Réforme des rythmes scolaires : pourquoi parents et profs grincent des dents

Réforme des rythmes scolaires : pourquoi parents et profs grincent des dents
Réforme des rythmes scolaires : pourquoi parents et profs grincent des dents
Alors qu'un consensus semblait avoir été trouvé sur la question des nouveaux rythmes scolaires, les élus hésitent, les professeurs grognent et les syndicats appellent à la grève. À Paris, plus de la moitié des écoles seront ainsi en grève ce mardi pour protester contre le retour à la semaine de quatre jours et demi. Pourquoi la réforme coince-t-elle ?
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Selon un communiqué de la Mairie de Paris, la capitale s'attend à une grève des enseignants massive ce mardi 22 janvier : 84% des professeurs auraient ainsi décidé de faire grève et une école sur deux devrait être fermée. Parents inquiets, syndicats qui appellent au blocage, enseignants déconcertés par un projet monté à la va-vite : la réforme des rythmes scolaires ne fait pas l'unanimité et le ministre de l'Éducation Vincent Peillon doit affronter son premier test social.

Ce qui change avec la réforme des rythmes scolaires

La réforme portée par Vincent Peillon prévoit que les élèves aient au maximum 5h30 de cours par jour (contre 6 heures aujourd'hui) avec une pause déjeuner d'au moins 1h30. Mais à Paris, les syndicats craignent que cette pause de midi ne se prolonge jusqu'à 14h30, pour que les journées de classe ne terminent pas avant 16h30. En dehors de la capitale, les journées pourraient se terminer à 15h45 puis se prolonger avec des activités extra-scolaires d'une durée d'environ 45 minutes. Or, c'est là que le bât blesse : les syndicats dénoncent le manque d'organisation et l'impossibilité d'avoir dès la rentrée prochaine le nombre suffisant d'animateurs formés pour assurer ces activités périscolaires.

Une réforme floue et précipitée

« Revenir à 4,5 jours c'est une bonne chose, mais pas n'importe comment, et là, c'est assez flou », s'inquiète auprès de l'AFP Marion, dont le fils est scolarisé en moyenne section de maternelle dans le IXe arrondissement de Paris. Jérôme Lambert, le secrétaire départemental du SNUipp-FSU dénonce un « simple ravalement de façade » et une réforme précipitée. « Il n'y aura pas plus d'animateurs formés en septembre qu'aujourd'hui et ce sera la même chose pour l'accueil périscolaire », affirme-t-il. « On risque de mettre des animateurs mal formés pour s'occuper des enfants. Ou alors les enfants joueront dans les cours et ne participeront pas aux ateliers, soit par manque cruel d'animateurs formés, soit par manque de locaux adaptés ».

Un accroissement des inégalités

Les syndicats craignent par ailleurs que les activités périscolaires n'accroissent les inégalités entre les enfants en fonction des écoles et des villes. Ils estiment ainsi qu'aucune garantie d'un périscolaire gratuit et de qualité pour tous n'est assurée. « Je suis dans une école du IVe [arrondissement de Paris, ndlr], près de Beaubourg, du Louvre et du musée Victor Hugo », explique à l'AFP Nicolas Wallet, prof de CM2 adhérent du SNUipp. Mais comme il le rappelle, toutes les écoles n'ont pas cette chance, et il s'inquiète que l'on « aggrave les inégalités ».

Les enfants paient les pots cassés

« Les enseignants et les parents sont assez insatisfaits de la manière dont se fait la réforme », indique Valérie Marty, présidente de la fédération de parents d'élèves Peep. Parmi leurs craintes : voir les enfants payer les pots cassés d'une réforme mal pensée, faute de réelle concertation. « J'ai dit très tôt que je serai le ministre des élèves et nous ne pouvons pas être le seul pays au monde où nos enfants ont 144 jours de de classe et des journées surchargées », se justifie quant à lui le ministre de l'Éducation. Face à cette grève « massive », il a par ailleurs concédé qu'il n'y avait « jamais de grève inutile ». Cependant, il rappelle qu'une semaine de 4,5 jours, « c'est mieux que 4 jours pour apprendre, qu'une journée de 5h15 [de classe], c'est mieux. Et permettre à tous les enfants d'avoir des activités culturelles et sportives, c'est mieux ».

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