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Sun Girls : ces combattantes qui veulent écraser l'État islamique
Publié le 18 novembre 2015 à 11:57
Elles combattent l'État islamique, armes au poing, sous la houlette d'une ancienne chanteuse yézidie reconvertie en chef de guerre. Qui sont les Sun Girls ?

Avant d'apprendre à manier les AK47, Xate Shingali chantait les tourments du peuple yézidi, ethnie vivant en Irak. Mais c'était avant que l'État islamique ne prenne pour cible cette communauté d'origine kurde lors des massacres de Sinjar à l'été 2014.

Depuis, la chanteuse folk a remisé sa guitare et pris les armes à la tête des Sun Girls, une division exclusivement féminine des Peshmergas, le nom donné aux combattants kurdes. Cette formation est née le 2 juillet dernier, une fois l'assentiment du président kurde donné. "Nous n'avons eu qu'une formation de base avec des AK47. Nous avons besoin d'être mieux formées, mais nous sommes prêtes à combattre Daech à tout moment", a-t-elle déclaré au Dailymail, avant d'ajouter "Ils nous violent. On les tue".

En 2014, après son passage au Mont Sinjar, l'État islamique a en effet enlevé des centaines de femmes et de jeune filles yézidies. L'organisation terroriste a développé une bureaucratie détaillée de l'esclavage sexuel afin de gérer ces femmes et ces adolescentes captives. Il y a quelques mois, un reportage glaçant du New York Times détaillait ainsi la manière dont l'État islamique a développé toute une théologie destinée à justifier le viol des femmes réduites en captivité.

À la différence des membres de Daech, les hommes et les femmes sont autorisés à se mélanger dans les rangs de l'armée kurde. "Ma soeur est aussi une Peshmerga (terme utilisé par les Kurdes pour qualifier les combattants kurdes, ndlr) mais nous pouvons nous battre comme des hommes", confiait en août dernier au quotidien Le Soir Adiba Sido, 24 ans, qui rêvait d'être enseignante avant que Daech ne les attaque. "Maintenant, je préfère la vie de soldat ", poursuit-elle.

Aucune des Sun Girls n'avait imaginé prendre les armes. "Mais après l'arrivée de Daech à Sinjar, nous avons quitté nos jobs, nos universités, bref tout. Il ne s'agit pas d'argent ou de pouvoir, mais de protéger notre corps en tant que femmes", expliquait ainsi début octobre une combattante à CNN.

Déterminée à en découdre, les Sun Girls, qui ont choisi de s'appeler ainsi car elles croient en la protection du soleil, ont prévu de se rapprocher dans les mois qui viennent de Sinjar. Et se raccrochent à la rumeur qui veut que les djihadistes craignent de mourir aux mains d'une femme, sous peine d'être privés des 72 vierges au paradis promises aux combattants. "L'État islamique n'ira jamais au paradis !", plaisantait Xate Shingali auprès du Soir. "Car nous allons les tuer".

Par Ariane Hermelin | Journaliste Terrafemina
Journaliste société passée par le documentaire et les débats en ligne.
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