Maureen célèbre ses "fesses" de "bad girl" façon "emoji pêche" sur ces images survoltées qui ont fait le bonheur des fans et des spectateurs de l'émission Clique - des images controversées à retrouver ci-dessous, pourquoi controversées ? Patience, on vous l'explique posément.
Mais la chanteuse, grande érudite et performeuse du "shatta", tradition musicale qui semble échapper à beaucoup d'auditeurs, n'a pas convaincu tout le monde lors de cette partition très physique : elle énerve les réacs et les partisans du "c'était mieux avant", un peu beaucoup boomers, qui fustigent à la fois sa tenue jugée "trop sexy" ou "trop sexuelle", et ses paroles, qui avec leurs évocations de l'intimité féminine ont engendré quantité de commentaires très... Masculins.
Maureen délivre une ode aux fesses et aux emojis pêche, mais surtout à l'insolence féminine, d'une certaine jeunesse émancipée, dans son hymne "Emoji pêche".
Dont voici les paroles irrévérencieuses :
"Clap clap clap, y a que des émojis pêche
Clap clap clap, applaudis avec les fesses
Clap clap clap, on applaudit avec les fesses
Clap clap clap, y a que des emojis pêche
Clap clap clap, applaudis avec les fesses
Clap clap clap, y a que des emojis pêche
Clap clap clap, applaudis avec les fesses
Clap clap clap, on applaudit avec les fesses"
On l'imagine, il n'en fallait pas plus pour faire sortir de leur grotte les réacs de tout poil. Qui y vont de leurs simagrées : "C'est de la merde", "Nul", "C'est quoi ces conneries encore", "Cette génération est foutue", Vulgaire, "Indécent", On est tombés bien bas", et autres billevesées rétrogrades. on est habitués hélas.
La chanteuse antillaise n'a pas son pareil pour multiplier les performances énergiques et assumer sa liberté, artistique et gestuelle. Hélas, elle subit à la fois une incompréhension de son art et un racisme très bien ancré chez certains internautes, jamais avares en virulence dès qu'il s'agit d'évoquer, au choix, Aya Nakamura, Yseult, Theodora, comme par hasard, que des artistes racisées qui assument leur corps et leur sensualité, sur scène et ailleurs.
"Elle bouscule les charts avec ses chansons solaires et énerve les racistes sur les réseaux sociaux à chacune de ses interviews" écrivait-on il y a peu sur Terrafemina, en réaction à une autre performance, sur France Inter cette fois-ci, où l'interprète arborait une tenue jugée "indécente" par les machos - un décolleté, oui oui.
Rebelotte aujourd'hui sur ces images qui ont suscité quantité de commentaires insultants. L'artiste, elle, assume autant ses mots que son indépendance.
"Comme tant d'autres chanteuses en France, elle est victime de racisme. Et de sexisme. De cette rencontre entre ces deux formes de violence, intersectionnelle, qui s'intitule : la misogynoir", écrivait-on encore à propos des controverses engendrées sur les réseaux sociaux via ces saillies misogynes.
Evoquant au passage la notion de racisme systémique : "Le racisme systémique désigne la normalisation du racisme en tant que constituant de la société. Les inégalités et les discriminations font système. Les privilèges ne sont pas du côté des personnes racisées et noires, subissant stigmatisation et exclusion. Ou du moins, silenciation et euphémisation des violences subies."