"Vous me faites une petite gâterie ?" : les témoignages glaçants de huit femmes contre PPDA

"Vous me faites une petite gâterie ?" : les témoignages glaçants de huit femmes contre PPDA
"Vous me faites une petite gâterie ?" : les témoignages glaçants de huit femmes contre PPDA
Dans les pages du journal Libération, huit femmes reviennent sur leurs accusations à l'encontre de Patrick Poivre d'Arvor. Des accusations de viols, agressions, et harcèlement sexuel qu'elles livrent à visage découvert.
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23 témoignages, 8 plaintes, dont trois pour viols et quatre pour agressions sexuelles et harcèlement sexuel... Le journaliste Patrick Poivre d'Arvor fait l'objet de nombreuses accusations. Parmi elles, celle de l'autrice Florence Porcel, ayant porté plainte pour viol, concernant des faits remontant à 2009. Une enquête préliminaire avait finalement été classée sans suite en juin dernier.

Aujourd'hui, le journal Libération publie les témoignages de huit de ses accusatrices. On y retrouve les déclarations de Stéphanie Khayat, journaliste à France Télévisions, Hélène Devynck, scénariste et ex-journaliste à LCI, Aude Darlet, employée d'une compagnie aérienne, la journaliste Emmanuelle Dancourt, l'ex-reporter à TF1 Cécile Thimoreau, la dirigeante de société Muriel Reus, la journaliste Cécile Delarue.

Ces femmes témoignent de viols et d'agressions sexuelles qui auraient aussi bien eu lieu dans le bureau du journaliste à TF1 qu'à son domicile. En parlant pour Libération, elles désirent "dénoncer un schéma de domination".

Des témoignages glaçants

"J'ai mis des années à me défaire de la chape de dégoût et de honte, des années à me dire que j'aurais pu crier, me débattre, frapper, courir", détaille Hélène Devynck. "J'ai eu du mal par la suite à faire confiance aux hommes. J'ai décidé de quitter TF1 en 2001 car j'étouffais", témoigne également Cécile Thimoreau. C'est après le classement sans suite de l'enquête préliminaire ouverte en février dernier que ces femmes ont décidé de libérer la parole. Sept sur huit accusatrices témoignent à visage découvert. Un signal fort.

"J'étais seule dans son bureau. PPDA m'a dit "Bonsoir, ça me fait plaisir de vous voir" et s'est assis. Il a posé ses notes. Puis il s'est levé, très vite, il a fait le tour du bureau, il s'est mis devant moi, debout, à un mètre de moi, il a enlevé sa ceinture, a baissé sa braguette et m'a dit "J'ai été très stressé par ce journal, vous me faites une petite gâterie ?" avec une petite moue d'enfant qui veut sa récompense", témoigne Amélie, enseignante en région parisienne, relatant des faits qui se seraient passés en 1991 ou 1992.

Dans cette enquête, on trouve aussi la voix de Chloé, relatant des faits qui se seraient passés en 2003 dans le bureau du journaliste. Convoquée pour un motif professionnel, elle aurait fait l'objet de propos à connotation sexuelle, puis PPDA l'aurait embrassée par surprise et lui aurait "imposé une pénétration digitale". Elle se serait tue "de peur de se voir pénalisée dans sa carrière", précise encore l'enquête.

Un schéma qui semble récurrent. Ainsi l'une des accusatrices, Carole, aurait rencontré PPDA à l'occasion d'une fête au ministère de la Culture en juin 2009, quand elle était âgée de 21 ans. Dans le cadre d'une discussion dans la cour du Palais-Royal, le journaliste lui aurait posé des questions sur sa vie privée. "Son regard m'a parcourue de bas en haut, et de haut en bas, très insistant et me détaillant, j'étais très gênée", témoigne-t-elle. Après lui avoir proposé de venir à son domicile, et essuyé un refus, le présentateur vedette l'aurait embrassée de force sur la bouche.

Dans cet article se retrouvent également les mots de la journaliste Stéphanie Khayat, témoignant d'un viol dont elle aurait été victime en novembre 1994 dans le bureau de Patrick Poivre d'Arvor, alors qu'elle était anorexique. "J'étais là depuis dix minutes maximum, on n'avait rien évoqué de sexuel, j'étais là pour le travail uniquement. A aucun moment, je n'ai consenti à cet acte sexuel. Pour une personne anorexique, avoir un rapport sexuel, ce n'est pas un plaisir. Je n'avais aucun désir, aucune envie, aucun plaisir. J'étais dégoûtée par mon corps et par le corps des autres".

Libération note un point commun parmi tous ces témoignages : le modus operandi du journaliste, abordant ces femmes "au téléphone ou en personne" avec des questions très intrusives et inappropriées. "Etes-vous en couple ? Etes-vous fidèle ? Etes-vous heureuse dans votre vie sexuelle ? Quand avez-vous fait l'amour pour la dernière fois ? Vous masturbez-vous ? Etes-vous nue ?".

A travers ces voix il s'agit d'épingler, comme le synthétise enfin Libération, "des abus de pouvoir et un sentiment de toute-puissance, un écrasement des plus faibles et un silence complice".

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