Société
Pourquoi la "conférence inversée" contre les violences conjugales fait grincer des dents
Publié le 7 septembre 2021 à 11:13
La nouvelle initiative de la ministre déléguée auprès du ministre de l'Intérieur Marlène Schiappa afin de lutter contre les violences conjugales suscite une certaine perplexité sur les réseaux sociaux.
Pourquoi la "conférence inversée" contre les violences conjugales fait grincer des dents Pourquoi la "conférence inversée" contre les violences conjugales fait grincer des dents

"J'organise à Beauvau une conférence inversée. Pourquoi inversée ? Car ce sont des institutionnels et forces de l'ordre qui viennent écouter les femmes victimes". C'est ainsi que Marlène Schiappa, ministre en charge de la Citoyenneté, a annoncé le 6 septembre, sur son compte Twitter, l'organisation d'un rendez-vous consistant à inciter les forces de l'ordre à mieux écouter les victimes de violences, conjugales notamment.

Cet événement un peu spécial, Marlène Schiappa le souhaite en cohésion avec le Grenelle des violences conjugales, initié il y a deux ans déjà. "J'ai une pensée pour les victimes de féminicides. Chaque féminicide est bien sûr un féminicide de trop", a encore déclaré la ministre, invitant les victimes de violences à "venir partager leur expérience" et "dialoguer avec les forces de l'ordre".

Parmi les invité·e·s de cette conférence, Valérie Bacot, mère de famille ayant tué son mari après avoir été victime des années durant de violences conjugales, physiques et psychologiques. Un événement qui suscite la curiosité, mais aussi la perplexité notamment au sein des militances féministes.

Une décision qui fait débattre

Pour une simple raison : les forces de l'ordre sont déjà censées écouter les victimes. Faut-il vraiment organiser une conférence pour cela ? "Mais... C'est littéralement leur taf, en fait ? C'est ça, sa solution ? Leur proposer de faire leur boulot ?", ironise ainsi une internaute alarmée.

Une autre de poursuivre : "Il faut organiser une 'conférence inversée' pour former des policiers et des gendarmes au traitement des affaires de violence conjugales ? Pas convaincue du tout quand on voit que même avec un rapport de médecine légale n'a aucune valeur pour la prise en compte d'une plainte". Un commentaire cinglant mais qui témoigne de réelles inquiétudes et réalités observées depuis trop longtemps.

Rappelons ainsi qu'il y a deux ans, un rapport édifiant de l'Inspection Générale de la Justice (IGJ) révélait que 80% des plaintes pour violences conjugales classées sans suite. "Il faut des formations à l'accueil des victimes, à leur suivi, dans les commissariats, dans les gendarmeries et dans les tribunaux", exigeait en retour la ministre de la Justice Nicole Belloubet. A Franceinfo, le commissaire Michel Lavaud insistait sur l'importance d'une "humanisation" des rapports : les policiers devraient davantage se mettre "à la place des victimes".

Mais une conférence dédiée suffira-t-elle à garantir ces changements ?

Par Clément Arbrun | Journaliste
Passionné par les sujets de société et la culture, Clément Arbrun est journaliste pour le site Terrafemina depuis 2019.
Mots clés
Société News essentielles Violences conjugales Violences gouvernement feminisme
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