Après une vague d'agressions sexuelles, la réaction de la maire de Cologne crée le scandale

Henriette Reker
Henriette Reker
Alors que des dizaines d'Allemandes ont été agressées lors du réveillon à Cologne, la maire de la ville n'a rien trouvé mieux que d'édicter un code de conduite à l'attention des femmes pour se protéger des attaques.
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Près d'une semaine après les agressions de dizaines de femmes le soir de la Saint-Sylvestre à Cologne, l'Allemagne est toujours sous le choc. On dispose encore de peu d'informations au sujet de ce qui s'est exactement passé lors de cette nuit, lors de laquelle des groupes d'hommes ivres ont attaqué des femmes, volant leurs effets personnels et les agressant sexuellement.

Alors qu'une centaine de plaintes ont été déposées et que 16 suspects ont déjà été identifiés, les recommandations d'Henriette Reker, la maire de la ville, lors d'une conférence de presse au sujet de cette affaire, ont fait scandale.

Cette dernière a en effet préconisé que les femmes adoptent un "code de conduite" et respectent "une certaine distance, plus longue que le bras" avec les inconnus pour se protéger d'éventuelles attaques. Elle leur a également recommandé de de demander de l'aide aux passants en cas de menace. Henriette Reker a par ailleurs souligné que les femmes devraient être conscientes à l'avenir des dangers que comportaient certaines festivités qui sont synonymes d'une importante consommation d'alcool. "C'est important de prévenir pour que de tels incidents ne se reproduisent plus", a ajouté l'édile.

Ces propos n'ont pas manqué de faire réagir. Sur Twitter est apparu le mot-dièse #einarmlaenge, "une longueur de bras" en allemand, destiné à tourner en ridicule les recommandations de la maire de Cologne sur la distance que doivent garder les femmes avec les inconnus dans la rue. D'autres ont dénoncé cette tendance consistant à culpabiliser les victimes de viol plutôt qu'à empêcher les agressions d'avoir lieu, qui évoque la "culture du viol" régulièrement montrée du doigt par les féministes.

Deux ministres allemands ont également dénoncé le manque de pertinence d'Henriette Reker. "Ce ne sont pas les femmes qui portent la responsabilités" de ces agressions, a ainsi déclaré sur Twitter Heiko Maas, ministre fédéral de la Justice. Devant le tollé, Henriette Reker a été contrainte de rétropédaler. La maire a affirmé au magazine Spiegel que ses propos avaient été sortis de leur contexte.