Zelda version féministe pour lutter contre le sexisme dans les jeux vidéo

Zelda version féministe pour lutter contre le sexisme dans les jeux vidéo
Zelda version féministe pour lutter contre le sexisme dans les jeux vidéo
Un jeune père américain, Mike Hoye, vient de mettre au point une version amateur du jeu vidéo Zelda dans laquelle les sexes et les dialogues des personnages sont inversés pour lui donner un caractère féministe auquel sa fille de 3 ans peut s'identifier. Une initiative qui ouvre le dialogue dans le monde des gamers sur le sexisme qui y règne.
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« Je refuse que ma fille grandisse en pensant que les filles ne peuvent pas être des héroïnes et sauver leurs petits frères. » Slate rapporte l'histoire de Mike Hoye, le père d’une fillette de trois ans, qui vient de créer un patch correctif pour inverser le sexe des personnages du jeu « The Legend of Zelda : The wind Waker ». Ainsi le héros Link prend la voix d’une fille, tandis que la princesse Zelda devient un homme. Il est parvenu à changer tous les mots faisant référence au sexe des héros pour que sa fille se retrouve dans les dialogues.

Cette initiative a provoqué des réaction diverses chez les gamers : certains estiment que changer le sexe des personnages dénature l’univers de Zelda, mais la plupart saluent la proposition de Mike Hoye, qui envisage désormais de s’attaquer à d’autres jeux vidéo cultes. En revanche, sur son blog, il a précisé que sa démarche était bien sûr amateur afin de se prémunir contre les éventuelles plaintes de Nintendo et a avoué qu'il n’avait pas réussi à supprimer des erreurs qui persistent encore sur sa version féministe.

Un moyen de lutter contre le sexisme récurrent chez les gamers

La proposition de Mike Hoye relance le débat sur le sexisme ambiant dans le monde des gamers. En effet, la majorité des joueurs sont des hommes. Selon une étude Kantar Media rapportée par 20 Minutes, les femmes, si elles sont de plus en plus nombreuses, restent néanmoins minoritaires, « sont mal considérées et subissent les moqueries des joueurs hommes qui ne sont pas habitués à entendre des voix féminines lors de parties en ligne où le dialogue vocal est nécessaire ».

Les créateurs de jeux vidéo sont aussi à blâmer en matière de parité puisque selon une étude américaine datant de 2009 parue dans la revue New Scientist, 85% des personnages des 150 jeux les plus vendus aux Etats-Unis étaient des hommes. Et pour cause, la cible phare des éditeurs reste les ados mâles qui ont envie de jouer avec des héros masculins qui rencontrent des personnages féminins sexualisés. Gameblog, le site spécialisé en jeux vidéo, précise ce phénomène que le monde des gamers appelle le « fanservice » mais qui peut s’apparenter à du sexisme : « Issu du monde du manga, le terme "fanservice" désigne la mise en forme de fantasmes pour le lecteur avisé, c'est-à-dire des petites culottes, des formes affriolantes, des poses suggestives (…) La limite avec le sexisme est maigre et on peut se demander dans quelle mesure on peut s'indigner quand on voit des gens dévêtus un peu partout sur nos écrans. »

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