Moins travailler (et moins gagner) pour pouponner : un père sur deux est d'accord

Moins travailler (et moins gagner) pour pouponner : un père sur deux est d'accord
Moins travailler (et moins gagner) pour pouponner : un père sur deux est d'accord
Selon un rapport paru la semaine dernière en Grande-Bretagne, un jeune père sur deux accepterait d'occuper un job moins bien payé mais moins stressant, ou bien de réduire son temps de travail pour plus s'occuper de ses enfants.
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Les pères de la génération Y veulent prendre davantage part à l'éducation de leurs enfants, quitte à mettre leur carrière professionnelle entre parenthèses. C'est ce qui ressort du 2017 Modern Families Index, une étude publiée lundi 16 janvier en Grande-Bretagne et réalisée par Working Families, une association qui milite pour un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie familiale.

Réalisée auprès de 2 750 parents à travers le Royaume-Uni, l'étude ébranle l'image d'Épinal des pères déconnectés des considérations familiales et concentrés sur leur carrière. Ainsi, 53% des pères issus de la génération Y interrogés se disent prêts à être rétrogradés pour passer plus de temps avec leurs enfants. 48% seraient aussi prêts à accepter de moins bien gagner leur vie pour parvenir à un meilleur équilibre vie pro-vie perso.

C'est plus que les générations précédentes, qui n'accordent pas autant d'importance au partage de l'éducation des enfants au sein du couple : si 47% des pères toutes générations confondues accepteraient d'être rétrogradés pour être moins stressés, seuls 38% se disent prêts à consentir à une réduction de salaire pour passer plus de temps auprès de leur famille.

70% des sondés se déclareraient prêts à renoncer à un nouvel emploi ou à une promotion si cela pouvait nuire à leur vie familiale.

La "peine de paternité", fléau des pères impliqués

Prêts à réduire leur salaire et leur temps de travail pour davantage s'occuper de leurs enfants, les pères de famille y renoncent souvent par pression sociale. Considérés comme moins ambitieux par leurs employeurs, ils voient souvent leur carrière freinée en contrepartie de leur demande de flexibilité.

Près de la moitié des parents interrogés admettent ainsi ne pas être à l'aise à l'idée de soulever la question de la charge de travail et des heures supplémentaires avec leur employeur. Un parent sur cinq a quant à lui déclaré que leur patron se montrait peu conciliants et ouverts lorsqu'ils avaient des soucis de garde. 11% ont expliqué que leur patron ne leur accordait aucune permission de réduire leur temps de travail de manière exceptionnelle pour vaquer à leurs responsabilités parentales.

L'équilibre vie pro-vie perso, clé l'égalité au travail

Pourtant, les experts cités par l'étude de Working Families s'accordent à dire que les employeurs auraient tout à gagner en se montrant plus souples envers les parents actifs qui veulent bénéficier d'un aménagement de leur emploi du temps ou d'horaires plus flexibles.


"Il est clair que la conciliation du travail et de la vie de famille est maintenant une priorité pour les mères et les pères. Il est impossible d'exagérer l'impact positif de la compréhension et de l'employeur de soutien - qui s'adapte aux besoins de ses employés afin qu'ils puissent progresser dans leur carrière. Les employeurs de premier plan sont ceux qui protègent leurs employés contre les sanctions parentales et fournissent des conditions de travail optimales ainsi que des attentions adaptées aux besoins de chacun", explique Denise Priest, directrice des partenariats chez Bright Horizons.

Aujourd'hui, notent les auteurs de l'étude, les pères se retrouvent dans la même situation que celle des femmes dont la carrière a été freinée lorsqu'elles ont eu un enfant. "Pour éviter qu'une 'pénalité de paternité' n'émerge au Royaume-Uni et pour aider à lutter contre la peine de maternité, les employeurs doivent veiller à ce que le travail soit conçu de manière à aider les femmes et les hommes à trouver le bon équilibre entre travail et vie privée", note Sarah Jackson, directrice générale de Working Families. "Une première étape de ce changement de rôle serait de créer un nouveau congé paternité correctement payé et plus long. Le gouvernement enverrait le signal clair qu'il reconnaît les aspirations des pères modernes et prend au sérieux la lutte contre la peine de maternité qui gâche la vie de tant de femmes au travail", poursuit-elle.

Selon une autre étude de mars 2016, cette fois-ci réalisée par le Women and Equalities Committee, favoriser les horaires flexibles pour les parents aurait aussi comme bienfait de réduire les écarts salariaux entre femmes et hommes. "Beaucoup de pères veulent jouer un rôle plus actif dans la prise en charge de leurs enfants et l'enquête sur l'écart de rémunération entre hommes et femmes de l'an dernier a constaté que le partage des responsabilités familiales à parts égales entre les mères et les pères est la clé pour réduire l'écart de rémunération entre hommes et femmes", rappelle Maria Miller, Présidente du Women and Equalities Committee.