Prostitution: après le vote, pro et anti s'opposent dans la rue

Prostitution: après le vote, pro et anti s'opposent dans la rue
Prostitution: après le vote, pro et anti s'opposent dans la rue
Les clients des prostituées seront bel et bien sanctionnés.  Après le vote de cette mesure, controversée par les députés dans la nuit de vendredi à samedi, des citoyennes et des citoyens, partisanes ou non du texte, opposaient dans la rue leurs arguments ce samedi 30 novembre.
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La mesure phare de la proposition de loi sur la prostitution - la pénalisation des clients - a été adoptée vendredi soir dans un hémicycle presque vide (une vingtaine de députés). Cette nouvelle disposition punit l’achat d’actes sexuels d’une contravention de 1500 euros. Ce montant est porté à 3750 euros en cas de récidive « dans un souci de pédagogie et de dissuasion, graduelle et progressive », selon les termes de l’amendement voté. Alternativement, ou en complément, un «stage de sensibilisation à la lutte contre l’achat d’actes sexuels» est prévu.

Un texte consensuel?

D’autres mesures d’accompagnement social des prostituées, alimentées par un fonds de 20 millions d’euros par an ont été votées. À la clé, pour les étrangères acceptant de suivre ce parcours: un titre de séjour d’une durée de six mois. Mais la mesure reste très controversée, à l’image de l’absence d’une grande partie des députés dans l’hémicycle. Beaucoup préféraient éviter le sujet, selon Libération. Une position qui peut être résumée par cette déclaration assez indécise du député Jean-Luis Borloo: «au fond du fond, je ne sais pas quelle est la bonne décision». Seuls les écologistes se sont réellement opposés à ce texte.

Hors de l’hémicycle, en revanche, les positions semblaient beaucoup plus tranchées, avec deux rassemblements aux abords de l’Assemblée Nationale. Dans le camp des pro, 150 prostituées, ont dit leur opposition à un texte jugé «anti-putes», et qui revient, selon elles, à les pénaliser en les empêchant de travailler. Elles déplorent le fait d’être les grandes oubliées d’un texte pour lequel elles n’ont pas été consultées.

Les travailleuses du sexe, «grandes oubliées» du texte?

Ces prostituées étaient épaulées par plusieurs associations, dont le Strass, Aides, Act Up, Médecins du Monde ou encore Les Amis du bus des femmes. Tous dénoncent les risques d’isolement, et accrus en termes de vulnérabilité aux réseaux que cette mesure pourrait paradoxalement créer.

En face, les anti: une cinquantaine personnes, pour la plupart issues de mouvements féministes - Femen, Osez le féminisme - ou d’aide aux prostituées comme le Mouvement du nid. Pour ces femmes, la prostitution est une violence faite au femmes, et l’immense majorité des travailleuses du sexe en sont les victimes.