Libido et féminisme : en salles, cette comédie sacrément culottée tout droit venue du Québec magnifie les "femmes au bord de la crise de nerf"
Libido et féminisme : en salles, cette comédie sacrément culottée tout droit venue du Québec magnifie les "femmes au bord de la crise de nerf"
Deux femmes et quelques hommes relate l’histoire d’un duo de protagonistes terriblement attachantes : Violette et Florence. L’une est en congé maternité et l’autre en arrêt de travail. Chacune souffre d’une certaine frustration - une perte de libido conséquente pour l’une par exemple - qui les incite à remettre en question leur routine de couple.
Des scènes de la vie conjugale, c’est ce que propose cette comédie très mordante de la cinéaste québécoise Chloé Robichaud, chronique d’aujourd’hui qui nous propose des portraits de femmes (pas si) libérées sous couvert d’une “vibe” très féministe : effeuiller sans chichis les aléas de l’intimité féminine, de la sexualité et du plaisir, mais aussi toutes les injonctions et pressions qui vont avec, en se focalisant sur deux “desperate housewives”.
Violette et Florence vont remettre en question beaucoup de choses en se penchant sur leurs émotions et leur sexualité. Comme leur rapport aux hommes, naturellement, et, patriarcat oblige, à la société. Et tant de spectatrices s’y reconnaîtront.
Deux femmes et quelques hommes est le fruit d’une prose, celle de Catherine Léger, qui adapte ici sa propre pièce de théâtre à succès, saluée par la critique (elle-même inspirée de Deux femmes en or, un film culte de Claude Fournier), et valorise là encore une causticité très contemporaine. Masculinités, non-dits sur l’orgasme et l’épanouissement sexuel, frustration conjugale, tout y passe, dans la bouche de deux comédiennes particulièrement truculentes et investies, Laurence Lebeouf et Karine Gonthier-Hyndman. C’est un film qui, à l’instar de réussites du genre (Iris et les hommes avec Laure Calamy) rappelle que la révolution féministe se passe aussi au lit. C’est au coin de l’oreiller que l’égalité des sexes ainsi qu’un nécessaire besoin de libération pas toujours vraiment acquis s'expriment sans filtre. La sexualité, au cœur d’une comédie littéralement jubilatoire.