Société
Violences conjugales entre femmes lesbiennes, oui, ça existe : cette célèbre chanteuse dénonce la toxicité de son ex compagne et c'est un sujet aussi important qu'ignoré
Publié le 4 novembre 2025 à 11:00
Hoshi dénonce des violences conjugales subies dont la coupable serait son ex compagne. Car les violences conjugales entre femmes lesbiennes existent également. Personne n'en parle. A tort.
Violences conjugales entre femmes lesbiennes, oui, ça existe : cette célèbre chanteuse dénonce la toxicité de son ex compagne et c'est un sujet aussi important qu'ignoré
Violences conjugales entre femmes lesbiennes, oui, ça existe : cette célèbre chanteuse dénonce la toxicité de son ex compagne et c'est un sujet de société aussi important qu'ignoré Hoshi dénonce des violences conjugales subies dont la coupable serait son ex compagne. Car les violences conjugales entre femmes lesbiennes existent également. "Je cherchais son approbation pour tout, tout le temps. J'ai été trompée, manipulée, humiliée, réduite au silence en me faisant croire que j'étais folle. Je l'ai découvert qu'elle s'était arrogée le droit de choisir à ma place et même de signer des documents à ma place, qu'elle utilise aujourd'hui pour tenter de me réclamer de l'argent.", fustige Hoshi. "Je veux que mon témoignage serve : qu'on sache que céder, se taire, ce n'est pas aimer. Je laisse désormais la justice faire son travail. Mais je ne me tairai plus. Sur scène, avant ma chanson Puis t'as dansé avec moi, je vous disais souvent : 'Faites attention avec qui vous dansez.' Parce que certaines danses laissent des cicatrices qu'aucune musique ne pourra jamais effacer." "Elle s'est infiltrée partout : dans mon métier. Dans mon intimité. Je n'avais plus une seule zone d'espace sans elle, écrit Hoshi. Depuis la rupture, elle a continué à chercher à garder le contrôle, à exercer des pressions, à abuser de moi autrement."

Hoshi dénonce des violences conjugales subies dont la coupable serait son ex compagne. Car les violences conjugales entre femmes lesbiennes existent également.

"Plusieurs plaintes ont été déposées contre mon ex-compagne et ex-manageuse, pour des faits qui font aujourd'hui l'objet d'une enquête, annonce Hoshi. J'ai été salie, abusée, et je ne peux laisser cette situation perdurer. (...) Je me suis retrouvée plusieurs fois dans des situations où mon consentement n'existait plus. Avec elle. Et avec celle qui partage aujourd'hui sa vie", lit-on dans le post Instagram dévoilé en bas de cet article.

"Je cherchais son approbation pour tout, tout le temps. J'ai été trompée, manipulée, humiliée, réduite au silence en me faisant croire que j'étais folle. Je l'ai découvert qu'elle s'était arrogée le droit de choisir à ma place et même de signer des documents à ma place, qu'elle utilise aujourd'hui pour tenter de me réclamer de l'argent.", fustige Hoshi, l'une des chanteuses hexagonales les plus emblématiques du paysage, car elle a toujours assumé son statut d'artiste lesbienne.

Hoshi va poser des mots sur une relation cauchemardesque et manipulatrice.

"Elle s'est infiltrée partout : dans mon métier. Dans mon intimité. Je n'avais plus une seule zone d'espace sans elle, écrit Hoshi. Depuis la rupture, elle a continué à chercher à garder le contrôle, à exercer des pressions, à abuser de moi autrement.", témoigne-t-elle au sujet de son ex compagne.

Ce témoignage permet avant tout d'aborder un sujet inexistant au sein des discussions, alors qu'il est nécessaire.

Un non-dit qu'il faut briser.

"Violences conjugales entre femmes lesbiennes : on en parle jamais" : Hoshi brise le silence sur un sujet de grande importance

Hoshi a décidé de hausser la voix. Elle a raison.

 "Je veux que mon témoignage serve : qu'on sache que céder, se taire, ce n'est pas aimer. Je laisse désormais la justice faire son travail. Mais je ne me tairai plus. Sur scène, avant ma chanson Puis t'as dansé avec moi, je vous disais souvent : 'Faites attention avec qui vous dansez.' Parce que certaines danses laissent des cicatrices qu'aucune musique ne pourra jamais effacer."

