Prothèses mammaires PIP : la colère des femmes sud-américaines

Sur le continent roi de la chirurgie esthétique, les porteuses d'implants PIP se réveillent et demandent des comptes. Au Brésil, près de 300 000 opérations d'augmentation mammaire ont lieu chaque année.
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Au Venezuela, la chirurgie esthétique est tellement banalisée que des jeunes filles de 15 ans se font poser des seins nouveaux pour leur anniversaire. C’est dire si le scandale des prothèses PIP (de la marque « Poly Implant Prothèses ») touche ce pays et ses voisins d’Amérique latine.
Les implants PIP, fabriqués en France par une société varoise liquidée en 2010, ont été massivement exportés pendant les années fastes de l’entreprise : en tout, 300 000 femmes dans le monde porteraient des prothèses de cette marque, fabriquées avec un gel de silicone non-conforme. En France et en Grande-Bretagne, de nombreuses plaintes ont d’ores et déjà été enregistrées.
Certains pays du continent sud-américain ont eu pour réflexe de faire interdire les prothèses PIP dès les premières révélations de l’affaire, en 2010, c’est le cas du Brésil, de l’Argentine et de la Colombie. Néanmoins, les craintes des femmes implantées avant cette date ne cessent de grandir suite aux informations qui émanent de France, où huit cas de cancers suspects ont été détectés. Si le lien de causalité entre les prothèses et ces maladies n’a pu être démontré, le risque demeure à cause du taux de rupture de ces implants, supérieur à la moyenne.
En Argentine, 13 500 prothèses auraient été importées. L’avocate Virginia Luna réclame le remboursement du remplacement des prothèses. Elle est chargée de défendre un groupe de femmes porteuses d’implants PIP, « un groupe de 50 femmes, qui grandit chaque jour (...), et dont certaines ont vu leurs implants se déchirer, provoquant de grande douleur et une vive inquiétude », dit-elle. « Une des femmes a même dû faire un nouvel emprunt pour être opérée une deuxième fois ». À Buenos Aires, la capitale des opérations de chirurgie esthétique à petits prix, certaines cliniques proposent le retrait gratuit des prothèses. Mais, comme en France, où la Sécurité sociale prend en charge l’explantation, l’implantation de nouvelles prothèses reste à la charge des femmes escroquées, là-bas il leur en coûtera entre 500 et 1000 dollars.
Aucun pays d’Amérique latine n’a opté pour le principe préventif mis en place par la France, c’est-à-dire la préconisation de retrait des implants PIP pour toutes les femmes.

Crédit photo : AFP

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