La mannequin Adwoa Aboah confie ses soucis d'acné : on adore

Adwoa Aboah se confie sur ses problèmes d'acné
Adwoa Aboah se confie sur ses problèmes d'acné
C'en est fini de l'acné-shaming : la mannequin Adwoa Aboah avoue ses "imperfections" et en profite pour nous décomplexer à fond.
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Il est plutôt rare que les mannequins se confient sur Instagram. Sans filtre. C'est le cas d'Adwoa Aboah. Ce 10 septembre, la model britannique féministe a publié quelques selfies sur son compte. Pas si surprenant dit comme ça, et pourtant, ces photos n'ont rien de conventionnel. En zoomant, sans la moindre retouche, sur son front, son nez et ses joues, Adwoa Aboah dévoile les imperfections de sa peau. A ses quasi 808 000 followers, elle confesse ses problèmes d'acné. A nu. Mieux encore : elle les assume.

Rebelote deux jours plus tard, avec des selfies de profil et de face. Et ce processus ne s'est pas fait en deux clics. "Pour être honnête avec vous, je n'allais pas les publier, je souhaitais me donner encore un peu de courage, je pensais les garder afin de les mettre en ligne plus tard dans le mois, peut-être les abandonner complètement", écrit-elle à propos de ses clichés.

Puis elle ajoute avec conviction : "cela ne me fait pas aussi mal que je le pensais". Avec ces publications, où elle évoque entre autres choses une "crise d'acné particulièrement grave" ou des "éruptions cutanées massives", Adwoa Aboah explique mettre en place un projet personnel qu'elle nourrie déjà depuis "deux ou trois ans" : scruter "de manière obsessionnelle" son "combat avec sa peau". Des images qui font du bien.

De la "skin positivity"

"C'est épuisant de ne jamais savoir à quoi ressemblera votre peau d'un jour à l'autre, c'est encore plus épuisant de prendre soin de soi, de s'inquiéter de ce que les gens vont penser de vous", s'attriste Adwoa Aboah. A la lire, il est important (mais loin d'être évident) d'assumer ses défauts, ceux-là mêmes que les autres vous renvoient volontiers à la face. D'où l'idée de décocher le plus d'autoportraits possible sur Instagram. L'idéal pour ne plus culpabiliser et faire de son "obsession malsaine de la peau" quelque chose de vraiment thérapeutique. En vérité, cette introspection n'est pas surprenante de la part d'Adwoa Aboah. L'on retrouve les mêmes valeurs à l'origine de Gurls Talk, la plateforme en ligne dont elle est la fondatrice. Soit "une zone de confort sans jugement" où chacun et chacune peut venir partager ses expériences, sous couvert d'un seul adage : "rien n'est tabou". Même pas l'acné.

"Il est temps de laisser tomber cette merde", ajoute l'intéressée à propos de ses complexes (elle avoue, par exemple, porter parfois la main à sa bouche afin de masquer ses boutons). Plus question de cacher cette réalité épidermique que d'aucuns diraient "crue", autant la dévoiler "à la vue du monde entier". Une motivation intimiste aux vertus sororales. Car en allant à l'encontre de la dictature des peaux lisses, Adwoa Aboah délivre un joli exemple de "skin positivity". Dérivé du fameux "body positive", le mouvement "skin positive" nous incite à exposer les boutons, tâches et cicatrices diverses qui imprègnent nos peaux, sans honte ni appréhension des qu'en-dira-t-on.

Loin d'être une simple lubie, la "skin positivity" est un geste salvateur au sein d'une société où magazines, affiches et publicités ne semblent répondre qu'aux directives du dieu Photoshop.

Les peaux décomplexées

Adwoa Aboah, nouvelle icône de la "skin positivity"
Adwoa Aboah, nouvelle icône de la "skin positivity"

En ce sens, les mots d'Adwoa Aboah sont d'autant plus forts qu'ils sont ceux d'une mannequin à l'audience conséquente, dont la profession nécessite forcément quelques concessions. Tel le recours au maquillage afin de masquer la moindre imperfection, par exemple. Or pour Adwoa Aboah, canons de beauté et autres injonctions ne doivent pas avoir votre peau.

Au contraire, le "skin positive" suggère qu'une autre beauté est possible, loin d'une certaine mystification - alimentée par l'industrie cosmétique - associant peau lisse et pureté. Ces selfies épousent la même logique que ces tendances (de plus en plus nombreuses et virales), incitant les internautes du monde entier à dévoiler leurs vergetures sur les réseaux sociaux. Il s'agit de combattre le fake en prônant "la confiance, l'amour de soi et la lutte contre la stigmatisation", tel que le définit The Independent.

Car derrière la nécessité de normaliser des détails physiques aussi communs que les taches de naissance ou les boutons d'acné s'immisce un appel au bien-être et à la bienveillance. Cette invocation est d'autant plus réjouissante lorsque l'on sait combien ces soucis du quotidien angoissent tant celles et ceux qui ne sont jamais à l'abri d'un coup de blues (ou de pression sociale) : les adolescent·e·s.

Des ados qui, rassurez-vous, ne sont jamais les derniers pour faire passer le mot. Sur Instagram, le hashtag #freethepimple inspire près de six mille publications. Au fil des témoignages abondamment likés, autant de "boutons libérés" - comme l'indique le slogan - et de voix jeunes, relatant leur expérience, leurs divers déboires médicaux et ce long chemin entrepris vers l'acceptation de soi. "La société vous impose des stéréotypes, mais c'est à vous de les croire ou pas", énonce l'une d'elles, emoji-coeur à l'appui. Les valeurs du mouvement "skin positive" dépassent la simple idée de "peau" ou "d'acné". "Les réseaux sociaux sont saturés d'images "parfaites" et de vies "parfaites", mais elles n'EXISTENT PAS ! En tant qu'êtres humains nous pouvons être désirables à notre manière, sans avoir une peau parfaite, de grandes lèvres, une petite taille", explique à ce titre une internaute.

Une assertion en forme d'émancipation, qui nous invite à célébrer le #nofilter.