La chanteuse évoque un enjeu de société dont personne ne parle jamais, tenu sous silence. Les violences entre femmes lesbiennes.

Un sujet qu'illustre La Gazette des Femmes dans une longue enquête. A retrouver sur cette page.

"Encore peu abordées dans l’espace public et médiatique, les violences intimes dans les relations lesbiennes sont pourtant une réalité. Ce manque de visibilité empêche les victimes de se légitimer et limite l’accompagnement dont elles disposent", détaille la revue en ligne.

"Entre 2009 et 2017, 10 000 affaires de violence entre partenaires intimes de sexe féminin ont été comptabilisées par la police au Canada. Un chiffre qui rappelle une réalité souvent ignorée : les relations entre femmes peuvent aussi être le lieu de violences conjugales".

Arrêter de se taire au sujet des violences conjugales entre femmes lesbiennes permet de faire entendre les victimes longtemps ignorées

Des voix se font de plus en plus entendre. La Gazette des Femmes y donne le la.

"Selon Audrey Mantha, directrice générale du Centre de Solidarité Lesbienne (CSL), l’idée que les femmes ne sont pas violentes est persistante, à la fois auprès du grand public et de la communauté LGBTQ+, que des victimes elles-mêmes. Un mythe auquel « il faut faire attention » selon elle, car même si le taux d’homicide est bien plus élevé dans les relations hétérosexuelles, il reste que les relations LGBTQ+, et notamment lesbiennes, n’échappent pas aux comportements violents".

La question se pose, dans quelle mesure peut-on expliquer l'ignorance de la société envers cette réalité ? 

Florilège de réponses : difficile de mettre en lumière les violences dont sont victimes les femmes lesbiennes quand les femmes lesbiennes elles-mêmes sont invisibilisées, difficile d'évoquer ce sujet quand n'importe quelle mention des violences conjugales engendre un lot de haine misogyne et masculiniste, difficile de l'évoquer dans une société terrassée par les violences LGBTQ-ophobes, difficile d'évoquer ce sujet sans susciter d'exacerbées réactions lorsque le sexisme et la lesbophobie règnent.

Importante lecture à ce sujet, celle de la Fédération LGBTI : "Les associations ont besoin d’outils adaptés pour que la thématique soit correctement traitée au sein de nos communautés. En effet, bien que de plus en plus nombreuses, les ressources sur le sujet excluent généralement les couples de femmes, par leur ton ou leur contenu". 

"Quand on est une femme lesbienne ou bisexuelle, il est difficile de se sentir concernée par un texte qui évoque “votre mari” ou “votre compagnon”. Il était donc nécessaire de créer des documents communautaires qui sachent toucher le public visé. Les associations LGBTI+ en France disposent donc désormais d’un outil, modeste mais efficace, pour interpeller un public trop souvent ignoré".

En France d'ailleurs, seulement 37 % des lesbiennes ont fait leur coming out au travail, contre la moitié des hommes gays, comme l'a relaté un rapport détaillé de Sos Homophobie. Les femmes lesbiennes sont méprisées et discriminées. La visibilité des violences qu'elles subissent au sein de leur couple semble donc encore lointaine. Tragique logique.

D'où l'importance de lire La Gazette des Femmes, qui analyse encore : "Si les violences intimes dans les relations lesbiennes existent, pourquoi n’en parle-t-on pas? Selon Audrey Mantha, « la première réponse, la plus évidente, c’est que les femmes vivent dans une société où elles sont plus invisibles que les hommes ». Pour les couples de femmes, c’est doublement le cas". 

« Les relations lesbiennes sont comme des non-relations », dont les réalités sont passées sous silence par la société. « En matière de violences, il faut s’assurer que tout le monde est inclus », soutient la directrice. Car « s’il n’y a pas de service adapté, ça retombe sur les épaules de la communauté ». C’est donc à cette dernière de s’emparer de la réalité douloureuse des violences dans les relations lesbiennes et LGBTQ+ pour que le tabou tombe.".

Par Clément Arbrun | Journaliste
Passionné par les sujets de société et la culture, Clément Arbrun est journaliste pour le site Terrafemina depuis 2019.
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