Culture
Orange Is the New Black : pourquoi cette série est l'arme fatale de Netflix
Publié le 14 septembre 2014 à 18:00
Par Ariane Hermelin | Journaliste Terrafemina
Alors que Netflix s’apprête à lancer sa plateforme de streaming par abonnement en France, de nombreux articles se penchent sur le catalogue de films et de séries qui sera mis à disposition des futurs abonnés du service. Pour Terrafemina, c'est tout vu, l’intérêt principal du service de streaming légal repose sur sa série maison « Orange Is the New Black », qui débarque pour la première fois en France.
Orange Is the New Black : pourquoi cette série est l'arme fatale de Netflix Orange Is the New Black : pourquoi cette série est l'arme fatale de Netflix© Netflix
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Pour beaucoup de gens, Netflix, c’est House of Cards. Si on a beaucoup parlé de la série politique conçue par David Fincher et fondée sur un casting trois étoiles, Orange Is the New Black est le véritable joyau produit par Netflix. En allant chercher Jenji Kohan, la créatrice de Weeds qui a choisi d’adapter les mémoires d'une jeune femme au sujet de son année passée en prison, Netflix a eu une idée brillante. Le résultat est une série passionnante qui mélange humour et réalisme avec brio. Visite guidée.

Orange is the new black

Une hipster en prison

Une jeune femme bien sous tous rapports se retrouve condamnée à faire de la prison à cause de sa liaison passée avec une trafiquante de drogue pour laquelle elle a transporté de l’argent sale. Cette oie blanche va alors se retrouver propulsée dans un univers auquel aucun bouquin ne pouvait la préparer et payer le prix de son ingénuité dès les premiers épisodes. Le début de la série s’attache en effet à montrer, sur un mode quasi-documentaire, comment se déroule la vie dans une prison de femmes : les journées-type, le manque d’intimité, les relations avec les gardes, les clans et les allégances, les rapports de force entres les différents protagonistes, etc. Au fur et à mesure que Piper s’habitue à sa vie en prison, l’écart se creuse avec son fiancé, qui, resté dans sa petite vie confortable d’écrivain en herbe, peine de plus en plus à la comprendre.

Ce n’est pas OZ

Comment ne pas penser, en découvrant les première images de la série de Jenji Kohan, à la mythique série d’HBO, OZ, qui montrait sans fard l’univers carcéral pendant six saisons aussi violentes que palpitantes. Mais Orange Is the New Black désamorce dès le premier épisode toute comparaison avec la série culte.
« On n’est pas dans OZ. Ici les femmes s’affrontent à coup de rumeurs et de potins », annonce d’entrée de jeu son conseiller à Piper. Et de fait les deux séries n’ont rien à voir. Orange Is the New Black ne cherche pas tant à dénoncer le fonctionnement de l'administration pénitentiaire – même si la critique est présente, par petites touches – qu’à montrer, souvent avec humour, l’humanité et la solitude de ces criminelles. 

Les dialogues sont géniaux

Orange is The New Black, c’est avant tout des dialogues aux petits oignons. Qu’il s’agisse d’une conversation hallucinante au sujet de l’emplacement exact de l’urètre, d’une joute verbale entre Nicky et Boo, les deux Don Juanes de la prison (un extrait ci-dessous), des délires mystiques d’une white trash qui se prend pour l’élue de Dieu, ou encore le résumé de l’intrigue de Toy Story version guerre de gangs par Morello (ci-dessous), la série recèle de moments hilarants. 





Les personnages sont terriblement attachants

C’est indéniablement la grande force d’Orange Is the New Black. Si Piper, qui sert au début de la première saison d’alter ego au spectateur, aussi peu informé sur les us et coutumes d’une prison féminine qu’elle, se révèle un poil agaçante, la série a la bonne idée de lui donner petit à petit moins d’importance. Elle s’efface en effet progressivement tandis que d’autres détenues se dévoilent. Car c’est la toute la force de la série : son épatante galerie de personnages aussi variés qu’attachants, entre Red la terrifiante chef de bande russe, Taystee la dealeuse à l’incroyable bagout, Nicky, l’ex-droguée ultra-cynique, Sophia, la transsexuelle en rupture avec sa famille, Crazy Eyes, la folle de service qui cite Shakespeare, Mendez, alias Pornstache, le maton aussi lubrique que violent (dont vous avez un aperçu ci-dessous)...

On ne s’ennuie jamais

Plutôt que de faire reposer sa série sur une intrigue unifiée, la créatrice a fait le choix d’explorer une nombre infinie de possibilités en introduisant des flashbacks dans chaque épisode qui nous renseignent sur la vie passée des protagonistes et sur le crime qui les a conduits derrière les barreaux : trafic de drogue, fraude, braquage ou harcèlement. Ce choix narratif permet à la série, en livrant épisode après épisode de nouveaux fragments de vies brisées, d’accrocher durablement le téléspectateur, de plus en plus attaché à ces femmes aussi émouvantes les unes que les autres. Une drogue dure.

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