Béatrice Dalle, icône punk et controversée du cinéma français, jamais à court de polémiques (tour à tour emblème féministe, quand elle rhabille PPDA pour l'hiver à tout juste la vingtaine, et artiste critique envers le mouvement #MeToo), a été révélée par le rôle d'une vie : celui de 37,2 le matin, love story à la fois fiévreuse et dérangeante.
Elle et Jean-Hughes Anglade constituaient, notamment au gré de leurs scènes de sexe particulièrement réalistes (telle cette séquence d'ouverture restée légendaire, où le cinéaste s'attarde sur les ébats amoureux des deux amants passionnés), saisies par le regretté metteur en scène Jean-Jacques Beineix, un couple de légende, et pour ainsi dire, le binôme le plus épicé de leur époque.
Mais dans les coulisses, ça se passait comment au juste ? Elle raconte. Ou plutôt, elle met en mots l'après : le succès phénoménal de cette romance pas comme les autres (et dont la fin fait toujours polémique), jusqu'à son triomphe outre-atlantique, au pays de l'Oncle Sam, qui ne goûte pas forcément à ces excès "orgasmiques". Qu'importe : Béatrice Dalle est parvenue à rester elle-même.
C'est sur les ondes de RTL que ça se passe, et la comédienne, toujours aussi franche, de nous signifier que l'atmosphère caniculaire se poursuivait bien au-delà des caméras.
Béatrice Dalle raconte tout auprès d'Augustin Trapenard, l'ex-voix emblématique de France Inter.
La comédienne le dit haut et fort : comme une suite logique de l'ambiance très charnelle du film qui a marqué sa carrière à jamais, elle a décidé, plutôt que de profiter du rêve américain, éphémère et glorieux... S'adonner à d'autres activités. Plus nocturnes.
"J'étais dans un hôtel d'un luxe inouï pour la soirée des Oscars où était nommé 37,2 le matin dans le catégorie du Meilleur film étranger, un énorme hôtel, un truc somptueux... mais je venais tout juste d'épouser mon mari à l'époque, au milieu des années 80, et honnêtement... On a préféré se la donner en eaux troubles tous les deux"
A bon entendeur bien sûr. Tout cela énoncé avec l'éternel bagout "grande gueule" de l'icône provoc. Cela va sans dire. Comme une réminiscence de sa grande amie : Virginie Despentes.
37,2 le matin est demeuré comme une pierre angulaire de la culture hexagonale, une sensation des années 80, mais aussi, un film à revoir à l'aune des luttes post-#MeToo : là où certains voient dans la finalité de ce récit une romantisation des féminicides, d'autres en appellent à l'inverse à mieux mesurer la complexité et la densité très organique de l'histoire qui nous est racontée. Une œuvre fondamentale qui n'a pas fini de faire parler d'elle.