10 romans dont les héros sont (légèrement) psychopathes

"American Psycho", avec Christian Bale, adapté au cinéma en 2000
"American Psycho", avec Christian Bale, adapté au cinéma en 2000
Ils sont dangereux, sadiques, machiavéliques même. Les méchants qui peuplent nos lectures sont aussi nombreux qu'effrayants. Et quand l'auteur leur offre le premier rôle de l'histoire, il y a de quoi trembler pour de bon. La preuve avec 10 romans qui mettent à l'honneur des héros légèrement psychopathes et malgré tout, diablement captivants.
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1 – American Psycho, de Bret Easton Ellis

American Psycho
American Psycho

Patrick Bateman est un séduisant golden boy de Wall Street à qui tout réussi. Patrick est beau, riche, intelligent, et ne fréquente que des gens de son niveau social. Mais au fil des pages, on se rend compte que le héros de Bret Easton Ellis est loin d'être aussi lisse qu'il n'y paraît. Car en plus d'être accro à son apparence, au sexe et à la coke, Patrick Bateman est un véritable psychopathe qui viole, torture et tue pour satisfaire son besoin de domination. Ecrit à la première personne du singulier, American Psycho plonge directement le lecteur dans la folie du protagoniste principal. Une folie qui devient de plus en plus oppressante à mesure que l'histoire avance, entre grosses incohérences, hallucinations et paranoïa. Patrick est-il un véritable assassin ou ses pulsions destructrices prennent-elles vie uniquement dans sa tête ? A vous de juger.

Ed. 10/18, 544 pages, 10,20 euros

2 - Le parfum, de Patrick Süskind

Le parfum
Le parfum

Traduit en 48 langues et vendu à plus de 20 millions d'exemplaires, ce best-seller allemand met pourtant en scène un héros particulièrement détestable. Jean-Baptiste Grenouille grandit dans le Paris sale et désoeuvré du 18e siècle. Abandonné par sa mère, maltraité par sa nourrice, il grandit sans aucun lien social avec les autres. Mais un jour, Grenouille comprend ce qui le différencie des autres : son odorat. Il devient le meilleur parfumeur de Paris mais ce que personne ne sait, c'est que les odeurs les plus extraordinaires émanent des jeunes filles. Et pour obtenir ces odeurs, Grenouille n'hésite est prêt à tout, même à tuer. Dénué de notion de bien ou de mal, ne possédant lui-même aucune odeur (ce qui a le don d'effrayer les autres), Grenouille assassine en tout et pour tout 26 adolescentes.

Ed. Le livre de poche, 279 pages, 5,60 euros

3 – Les apparences, de Gillian Flynn

Les apparences
Les apparences

Amy et Nick Dunne forment le couple de New Yorkais parfaits. Ils sont fous l'un de l'autre, beaux et ont des métiers cool. Mais quand la crise financière touche le couple de plein fouet, ils quittent Manhattan pour une vie beaucoup moins glamour dans le Missouri. Un jour, Amy disparaît sans laisser de traces. La maison du couple est saccagée et tous les indices semblent mener à l'époux pas si éploré que ça... Difficile d'évoquer Les apparences sans trop en dévoiler, mais disons une chose : Gillian Flynn a le don pour passer le mariage et la société au scalpel et créer des personnages bien barrés.

Ed. Le livre de poche, 696 pages, 8, 60 euros

4 – L'étrange cas du Dr. Jekyll et de Mr. Hyde, de Robert Louis Stevenson

Dr. Jekyll et Mr. Hyde
Dr. Jekyll et Mr. Hyde

Henri Jekyll est un docteur très estimé par ses clients et la haute société londonienne du XIXe siècle. Mais le médecin a une part d'ombre et celle-ci a même un nom : Mr. Hyde. Obsédé par son dédoublement de personnalité, le philanthrope met au point une potion pour séparer son bon et son mauvais côté et scinde ainsi son âme en deux. Mais en faisant cela, il scelle son destin. Mr. Hyde, un petit être violent et répugnant, prend peu à peu le pas sur le Dr. Jekyll, et n'hésite pas à se vautrer dans les plaisirs obscènes et même à tuer froidement Sir Danvers Carew. Œuvre puissante sur le dédoublement de la personnalité, L'étrange cas du Dr. Jekyll et de Mr. Hyde montre comment le monstrueux peut détruire la bonté. 130 ans après la première édition, le roman est toujours aussi dérangeant.

Ed. Le livre de poche, 160 pages, 4,95 euros

5 – Misery, de Stephen King

Misery
Misery

Misery, c'est le nom de l'héroïne d'une saga littéraire romantique écrite par le romancier américain Paul Sheldon. Mais si l'héroïne est adulée par des millions de fans, son créateur ne la supporte plus et décide de l'envoyer six pieds sous terre. Alors qu'il vient de terminer son nouveau roman – qu'il juge beaucoup plus sérieux – Paul est victime d'un accident de voiture. Quand il se réveille, il a les jambes brisés et fait face à "sa plus fervente admiratrice", Annie Wilkes, une ancienne infirmière qui va bientôt se révéler mentalement instable. Bien décidée à ressusciter Misery, la femme va se transformer en tortionnaire et faire vivre à l'écrivain tout un lot de tortures physiques (elle lui coupe un pied) et psychologiques pour le pousser à écrire un autre roman. Si Paul Sheldon est au centre de ce roman, c'est bel et bien la cauchemardesque et hystérique Anne Wilkes qui lui vole la vedette.

