Sexisme : le grand déballage des Allemandes sur Twitter

Sexisme : le grand déballage des Allemandes sur Twitter
Sexisme : le grand déballage des Allemandes sur Twitter
C'est au tour de l'Allemagne de faire sa catharsis machiste. Il a suffi qu'une journaliste politique raconte dans la presse les avances déplacées du chef du parti libéral-démocrate (FDP), Rainer Brüderle, pour que des milliers de femmes se mettent à s'insurger contre le sexisme ordinaire sur Twitter et dans les médias, avec une seule devise : #Aufschrei (cri).
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L'Allemagne a trouvé son affaire DSK. Comprenez la goutte d'eau qui fait déborder le vase du sexisme. Dans un portrait publié dans le magazine Stern la semaine dernière, la journaliste politique Laura Himmelreich a ouvert la brèche en racontant son entrevue il y a un an avec Rainer Brüderle, chef du parti libéral-démocrate et ancien ministre de l'Économie. L'homme, candidat aux prochaines élections législatives, se serait permis quelques réflexions déplacées, qui pourraient aujourd'hui lui coûter cher.

Le fantasme de la Dirndl

Lors de ce rendez-vous professionnel, fixé dans le bar d'un hôtel, Rainer Brüderle aurait commencé par poser son regard sur la poitrine de la jeune femme, en déclarant naturellement : « Vous pouvez remplir une Dirndl », faisant allusion à la robe bavaroise que les serveuses portent souvent lors des Fêtes de la bière dans le sud de l'Allemagne, composée d'une jupe, d'un tablier et d'un petit corset pigeonnant. La journaliste aurait ensuite eu droit à un baise-main, avant que son interlocuteur ne lui demande s'il pouvait « figurer sur son carnet de bal ».


Le cri de ralliement : #Aufschrei

S'il est étonnant que Laura Himmelreich ait attendu un an pour livrer cette anecdote, cela n'a pas empêché une réaction en chaîne de l'opinion. Rassemblées par le hashtag #Aufschrei, qui signifie un « cri » en allemand, des milliers des femmes ont posté sur Twitter leurs témoignages sur le sexisme ordinaire. Les journaux ont largement relayé le mouvement, recueillant là encore des témoignages à la pelle

#harcèlementderue

Cette déferlante sur les réseaux sociaux rappelle l'effet produit par le reportage de Sofie Peeters en juillet dernier. Cette étudiante flamande avait filmé les rues de Bruxelles en caméra cachée pour dévoiler la teneur des propos machistes qu'une femme peut entendre lorsqu'elle marche dans la rue, qui plus est si elle porte une jupe. Le hashtag #harcèlementderue s'était répandu sur Twitter, pour épingler le machisme quotidien. Cette campagne spontanée avait même donné lieu à la création à Bruxelles d'une sanction sous forme d'amende en cas d'insulte sexiste. À quand une loi allemande contre la drague inopportune ? 

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