Égypte : les « tests de virginité » pratiqués par l'armée interdits

La justice égyptienne a ordonné hier aux dirigeants militaires du pays de ne plus pratiquer « des tests de virginité » forcés sur les femmes arrêtées. Ce procédé qui a fortement nui à l’image du pouvoir en place avait provoqué la colère des manifestants et des associations de défense des droits de l’Homme.
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C’est une avancée pour le respect des droits des femmes en Égypte. Un tribunal égyptien a en effet ordonné hier à l’armée du pays de ne plus effectuer « des tests de virginité » sur les femmes arrêtées. Cette pratique avait été qualifiée de « torture » et de violence sexuelle par plusieurs organisations internationales et égyptiennes de défense des droits de la personne, notamment Amnesty International et Human Rights Watch. Elle avait encore un peu plus écorné l’image de l’armée du pays, déjà mise à mal en raison des nombreux procès militaires à l’encontre des civils et de la sanglante répression des manifestations. Les hauts gradés militaires du régime avaient quant à eux déclaré que ces tests étaient utiles pour empêcher des manifestantes vierges d’accuser de viol les soldats les ayants arrêtées.

En prenant cette décision, la Cour administrative du Caire a donc donné raison à Samira Ibrahim, une jeune femme qui avait été obligée de subir ce test après avoir été arrêtée dans une manifestation pour la démocratie en mars. Cette décision, exceptionnelle dans une affaire de ce type en Égypte, a déclenché les applaudissements de nombreux soutiens de la jeune Égyptienne venus assister au jugement. Pour Hossam Baghat, responsable de l’Initiative égyptienne pour les droits de la personne (organisation non reconnue par le gouvernement) « C'est une bonne nouvelle. Nous attendons maintenant une décision de la cour sur les indemnités ». Selon lui, le procès du militaire ayant pratiqué ces tests sur Samira Ibrahim doit d’ailleurs débuter en janvier devant un tribunal des armées. Mais l’éventualité de ne voir qu’un seul soldat accusé « d’atteinte à la pudeur et non-respect des ordres » et finalement condamné à une simple amende est malheureusement envisageable.

Rappelons que la semaine dernière, suite à la diffusion sur Internet d’images insoutenables montrant des soldats frappant des manifestantes, traînant même l’une d’elles au sol et la maltraitant jusqu’à lui en faire perdre ses vêtements, l’armée avait dû présenter ses excuses. Cette vidéo avait en effet suscité une vive émotion en Égypte et partout ailleurs dans le monde.

Alexandre Roux

Avec AFP
Crédit photo : AFP

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