. Et puis, le cashmilon, un dérivé de l'acrylique qui imite à la perfection le cachemire, les dégâts en moins.

  • La seconde main

Cela reste l'option la plus écoresponsable : celle de ne pas acheter de pièce neuve et de faire vivre un vêtement le plus longtemps possible, pour notamment amortir son impact environnemental. Le prix défie souvent toute concurrence, alors on n'hésite pas.

Quelques marques pour trouver notre bonheur : Plus de pulls, Ateliers de la maille ou encore Armedangels, label qui crée de nombreux pulls certifiés vegan par PETA. Côté fripes en ligne, on trouve Imparfaite Paris pour une sélection tendance ou Vagabones pour des collections chinées ultra-pointues.

Et pour s'assurer aussi que les conditions de fabrication du vêtement sont éthiques, pourquoi ne pas s'en charger soi-même et se lancer dans le tricot, avec Wool and the Gang par exemple ? On avait déjà craqué pour la poterie (sans grand succès), on peut bien tenter une autre activité manuelle qui occupera nos longues journées de confinement. Jusqu'à ce qu'on découvre quoi faire pour remplacer nos chaussures en cuir.