Le maire de Cabourg condamné pour violences conjugales : deux pétitions demandent sa démission

Le maire de Cabourg Tristan Duval
Le maire de Cabourg Tristan Duval
A la suite d'une condamnation pour violences conjugales, deux pétitions demandent la démission ou la destitution de Tristan Duval, le maire de Cabourg. Celui-ci se défend et nie les faits. Il a fait appel de sa condamnation.
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Le 21 novembre, le tribunal correctionnelle de Caen a condamné le maire de Cabourg, Tristan Duval, a trois mois de prison avec sursis pour violences sur conjoint. Sa femme, dont il est séparé, Solène Mauget, l'accusait de l'avoir frappée en pleine rue le 7 août dernier aux alentours de 22h30.

Sa femme, avait eu "une côte cassée et le visage tuméfié", selon son avocat maître Sebag, ainsi que des griffures. Suite à cette agression, elle avait reçu 14 jours d'interruption temporaire de travail. En plus de la condamnation à du sursis, Tristan Duval a été condamné à 2500 euros de dommages et intérêts pour la victime.

Par contre, aucune peine d'inéligibilité. Ce qui a indigné deux personnes, Justine Cassar, militante d'Osez le féminisme, et un certain Jean-Marie Penet, qui demandent aujourd'hui, via deux pétitions distinctes, la démission ou la destitution du maire de Cabourg. Des pétitions qui réunissent aujourd'hui à elles deux 2500 signatures.

Tristan Duval a fait appel de cette décision de justice. Il parle "d'histoire abominable" et se défend : "Nous sommes dans un Etat de droit, une décision de justice doit être respectée". Alors qu'il fait appel, "il n'y a aucune raison que je démissionne. Je suis innocent".

Ce dernier nie les faits.

Des propos contredits

La scène s'est déroulée en pleine rue, selon France 3 Normandie qui était à l'audience, mais avec pour seuls témoins les enfants d'une précédente union de Tristan Duval.

Sa ligne de défense est que sa femme se serait jetée sur lui et qu'il se serait décalé pour l'éviter. Elle se serait ensuite cognée dans un poteau en béton pourtant protégé par un grillage (comme le montre une photo fournie par Tristan Duval lui-même). Cela explique pour lui, la fracture et le visage tuméfié de sa femme.

Tristan Duval assure que ses enfants ont appuyé son témoignage : sa femme, leur belle-mère, se serait jetée sur lui et il n'aurait fait que la repousser. Le maire nous explique qu'il se serait simplement "décalé" lors de l'assaut de sa compagne.

Le compte-rendu de France 3 Normandie lors de l'audience précise pourtant : "Des informations contredites à l'audience par les enfants de Tristan Duval nés d'un premier mariage, qui racontent qu'il a projeté sa femme par terre, qu'il l'a maintenue au sol et qu'elle a été obligée de le mordre pour se dégager."

Selon France 3 Normandie, c'est un cycliste qui serait intervenu en voyant la scène.

Tristan Duval ne se considère pas comme un homme violent et précise : "Oui, le combat contre les violences faites aux femmes est fondamental, mais il existe des dénonciatrices et des dénonciations calomnieuses et mensongères."

Le verdict a fait beaucoup réagir sur les réseaux sociaux : "On est en train de faire une société de fous. Parce que tous les hommes sont pas des mecs violents. Et toutes les femmes ne sont pas des saintes", explique-t-il.

Selon le maire de Cabourg, les pétitions sont l'émanation de personnes "qui se pensent plus juges que juges. [...] La justice publique n'est pas la justice."

Tristan Duval a porté plainte contre son ex-compagne pour dénonciation calomnieuse et violences. Celui qui est maire de Cabourg depuis 2014 parle de "mauvaise affaire au mauvais moment". L'avocat de Solène Mauguet explique à France 3 : "C'est ce qu'on appelle des contre-feux. J'ai du mal à comprendre pourquoi ma cliente aurait inventé tout ça [...] Pour elle, le fait qu'il ne reconnaisse pas, c'est encore un motif d'inquiétude".