"Vous n'êtes pas prêts" : cette grande chanteuse française dénonce “l’effacement des femmes noires” aux JO et ça fait (forcément) réagir
"On est fatigués de toi" : cette grande chanteuse française dénonce “l’effacement des femmes noires” aux JO et ça fait (forcément) réagir
Yseult n’a jamais fait dans la diplomatie, et c’est tant mieux : chacune de ses prises de parole est une affirmation supplémentaire de son militantisme. Face au racisme, et au sexisme, dans une société qui combine volontiers les deux, vous l’aurez noté.
Et justement : superstar parmi d’autres icônes des JO de Paris, elle dénonce aujourd’hui, à l’aboutissement des Jeux Olympiques d’Hiver, un phénomène qu’elle a pû observer, à partir d’un fait qui pour beaucoup sera anecdotique, mais ne l’est pas à ses yeux. Du tout.
A savoir ? Le fait qu’elle n’ait pas été nommée directement dans un tweet partageant sa performance musicale pourtant très remarquée. La chanteuse voit là, moins une maladresse ou un oubli qu’une mise en lumière des inégalités dont sont victimes bien des femmes au quotidien : les femmes noires plus précisément, dont elle fustige l’exclusion et “l’effacement”. De l’industrie musicale ? Plutôt de l’Histoire tout court, qu’importe le milieu en vérité.
Yseult ne craint pas d’engendrer l’ire d’autrui. Plus encore, elle en est évidemment lucide, du caractère clivant de sa prise de parole. Elle l’énonce dans son message d'ailleurs. Et fustige : “Poster ma performance [des JO] sans m'identifier veut dire beaucoup de choses. L'effacement des femmes noires débute rarement avec d'énormes déclarations fracassantes… mais plutôt par de discrets "oublis". Mais je pense que vous n'êtes pas prêts pour cette conversation “.
A quoi rétorquent volontiers, tel que le rapportent nos confrères de Purecharts, les commentaires véhéments et/ou circonspects de son public : « Peux-tu arrêter de pleurer pendant une minute ? On est fatigués de toi », « Je ne comprends pas, ils font pourtant ta promotion », « C'est la cérémonie de clôture des JO, pas la performance d'Yseult au centre du monde », « Je doute qu'ils identifient Rowan Atkinson [l'acteur culte de "Mr. Bean", ndlr] à chaque fois qu'ils publient un extrait de sa performance de Londres 2012 ». Ce que l’artiste met ici en lumière, c’est la misogynoir. Soit, cette discrimination intersectionnelle : à l’intersection des discriminations, justement, entre racisme et misogynie, d’où l’intitulé. Avant elle, Aya Nakamura a pu volontiers le dénoncer. Et après elle, la reine des Victoires de la Musique, l’incontournable Théodora, qui étrillait dans la presse anglophone le racisme systémique.