Culture
"Vous n'êtes pas prêts" : cette grande chanteuse française dénonce “l’effacement des femmes noires” aux JO et ça fait (forcément) réagir
Publié le 23 février 2026 à 14:00
Yseult n’est pas connue pour se taire. Démonstration est de nouveau faite, cette prise de parole sur l’effacement des femmes noires, qui ne risque pas de plaire à tout le monde. Tant mieux.
"Vous n'êtes pas prêts" : cette grande chanteuse française dénonce “l’effacement des femmes noires” aux JO et ça fait (forcément) réagir
"On est fatigués de toi" : cette grande chanteuse française dénonce “l’effacement des femmes noires” aux JO et ça fait (forcément) réagir Yseult n’a jamais fait dans la diplomatie, et c’est tant mieux : chacune de ses prises de parole est une affirmation supplémentaire de son militantisme. Face au racisme, et au sexisme, dans une société qui combine volontiers les deux, vous l’aurez noté. Et justement : superstar parmi d’autres icônes des JO de Paris, elle dénonce aujourd’hui, à l’aboutissement des Jeux Olympiques d’Hiver, un phénomène qu’elle a pû observer, à partir d’un fait qui pour beaucoup sera anecdotique, mais ne l’est pas à ses yeux. Du tout. A savoir ? Le fait qu’elle n’ait pas été nommée directement dans un tweet partageant sa performance musicale pourtant très remarquée. La chanteuse voit là, moins une maladresse ou un oubli qu’une mise en lumière des inégalités dont sont victimes bien des femmes au quotidien : les femmes noires plus précisément, dont elle fustige l’exclusion et “l’effacement”. De l’industrie musicale ? Plutôt de l’Histoire tout court, qu’importe le milieu en vérité. Yseult ne craint pas d’engendrer l’ire d’autrui. Plus encore, elle en est évidemment lucide, du caractère clivant de sa prise de parole. Elle l’énonce dans son message d'ailleurs. Et fustige : “Poster ma performance [des JO] sans m'identifier veut dire beaucoup de choses. L'effacement des femmes noires débute rarement avec d'énormes déclarations fracassantes… mais plutôt par de discrets "oublis". Mais je pense que vous n'êtes pas prêts pour cette conversation “.

Yseult n’a jamais fait dans la diplomatie, et c’est tant mieux : chacune de ses prises de parole est une affirmation supplémentaire de son militantisme. Face au racisme, et au sexisme, dans une société qui combine volontiers les deux, vous l’aurez noté.

Et justement : superstar parmi d’autres icônes des JO de Paris, elle dénonce aujourd’hui, à l’aboutissement des Jeux Olympiques d’Hiver, un phénomène qu’elle a pû observer, à partir d’un fait qui pour beaucoup sera anecdotique, mais ne l’est pas à ses yeux. Du tout.

A savoir ? Le fait qu’elle n’ait pas été nommée directement dans un tweet partageant sa performance musicale pourtant très remarquée. La chanteuse voit là, moins une maladresse ou un oubli qu’une mise en lumière des inégalités dont sont victimes bien des femmes au quotidien : les femmes noires plus précisément, dont elle fustige l’exclusion et “l’effacement”. De l’industrie musicale ? Plutôt de l’Histoire tout court, qu’importe le milieu en vérité.

L’artiste épingle la mise au ban des artistes racisées. Et étrille comme elle a pu déjà le faire la misogynoir : cette intersection entre racisme et sexisme, au croisement des discriminations.

“Vous n’êtes pas prêt pour ce débat”, “Polémique inutile” : Yseult suscite la controverse en mettant les points sur le i de Racisme

Yseult ne craint pas d’engendrer l’ire d’autrui. Plus encore, elle en est évidemment lucide, du caractère clivant de sa prise de parole. Elle l’énonce dans son message d'ailleurs.

Et fustige : “Poster ma performance [des JO] sans m'identifier veut dire beaucoup de choses. L'effacement des femmes noires débute rarement avec d'énormes déclarations fracassantes… mais plutôt par de discrets "oublis". Mais je pense que vous n'êtes pas prêts pour cette conversation “. 

A quoi rétorquent volontiers, tel que le rapportent nos confrères de Purecharts, les commentaires véhéments et/ou circonspects de son public : « Peux-tu arrêter de pleurer pendant une minute ? On est fatigués de toi », « Je ne comprends pas, ils font pourtant ta promotion », « C'est la cérémonie de clôture des JO, pas la performance d'Yseult au centre du monde », « Je doute qu'ils identifient Rowan Atkinson [l'acteur culte de "Mr. Bean", ndlr] à chaque fois qu'ils publient un extrait de sa performance de Londres 2012 ».

Ce que l’artiste met ici en lumière, c’est la misogynoir. Soit, cette discrimination intersectionnelle : à l’intersection des discriminations, justement, entre racisme et misogynie, d’où l’intitulé. Avant elle, Aya Nakamura a pu volontiers le dénoncer. Et après elle, la reine des Victoires de la Musique, l’incontournable Théodora, qui étrillait dans la presse anglophone le racisme systémique.

Un terme qui émane du jargon universitaire, des gender studies, et que Yseult avait déjà valorisé aux Jeux Olympiques de Paris, de cette façon : "Diffamer, écraser, insulter, invisibiliser, salir le nom d'une femme noire publiquement est une pratique très très courante mais lorsqu'il s'agit de célébrer les victoires, il n'y a personne... C'est la raison pour laquelle il est crucial de croire en soi, de se célébrer et de noter ses accomplissements dans un carnet, afin de ne pas oublier les épreuves et les sacrifices". Comme quoi, ce discours ne date pas d’hier. 

Aya Nakamura résumait la chose en ces termes, déjà :  "Je suis une renoi, je sais qu'il y a beaucoup de discrimination envers nous, mais avant d'être chanteuse je n'ai jamais eu de remarque sur mon physique. Jamais ! Ce n'est que quand j'ai commencé à être connue que j'ai eu des remarques"

Précisant elle aussi au moment des Jeux Olympiques à l’unisson de sa consœur lyrique : "Je pense qu'en toute honnêteté, en tant que femme noire, j'ai pris pour tout le monde. Dans le sens où j'ai eu à faire à des discussions sur la caricature de la femme noire que les gens ont vu en moi"

Cela, Théodora elle-même a pu le constater. Au magazine américain The Fader, elle fustigeait : « Quand vous êtes une femme noire et que vous faites de la musique en France, vous devez vous battre cinq fois plus. Parce que personne n'aime les femmes noires. Si je n'avais pas réussi à me faire une place, vous ne me verriez pas parce que nous sommes dans un pays raciste » 

Des prises de parole qui ne laisseront personne indifférent. Bonne chose ?

Par Clément Arbrun | Journaliste
Passionné par les sujets de société et la culture, Clément Arbrun est journaliste pour le site Terrafemina depuis 2019.
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