Présidentielle 2012 : Aurore Bergé, 24 ans, militante UMP

Présidentielle 2012 : Aurore Bergé, 24 ans, militante UMP
Présidentielle 2012 : Aurore Bergé, 24 ans, militante UMP
Aurore Bergé inaugure notre série spéciale présidentielle de portraits de jeunes engagés en politique. A 24 ans, cette responsable de la vie de la fédération UMP des Yvelines entend transmettre aux militants qu’elle forme sa pugnacité volubile. Son objectif ? Défendre becs et ongles le bilan Sarkozy, éviter la dispersion, et lancer à toute vapeur la « machine électorale » de l'UMP.
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On peut être jeune, de droite et bien dans ses baskets. Cette équation, impossible pour certains, Aurore Bergé la vit sans complexes et semble en tirer un solide équilibre personnel. A 24 ans, cette jeune militante UMP peut se vanter d’un parcours éclair prestigieux, et d’un (presque) sans-faute. Diplômée de Sciences Po Paris, chef de projet dans une agence évènementielle, mariée, elle a été nommée en avril 2010 responsable de la vie de la fédération UMP des Yvelines (78) par Valérie Pécresse, la ministre du Budget. Qu’est-ce qui a pu pousser une adolescente de 16 ans à adhérer au parti de la majorité, peu après sa création en 2002 ? Comme beaucoup de jeunes de sa génération, son entrée en politique coïncide avec « le choc du 21 avril » 2002, la stupeur de voir Jean-Marie Le Pen accéder au second tour de la présidentielle. « A la base de la création de l’UMP, il y avait la peur qu’un 21 avril arrive à la droite si elle restait trop dispersée », « le parti a été conçu comme une machine électorale », explique-t-elle. Mais face à cette analyse récitée les yeux fermés, on peut se demander si ce sont de telles considérations stratégiques qui ont convaincu la jeune militante en fleur. « L’adolescence est le moment où l’on se construit une opinion, j’ai surtout forgé la mienne en réaction aux mesures très clivantes de Lionel Jospin, comme les 35 heures », rectifie-t-elle. Les 35 heures, voilà sur quoi s’est fait les dents celle qui s’est reconnue dans « les valeurs de liberté, de mérite, de travail, d’effort » défendues par l’UMP. La politique, elle l’a apprivoisée naturellement en grandissant dans une famille « cultivée et ouverte au débat », et en accompagnant ses parents, « jamais encartés », dans les bureaux de vote.

La fougue de ce baptême du feu militant, sur fond de drame républicain et de tragédie socialiste, est légèrement retombée à la sortie du lycée. L’étudiante avait rêvé d’une agora à Sciences Po Paris et constate que l’engagement politique n’y a pas nécessairement bonne presse. « Certes, les élections syndicales étudiantes mobilisaient un peu plus qu’à la fac », mais pas assez pour étancher la soif de cette affiliée de l’UNI (Union nationale inter-universitaire, syndicat étudiant de droite). En parallèle, son ascension à l’UMP n’a pas traîné. A 19 ans, elle est nommée responsable des Jeunes populaires (frange des jeunes militants UMP âgés de 16 à 30 ans) de la fédération des Yvelines. Elle est en première ligne pour diffuser la bonne parole pendant la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007. En avril et en mai, surtout, son agenda affiche complet : distribution de tracts, porte-à-porte pour expliquer le programme du candidat, inévitables tournées des marchés le samedi et le dimanche.  « On se levait très tôt pour parler aux gens dans les gares, entre 7h et 8h30, ou alors le soir entre 18h et 20h », se remémore-t-elle.

En dépit de sa jeunesse, Aurore Bergé affiche le pragmatisme et la détermination de ceux qui ont déjà connu des revers politiques, et la petite cuisine d’arrière-cour qui vous fait vous retrousser les manches. Candidate en août 2010 à la présidence des Jeunes Populaires, elle a vu Benjamin Lancar se faire réélire à la faveur d’une campagne désordonnée, ponctuée d’insultes par blogs anonymes interposés et de rumeurs d’irrégularités. Les ténors du parti avaient dû intervenir pour ramener leurs ouailles sur le droit chemin. La jeune femme est, depuis, passée de l’autre côté du miroir : c’est elle qui forme désormais les militants de sa fédération, tous âges confondus. Et à l’entendre, il y a de quoi faire : « Nos militants ont un côté plus folklo que ceux du PS ou du FN ! Sur Twitter, chacun réagit comme il veut », s’exclame-t-elle. D’où l’importance donnée à la pédagogie dans la formation des militants, qui apprennent à défendre devant l’opposition « l’autonomie des universités, la réforme des retraites, le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partants à la retraite ». Les militants peuvent d’ailleurs s’abonner à des « clés d’actu » disponibles sur le site du porte-parole du gouvernement. La direction du parti se charge de leur envoyer ponctuellement des fiches sur les mesures plus techniques. Si une élection présidentielle ne se gagne pas sur le net, pas question pour autant de perdre la bataille de la communication. 

Mais les vrais enjeux, c’est sur le terrain que la jeune militante s’y frotte : « Souvent, on rencontre des gens qui pensent qu’on est en lien direct avec le président de la République, et qu’on pourra lui faire passer leurs messages personnels ! ». Et s’y pique : « Et puis, il y a parfois des situations délirantes de personnes qui refusent un tract, pour ne pas se salir les mains », raconte-t-elle. Pour convaincre les citoyens de voter UMP en avril prochain, les militants n’ont d’autre choix pour l’instant que de promouvoir le bilan Sarkozy. « Mais c’est compliqué », avoue la jeune femme. Avec l’annonce tardive de la candidature du chef de l’Etat à sa succession, pas encore de vrai programme à présenter. Mais d’autres fronts mobilisent Aurore Bergé, qui a co-écrit avec Elodie Massé (PS) et Elise Vouvet (UMP) « Alter Egales », un livre d’entretien sur l’état du féminisme en France et la représentation des femmes en politique. « Optimiste pour [sa] génération qui a toujours vu des femmes en politique », elle espère que la loi de 2000 sur la parité, « intégrée par les partis politiques », ne sera que transitoire. Et propose même, audacieuse, sa suppression-test à l’occasion d’une élection locale.

Aurore Bergé


Elodie Vergelati

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