Adèle Exarchopoulos subit actuellement un cyber harcèlement très virulent sur ses réseaux sociaux de la part d'odieux sexistes, dû aux accusations graves dont fait l'objet son ex conjoint, un célèbre rappeur : Doums, accusé de violences conjugales envers l'actrice Césarisée. Doums est l'ex membre du collectif L'entourage, auquel appartenait également Nekfeu - lui aussi accusé de violences conjugales. Les violences dont l'ex-compagnon est accusé dateraient de 2017 à 2024.
Oui, vous avez bien compris : c'est lui, ex conjoint, qui va être jugé en juin prochain pour violences conjugales, mais c'est elle, Adèle Exarchopoulos, qui est prise à parti. Au choix, sur les réseaux sociaux, toutes sortes de remarques y passent : on raille l'actrice pour avoir "laissé" le rappeur devenir le père de ses enfants et son conjoint en évoquant son physique, en inversant le rapport de culpabilité victime/agresseur, des anonymes considèrent qu'au fond, elle est un peu coupable - ignorant comme par magie ce qu'est l'emprise, la toxicité, les manipulations psychologiques inhérentes à de telles relations conjugales.
C'est là un phénomène misogyne qui porte un nom : le victim blaming. Nourri de culture du viol, ce concept désigne cette inversion de la culpabilité, entre auteur de violences, et victime, comme si l'attitude de celle-ci, ses propos, ses choix, y étaient "pour quelque chose". On observe régulièrement ces remarques dans le cas des violences sexuelles.
Mais pourquoi sont-ce toujours les femmes de ou les sœurs de que l'on insulte ?
La réponse est aisée : la misogynie. Il y a quelques années, le rappeur Roméo Elvis était accusé de harcèlement sexuel. C'est sa sœur, Angèle, chanteuse Belge reconnue pour ses convictions féministes, par-delà son succès mondial, qui se voyait souffrir dès lors de raids masculinises et d'insultes en ligne virulentes. Comme si son engagement, intime et politique, était immédiatement décrédibilisé par les actes de son frère.
Tout naturellement, c'est là une façon de silencier les femmes.
Surtout quand elles sont trop populaires et influentes, ou engagées. C'est évident pour Angèle, l'autrice de "Balance ton quoi", entre autres hymnes dénonçant les violences sexistes et sexuelles. On a aucun mal à imaginer qu'Adèle Exarchopoulos, investie dans ses causes, notamment lorsqu'elle remporte la deuxième statuette de sa carrière en incarnant une victime d'inceste dans le bouleversant Je verrai toujours vos visages, susciter d'autant plus l'ire des masculinistes.
Et puis il y a encore autre chose : son image, sulfureuse, portée sur la sensualité, l'acceptation de son corps, voire, aux prémices de sa carrière, une certaine hyper sexualisation. Source de male gaze, ce regard masculin qui calque ses désirs sur les figures féminines, mais aussi de jugements réactionnaires et sexistes.
Du slut shaming, en fait : "Quand une femme montre son corps, se dénude, se dévoile, elle est traitée de putain : et considérée ainsi jusqu'à la fin de ses jours", analyse la documentariste et militante féministe Ovidie, voix de première importance pour évoquer le phénomène de slut shaming dont souffre (aussi) Adèle Exachopoulos. Depuis son tout premier grand rôle : La vie d'Adèle, d'Abdelatif Kechiche, source de lesbophobie, et de slut shamign à foison, de par ses scènes explicites.
"Rappel essentiel : Victime de violences, ce n’est JAMAIS de votre faute. Le rappeur sera jugé le 29 juin prochain à Paris pour ces violences conjugales présumées sur son ex-compagne, Adèle Exarchopoulos", rappelle au passage et à juste titre le site Au féminin, encourageant les victimes à contacter les numéros consacrés comme le 39 19. Une démarche nécessaire et jamais aisée quand le victim blaming fait rage.
Comme dans le cas que nous venons de relater.