Retraites des femmes : les inégalités demeurent pour la sénatrice C. Morin-Desailly

Retraites des femmes : les inégalités demeurent pour la sénatrice C. Morin-Desailly
Retraites des femmes : les inégalités demeurent pour la sénatrice C. Morin-Desailly
L’âge de la retraite à taux plein vient d’être relevé à 67 ans par le Sénat. Pour les femmes nées entre 1951 et 1955 ayant eu trois enfants, le seuil reste à 65 ans. Un amendement insuffisant selon Catherine Morin-Desailly, sénatrice centriste de Seine-Maritime et Vice-Présidente de la délégation aux droits des femmes du Sénat.
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Terrafemina : Le Sénat a adopté, lundi 11 octobre, l’article 6 de la réforme des retraites, qui fixe à 67 ans au lieu de 65, l’âge pour toucher sa retraite à taux plein, quel que soit le nombre de trimestres cotisés : quelles exceptions ont été faites pour les femmes ?

 Catherine Morin-Desailly : Pour les femmes nées entre 1951 et 1955 qui ont eu trois enfants, l’âge pour toucher une retraite à taux plein est maintenu à 65 ans, la mesure concerne également les parents d’enfants handicapés.

TF : Pourquoi seules les femmes nées entre 1951 et 1955 et ayant eu trois enfants, soit 130 000 femmes, sont concernées par cet amendement ?

 C. M.-D. : Le gouvernement estime que cette tranche d’âge est particulièrement touchée par les interruptions de carrière, parce que ces femmes travaillaient davantage pour apporter un complément au revenu du mari que par nécessité, dans des temps partiels choisis. Cette analyse considère que les femmes nées après les années 60 ont travaillé majoritairement à temps plein et ont moins de « trous » dans leur carrière.

TF : Cette mesure vous semble-t-elle suffisante pour résoudre les inégalités de retraites entre les hommes et les femmes ?

 C. M.-D. : Evidemment non. La réforme oublie les femmes de ma génération – je suis née en 1960-  et des générations suivantes qui sont obligées de prendre un congé parental, pour des raisons financières, des problèmes de garde ou à cause d’une maladie grave d’un de leurs enfants. La réforme semble également ne pas tenir compte de la persistance de l’inégalité professionnelle – les salaires inférieurs de 20% par rapport à ceux des hommes, le plafond de verre, etc-, et du travail à temps partiel subi par de nombreuses femmes, souvent seules et en situation de grande précarité. Celles-ci, qui ont la charge de leurs enfants pour la majorité, auront une bien maigre retraite, et devront travailler jusqu’à 67 ans pour bénéficier du taux plein.

 TF : Que préconisez-vous pour compléter la loi de réforme sur les retraites ?

 C. M.-D. : On ne peut pas demander à cette loi de corriger tous les phénomènes structurels liés au monde du travail et à l’emploi. Les avancées de cette réforme sont d’une part la prise en compte du congé maternité dans le calcul de la retraite des femmes, et d’autre part l’article 31 qui inflige des pénalités sur la masse salariale aux entreprises qui n’ont pas bâti de plan d’action pour faire respecter la parité des salaires. De mon côté j’ai déposé un amendement à cet article pour que les entreprises aient une obligation de résultats, et non seulement de moyens, pour faire respecter l’égalité salariale. Je pense que la réforme des retraites constitue un point d’étape pour aboutir à l’égalité professionnelle, mais il faudra encore d’autres réformes structurelles, et des mesures coercitives pour faire appliquer la loi de 2006 sur l’égalité salariale.

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