Un distributeur de protections périodiques pour entreprises en lice pour le concours Lépine

Distributeur de protections périodiques Marguerite & Cie
Distributeur de protections périodiques Marguerite & Cie
L'invention de Gaële Le Noane est en lice parmi 300 autres projets pour le concours Lépine. Son idée : un distributeur de protections périodiques 100 % bio à installer dans les entreprises.
A lire aussi

Choquée par la composition des serviettes et tampons, Gaële Le Noane a confié à France Inter vouloir "changer les règles". Sa marque, Marguerite & Cie, crée et installe des distributeurs de protection périodiques bio et sans plastique depuis 2020 - principalement de la marque Natracare - dans les établissements scolaires et les mairies et, prochainement, dans les locaux professionnels. Aujourd'hui, plus de 500 établissements scolaires (collèges, lycées, universités) sont équipés, soit 2 000 distributeurs installés en France.

Le distributeur dédié aux universités, lycées et collèges avec ses 295 protections n'étant pas toujours adapté à tous les établissements accueillant du public, comme les restaurants, bars ou les entreprises, Marguerite & Cie en a développé un plus petit contenant de 75 protections. Le réapprovisionnement se fait sans manipulation des protections périodiques. Et le système de recharges est une véritable innovation et le seul à être breveté au monde.

C'est pour cette invention que la jeune femme est en lice parmi 300 créations pour remporter le prestigieux concours Lépine, qui fête cette année sa 120e édition du 23 octobre au 1er novembre 2021.

"Notre idée a fait mouche, elle a déclenché des demandes de la part d'entreprises soucieuses du bien-être et de la santé de leurs salariées, mais également de restaurants ou cafés qui considèrent que cela fait partie du service client, de mettre à disposition des protections périodiques saines", explique Gaële Le Noane

Le nouveau modèle "capsule" contient 3 recharges de 25 protections 100% bio (tampons, serviettes, tampons avec applicateurs) dont la composition est garantie sans produits nocifs, note la marque.

"Ces distributeurs doivent être ouverts à toutes, car ça nous est arrivé à toutes de mettre du papier toilette au fond de la culotte, d'être en difficulté", notait Gaële Le Noane auprès de France Bleu, en février dernier. "À chacune d'être citoyenne et de prendre seulement ce qui lui est nécessaire."

Action concrète et symbole puissant

Sur son site, elle décrit ce qui l'a poussée à prendre cette direction. "En avril 2017, quand les études sur la composition des tampons paraissent, je tombe des nues. Ma réaction immédiate est de rechercher une solution respectueuse du corps des femmes et de notre planète. Après quatre mois de recherche, je fonde Marguerite & Cie. 'Marguerite' pour toutes ces femmes que j'admire : Durand, Yourcenar, Duras... mais aussi pour le symbole de la fleur qui pousse dans les champs sans pesticides."

Et d'ajouter : "Militante pour la protection des océans, je connais l'étendue des dégâts de l'industrie du plastique, en particulier sur les plages finistériennes autour de chez moi. C'est une évidence : je ne commercialiserai pas de produits conventionnels."

A peine un an après le lancement de l'objet, Gaële Le Noan "croule sous les demandes", affirme France Inter. Pour y faire face, elle a employé 14 salarié·e·s et 26 personnes en situation de handicap qui oeuvrent au conditionnement. Son chiffre d'affaire en 2021 s'élève à 2 millions d'euros. Deux millions, c'est aussi l'estimation du nombre de personnes touchées par la précarité menstruelle. La preuve de l'importance de son projet.