L'association « Elles bougent » valorise les métiers d’ingénieurs

L'association « Elles bougent » valorise les métiers d’ingénieurs
L'association « Elles bougent » valorise les métiers d’ingénieurs

« Le problème des femmes ingénieures ne se situe pas à l’embauche mais à l’orientation », résume Marie-Sophie Pawlak à propos de la faible proportion de jeunes filles dans les filières techniques. Pour inverser la tendance et faire découvrir ces métiers scientifiques, elle a fondé en 2005 l’association « Elles Bougent ».

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« Les entreprises recherchent la mixité »

Tout commence un peu par hasard. Dans le cadre de son travail, Marie-Sophie Pawlak consulte des DRH pour connaître les nouveaux profils qui sont recherchés. Et là surprise, la majorité d’entre eux lui répondent qu’ils souhaitent féminiser leurs équipes. Cette problématique interpelle la jeune femme. D’autant qu’elle est elle-même ingénieure et occupe un poste dans l’automobile, un secteur réputé masculin. « Ce n’est que lorsqu’on m’a proposé de travailler dans ce milieu que j’ai pu découvrir à quel point il était intéressant. Sans cela, je ne me serais peut-être pas spontanément tournée vers ce monde inconnu », observe-t-elle.

« Agir au niveau de l’orientation »

En partant de ce constat, Marie-Sophie Pawlak décide de fonder une association dont la vocation est de favoriser la mixité dans les études scientifiques et de susciter des vocations. Car une chose est sûre, tant qu’il y aura si peu d’étudiantes dans ces filières, le nombre d’ingénieures dans les entreprises restera faible. « Dans les terminales scientifiques la parité est respectée, mais après le nombre de jeunes femmes dans les écoles d’ingénieurs peine à dépasser les 15 % », constate Marie-Sophie Pawlak. Ce fossé révèle une vraie carence au niveau de l’orientation. « Il y a encore cette idée archaïque que les métiers d’ingénieurs correspondent plus aux hommes, poursuit la présidente de l’association. Les orientations sont encore sexuées. Dans les lycées, on propage parfois un discours qui va induire des orientations différentes pour les garçons et pour les filles ».

« Des marraines volontaires qui font découvrir leur métier »

Le défi de Marie-Sophie Pawlak est de rassembler des entreprises engagées pour la parité, des grandes écoles, et d’organiser des rencontres où les étudiantes découvrent toutes les facettes de ces métiers. En 6 ans, son action a porté ses fruits. Pour porter ce message, l’association s’est entourée de marraines volontaires qui travaillent pour de grands groupes tels qu’EADS, Alstom… (les entreprises partenaires d’Elles Bougent) et qui ont envie de transmettre leur expérience.
70 entreprises et plus de 500 femmes sont partenaires d’Elles Bougent. Autant de métiers, d’univers, porteurs de croissance et qui présentent de belles perspectives de carrière pour les femmes. Une vingtaine de rencontres sont organisées par an. Chaque fois une entreprise partenaire se prête au jeu et reçoit les marraines, les écoles d’ingénieurs et bien sûr des lycéennes. Toutes les ambassadrices sont invitées à s’exprimer, à partager dans la convivialité et la bienveillance. « Les profils de ces femmes sont tous différents, c’est important qu’il y ait des jeunes diplômées car c’est plus facile pour les étudiantes de s’identifier à elles, souligne Marie-Sophie Pawlak. Les femmes plus âgées montrent, elles, comment elles ont gravi les échelons.

« Multiplier les actions pour promouvoir ces carrières »

Elles Bougent ne manque pas une occasion de se faire entendre. Une ou deux fois par an, elle organise des rencontres à grande échelle (plus d'une centaine de jeunes filles) lors de salons. La prochaine manifestation se déroulera sur le Salon international de l'aéronautique au Bourget. Les salons étudiants et journées portes ouvertes des établissements d'enseignement supérieur sont aussi l’occasion de mobiliser les étudiantes. En début d’année, Elles Bougent a lancé une vaste campagne nationale « Tu seras ingénieure ma fille » qui a reçu beaucoup d’écho et mobilisé de nombreux prescripteurs (associations de parents, collectivités locales, services d’orientation, presse…). L’heure est à la recherche de nouveaux partenaires pour continuer à porter ce message d’avenir. Parrainée par le ministère de l’Industrie, celui de la Cohésion Sociale et de la Solidarité, Elle Bougent nouera prochainement un partenariat avec l’Education Nationale. « Cela permettrait de légitimer notre action vis-à-vis des proviseurs, même s’ils adhèrent déjà bien et nous confient leur filles », précise Marie-Sophie Pawlak.

« Si les écoles forment plus de femmes, les entreprises suivront »

« Ces prochaines années les femmes vont prendre de l’ampleur et atteindre des sphères décisionnaires », Marie-Sophie Pawlak en est persuadée. A l’entendre, les entreprises n’attendent que de recruter plus de femmes dans leurs équipes et ont même tendance à « favoriser les femmes à l’embauche à compétences égales ». Le plafond de verre est-il en train de se briser ?

Le site de l’association Elles bougent

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