Cunhaporanga, la Tiktokeuse brésilienne qui valorise les traditions indigènes d'Amazonie

Sur TikTok, Cunhaporanga relaie les traditions indigènes d'Amazonie
Sur TikTok, Cunhaporanga relaie les traditions indigènes d'Amazonie
Partager les traditions indigènes sur TikTok, c'est là l'intention de la jeune Cunhaporanga, influenceuse pas comme les autres au sein de la très populaire plateforme sociale.
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Avec plus de six millions d'abonnés et une quantité de likes avoisinant les 80 millions, Cunhaporanga est sans conteste une voix des plus influentes sur le réseau social TikTok, plateforme aussi bien connue pour ses divertissements à tendance virale que pour son contenu engagé et stimulant. Régulièrement, la jeune Brésilienne y partage ce qu'elle connaît si bien : les traditions indigènes de sa communauté.

Prises de paroles, peintures, maquillages et chansons parcourent ainsi ce fil des plus instructifs et bienveillants, aussi bien centrés sur les traditions que sur le quotidien de la jeune femme. On se réjouit d'y voir des visages et d'y entendre des voix pas si courantes que cela sur la Toile. Et apparemment, ils sont des millions, les internautes à s'en enthousiasmer à l'unisson à chaque nouvelle publication de l'internaute au large sourire.

Une influenceuse pas comme les autres

Sur TikTok, Maíra Gomez, ou Cunhaporanga en tupi (une famille de langues amérindiennes parlée par différents peuples natifs du Brésil), arbore un maquillage traditionnel et détaille les rituels de sa communauté, celle des Tatuyo, entre art culinaire, pratiques langagières et conception de bijoux. Aux médias qui l'interrogent, la jeune femme de 21 ans se définit simplement comme une agricultrice et artisane, ayant déjà vécu ses années lycée, sans pour autant s'être lancée dans les études supérieures. Son surnom tupi signifie "la jolie femme du village".

Comme le relate le média en ligne Hypeness, l'influenceuse est née à Sítio Tainá Rio Vaupés, dans la municipalité de São Gabriel da Cachoeira, à l'extrême Nord-Ouest du Brésil. Un environnement très riche du point de vue culturel, puisqu'autour de la commune perdurent pas moins de 26 tribus différentes. De plus, détaille le site, le père de la jeune femme parlerait quatorze langues différentes, et sa mère huit. C'est justement cette ouverture à l'autre qu'elle tient à préserver sur son compte, aussi pédagogique que bienveillant.

Plats, fabrique de matériaux, peintures indigènes traditionnelles, agriculture, présentation des plantes typiques, mais aussi art (Cunhaporanga en est passionnée)... C'est l'éclectisme que valorise Maira Gomez Godinho - de son nom complet - sur la plateforme par le biais de vidéos limpides et solaires. Cette aînée d'une grande famille de six enfants est également très active sur une plateforme comme Instagram, réseau social où elle bénéficie cependant d'une audience moins vaste. Audience curieuse qui n'est pas avare en questions parfois indiscrètes.

On a ainsi déjà pu l'interroger sur la présence des protections périodiques au sein de la communauté des Tatuyo. "Nous utilisons des tampons normaux, mais dans le passé, ce n'était pas le cas. Les filles et les femmes devaient rester dans une pièce jusqu'à ce que les règles s'arrêtent", explique-t-elle à A Critica, média local de l'État de l'Amazonas, dans le Nord-Ouest du Brésil, afin d'éclaircir nos lanternes. C'est aussi l'évolution qui se perçoit à travers les traditions, trop archaïques parfois et pas si idylliques, que cherche à relayer l'internaute.

Comme le souligne le site d'actualités brésilien Ciclo Vivo, la TikTokeuse ne se contente pas de relater sa routine, train de vie normal à souhait pour elle mais très dépaysant pour ses millions de fans à travers le monde. Non, elle utilise avant tout les réseaux sociaux afin de "promouvoir la diversité culturelle, l'intérêt et le respect des peuples autochtones", une cause aussi bien intime que collective, et qui lui tient profondément à coeur. De par cette prise de position, d'aucuns voient carrément la vingtenaire brésilienne comme une ambassadrice.

Un engouement collectif

Maira Gomez Godinho n'est pas la seule à valoriser sur l'une des plateformes sociales les plus puissantes du moment la diversité culturelle et le respect des peuples autochtones, loin de là. Bien des créatrices marchent sur ses pas. On pourrait ainsi évoquer le contenu de la jeune chanteuse indigène Kaê Guajajara, suivie par plus de 70 000 followers fidèles. Ou encore les posts de la rappeuse indigène Katu Mirim, aux plus de 5 000 fans.

C'est donc sur TikTok que ces jeunes femmes prennent la parole pour faire palpiter et perdurer la mémoire de leur communauté, de leur peuple, de leurs ancêtres et de leurs histoires ancestrales, et ce par le biais des moyens de communication parmi les plus modernes. Une large audience est toujours là pour accueillir, commenter et relayer leurs témoignages, contribuant ainsi à faire du réseau social l'un des plus inclusifs qui soient.