Ed. Le livre de poche, 391 pages, 8,10 euros

6 – Lolita, de Vladimir Nabokov

Lolita
Lolita

A première vue, Humbert Humbert est un homme plutôt sympathique. Sauf que sous couvert d'humour, le narrateur de Lolita n'en reste pas moins un pédophile. Amoureux de sa belle-fille de 12 ans, Dolorès, il devient rapidement obsédé par elle et l'entraîne dans une relation faite d'abus sexuels, de violence et de jalousie. Ecrit à la première personne, ce roman supprime totalement le point de vue de Dolorès. Sous la plume d'Humbert Humbert, celui-ci n'est jamais désigné comme un prédateur tandis que la préadolescente apparaît comme une nymphette aguicheuse. Une façon pour lui de se dédouaner alors qu'il fait vivre un véritable cauchemar à celle qui l'obsède.

Ed. Folio, 551 pages, 9,20 euros

7 – Zombi, de Joyce Carol Oates

Zombi
Zombi

Joyce Carol Oates n'est pas tendre avec ses personnages, elle est même spécialiste des histoires qui plongent le lecteur dans un univers inconfortable. Avec Zombi, roman sorti en 1995, la prolifique auteure américaine va au-delà du gênant pour nous offrir quelque chose de beaucoup plus malsain. Car ici, elle rentre directement dans la tête de Quentin P., un homme de 31 ans issu d'une riche famille, en période de probation après avoir été jugé coupable de l'agression sexuelle envers un jeune mineur. Ses parents, sa soeur et sa grand-mère veulent le croire innocent, mais Quentin le sait, tout cela n'a rien d'un accident. D'ailleurs, il n'en était pas à sa première agression. Depuis des années, le narrateur kidnappe des jeunes gens qu'il lobotomise dans l'espoir de faire d'eux des "zombis", soit des esclaves sexuels bien obéissants. Pas de voyeurisme ici, Joyce Carol Oates cherche surtout à savoir comprendre comment un homme peut se transformer en monstre. Inspirée par le tueur en série Jeffrey Dahmer, l'écrivaine livre un roman cru mais extrêmement fascinant.

Ed. Le livre de poche, 216 pages, 6,10 euros

8 – L'assassin qui est en moi, de Jim Thompson

L'assassin qui est en moi
L'assassin qui est en moi

Dans ce roman nihiliste teinté d'humour noir, Jim Thompson dresse le portrait de Lou Ford, shérif adjoint dans une petite ville du Texas. En apparence tout ce qu'il y a de plus normal, Lou est en fait un véritable sociopathe en puissance. Sous couvert d'une banale histoire de vengeance, il va rentrer peu à peu dans une spirale de violence, assassinant tous ceux qui se dressent sur son chemin. Avec sa logique froide et implacable, Lou apparaît comme le grand méchant absolu. Âmes sensibles s'abstenir.

Ed. Rivages Noir, 270 pages, 9,15 euros

9 – Un élève doué (Différentes saisons), de Stephen King

Un élève doué (différentes saisons)
Un élève doué (différentes saisons)

Dans cette nouvelle écrite en l'espace de 15 jours seulement, Stephen King s'intéresse à la création d'un serial killer. On découvre ainsi Todd Bowden, un adolescent de 13 ans installé dans une petite ville californienne avec sa famille. Un jour, Todd découvre que son voisin, un vieil homme à l'air inoffensif est en fait un ancien nazi. Fasciné par cette période de l'histoire, l'adolescent se rapproche du criminel de guerre. A ses côtés, il délaissera complètement son innocence pour se transformer en assassin, toujours plus avide de violence et de crimes. Une plongée glaçante dans la tête de non pas un, mais deux gros tarés.

Ed. Le livre de poche, recueil de 732 pages, 8,10 euros

10 – Il faut qu'on parle de Kevin, de Lionel Shriver

Il faut qu'on parle de Kevin
Il faut qu'on parle de Kevin

Kevin est sur le point de souffler ses 16 bougies quand il entre dans le gymnase de son lycée avec une arme et abat neuf personnes de sang-froid. Au centre de l'histoire, Kevin est pourtant raconté par les mots de sa mère, qui a toujours été en conflit avec lui et se demande quelle est sa part de responsabilité dans la personnalité de son rejeton. Présenté sous forme de lettres, le roman permet d'enchaîner les flashbacks et de suivre la mutation de Kevin, d'enfant étrange et pas franchement gentil à adolescent froid, cruel, incapable de montrer le moindre remord... Un sociopathe dans toute sa splendeur.

Ed. J'ai lu, 608 pages, 8,60 euros