Condamné pour violences conjugales, un maire tente de soudoyer un journaliste

Condamné pour violences conjugales, un maire tente de soudoyer un journaliste
Condamné pour violences conjugales, un maire tente de soudoyer un journaliste
Mardi 16 novembre, le maire d'Épreville-près-le-Neubourg dans l'Eure a été condamné à 5 mois de prison avec sursis pour violences conjugales. Sur place, le chroniqueur judiciaire du "Paris-Normandie" a été approché par le coupable pour étouffer l'affaire contre de l'argent.
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Devant le tribunal d'Evreux, où il était jugé pour "violences habituelles suivies d'incapacité supérieure à huit jours" envers sa conjointe commises entre le 1er novembre 2015 et le 5 avril 2021, Jean-Christophe Pisani, maire d'Epreville-près-le-Neubourg (Eure), n'aurait eu de cesse de "minimiser son rôle dans cette affaire", rapporte le Paris-Normandie.

La victime, elle, témoigne d'attaques physiques mais aussi psychologiques. "Il me rabaissait sans cesse", confie-t-elle à la barre. Le 8 mars 2021, ces violences conjugales occasionnent dix jours d'incapacité totale de travail. "Le certificat médical indique un mélanome au poignet, des douleurs dentaires et nasales, une trace de morsure", a précisé le président du tribunal.

Le verdict s'élèvera à 5 mois de prison avec sursis et 1 euro pour préjudice moral, somme symbolique demandée par l'ex-femme via son avocate. L'inégibilité du maire, requise par la magistrate, sera écartée et l'infraction requalifiée par les juges en "violences sur conjoint". Seules celles survenues en mars dernier, reconnues par le prévenu, seront retenues, informe par ailleurs Libération.

Tentative de corruption

A la sortie de l'audience, c'est une toute autre infraction que tente de commettre le condamné : la corruption d'un journaliste.

Dans le dernier paragraphe de son article, le média local Paris-Normandie relate la scène, hallucinante : "Non content de ce jugement, et pour éviter toute publicité de nature à nuire à sa réputation, l'élu, à la probité douteuse, n'a pas trouvé mieux que de proposer de l'argent à notre chroniqueur judiciaire pour éviter que cette affaire ne trouve place dans nos colonnes et sur notre site internet".

Et de préciser à l'attention du lectorat : "Les quelques lignes que vous venez de lire prouvent que sa démarche est restée vaine". Surtout, elle démontre toute l'impunité, au-delà de pratiques punies par la loi, à laquelle Jean-Christophe Pisani semble habitué. De quoi créer un effet Streisand, comme le pressent l'autrice Titiou Lecoq ?