Hillary Duff est enfin de retour à la chanson après des années d'absence avec un son particulièrement libérateur et explicite, qu'on vous invite à découvrir en dessous de cet article. Il y est question de plaisir au féminin et de "giving a head", expression plutôt exempte de mystère pour les bilingues.
Et la tournure très sexuelle de cette ritournelle fait polémique. Pourquoi ?
Hilary is back et notre nostalgie est au maximum, c'est une certitude. Cela étant, son retour, s'il suscite l'excitation exacerbée des fans (et ils sont nombreux) à de quoi faire rager les réacs. Qui s'offusquent qu'une femme de 40 ans, et mère de famille, ait une vie intime, des émois, fasse l'amour, ait du plaisir.
Quoi de plus absurde effectivement qu'une femme qui parle de sa sexualité ? On rêve.
Bon, il faut dire que l'ex égérie Disney et comédienne cultissime n'y va pas par le dos de la cuillère, dans cette toute nouvelle ballade sentimentale qui ferait passer Wood de Taylor Swift pour du Vianney. Extraits choisis : "Je veux juste le début, pas la fin / Je veux le moment où tu disais "putain" / Au fond d'un bar miteux, en train de te faire une fellation"
Suite des joyeusetés dans ce futur tube potentiel qui fait couler tellement d'encre : "....Puis rentrer en douce tard, réveiller tes colocs, Je veux les meilleurs moments, 10 sur 10 / Les papillons dans le ventre quand je te tenais la main / Avant qu'on se retrouve sous le lit / Et qu'on devienne quasiment colocataires / Je me touche devant la porte d'entrée / Mais tu ne me regardes même plus."
Et cela ne s'arrête pas là. Forcément, les gens réagissent et pas toujours les mieux lunés.
Hiary Duff fait ce que l'on appelle une Miley Cyrus dans le jargon : quand une ex égérie Disney se met à entreprendre un virage plus trash et frondeur, et aborde notamment la sexualité féminine. Sa sexualité.
Un plaisir au féminin qu'elle assume complètement et aborde frontalement dans cette sérénade douce-amère sur ses émois et sa mélancolie. Masturbation, fellation, elle ne craint pas de dire les termes et cela gêne les réacs semble-t-il.
Ce que l'on reproche à Hilary Duff en vérité, comme en témoignent nimbées de commentaires d'une autre époque, c'est qu'elle soit une mère de famille et qu'elle ait une sexualité, tout cela à la fois. Et qu'elle en parle. Oui, dit comme ça, on a l'impression d'en revenir aux années cinquante et à l'ère de Mad Men, niveau progressisme. Il faut dire qu'un bon gros vent d'idéologie réac fait ses émules outre-atlantique. Avec notamment la tendance effrayante des tradwives, ces mères au foyer aliénées pour être soumises à la domination masculine et maritale.
Cohérent hélas que le conservatisme aille jusqu'à ériger Hilary Duff en "mauvaise mère" ou en "mauvaise femme", au choix. On préfère en rire plutôt que d'en pleurer, et on félicité Hilary d'être aussi libre dans ses créations.
D'ailleurs on vous le rappelle au cas où, mais Taylor, la reine de ce monde, aborde elle aussi régulièrement la sexualité dans ses chansons, depuis des années. "Wood" : "Son amour était la clé qui a ouvert mes cuisses.". "Dress" : "J'ai acheté cette robe uniquement pour que tu puisses l'enlever". "False God" : "L'autel, ce sont mes hanches.". "Treacherous" : « Approche tes lèvres des miennes tant qu'elles ne se touchent pas, flou, les yeux dans les yeux Jusqu'à ce que la gravité devienne trop forte, et je ferai tout ce que tu me diras si tu le dis avec tes mains ».
Et on en oublie certainement. Comme quoi, il n'est pas rare que des popstars se contrefichent des élans hyper conservateurs des plus vieillots auditeurs.
Rolling Stone le rappelle avec force détails, ce come back est inédit : "L'artiste aux multiples talents s'apprête à sortir son premier album en plus de 10 ans, intitulé Luck… or Something, le 20 février. Elle a depuis sorti le premier single, « Mature », en novembre, sa première proposition musicale solo depuis Breathe In. Breathe Out. en 2015, produit par Koma."
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