Un magazine fait polémique en utilisant une mannequin blanche pour un tuto sur la coupe afro

Le magazine américain "Allure" a fait l'erreur de choisir une blanche aux cheveux lisses pour illustrer un article sur la coupe afro...
Le magazine américain "Allure" a fait l'erreur de choisir une blanche aux cheveux lisses pour illustrer un article sur la coupe afro...
Alors que nombreuses publications se sont déjà vues reprocher de grimer des mannequins blancs pour jouer les beautés noires dans les pages mode des magazines, la revue américaine "Allure" n'a apparemment pas retenu la leçon. En choisissant une actrice de type caucasien pour incarner la coupe afro, le titre a fait une énorme erreur de jugement que les internautes se sont empressés de brocarder sur les réseaux sociaux.
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Depuis quelques années, de nombreux magazines se font attraper pour avoir eu l'idée saugrenue de grimer les mannequins blancs en femmes noires pour les besoins d'un shooting photo. Une attitude raciste pour la communauté noire, furieuse à juste titre de constater queles professionnelles de la mode préfèrent embaucher une blanche et la déguiser, plutôt que de retenir une fille noire pour illustrer un numéro.

C'est malheureusement ce qui vient juste d'arriver aux États-Unis, où le magazine Allure a choisi une actrice blanche (Marissa Neitling) aux cheveux lisses pour incarner la coupe afro.

"Vous avez raté l'opportunité de parler de la coupe afro aux filles qui en ont vraiment une"

Dans cet article, qui se concentre sur les tendances capillaires des années 70, Allure propose aux femmes d'oser adopter l'afro en les apostrophant d'une manière assez curieuse : "You (Yes, You) Can Have An Afro" ("Vous, (oui, vous) pouvez avoir une afro").

Non content d'avoir fait l'erreur de choisir une fille caucasienne pour l'occasion, le magazine se permet en plus d'exclure les femmes afro-américaines du sujet en interpellant uniquement les femmes blanches. Alors que les médias sont régulièrement montrés du doigt pour leur manque de diversité (l'exemple existe aussi en France), Allure commet l'erreur de trop qui scandalise les internautes sur Twitter.

"Comment pouvez-vous faire un article sur la coupe afro et ne pas mentionner ses origines"

"Allure magazine pense que l'afro est la nouvelle tendance capillaire des filles caucasiennes"

"Engagez plus de filles de couleurs, ce serait génial"

Avec ses yeux bleus et sa peau de lait qui contrastent avec ses cheveux frisés, Marissa Neitling interpelle, certes. Mais son afro artificielle ne reflète absolument pas le type de cheveux crépus habituellement caractéristiques de cette coupe, comme le fait très justement remarquer cette internaute.

" Voilà, ça c'est une coupe afro, pas ça "

Pressé de répondre à la polémique par des centaines de Twittos en colère, le magazine a finalement décidé de publier un communiqué officiel pour présenter ses excuses à ses lecteurs.

"Nous voulions que ce sujet soit une célébration de la liberté d'expression. Nous entendons vos commentaires et ferons en sorte que nos futures publications reflètent toutes les perspectives."

Polémique après polémique...

Si la démarche est de bon ton, pas certain que cela suffise à calmer les esprits. Dans un contexte politique tendu où les Afro-Américains sont les victimes de nombreuses bavures policières, l'affaire Rachel Dolezal, du nom de cette responsable de la branche locale de la NAACP (National Association for the Advancement of Colored People) dans l'État de Washington, qui s'est fait passer pour une Afro-Américaine pendant des années en arborant justement une coupe afro, a contribué à jeter de l'huile sur le feu.

L'article d'Allure est un exemple de plus de la manière dont la presse féminine s'approprie les codes de la beauté noire pour lancer des tendances. Sur Instagram, une marque américaine qui promeut la beauté noire, a dénoncé ce phénomène affligeant.

Rebrand Chicago
Rebrand Chicago

" Je savais que cela arriverait, mais je suis surpris de voir à quelle vitesse. Nous sommes des faiseurs de tendances. Ils nous admirent mais ne nous considèrent jamais "