Shireen Abu Akleh était journaliste : elle a été tuée par balle en Cisjordanie

En Cisjordanie, la journaliste Shireen Abu Akleh, 51 ans, a été tuée par balle. Une tragédie qui a suscité l'indignation en Palestine et le monde arabe.
À lire aussi

Shireen Abu Akleh était une journaliste américano-palestinienne de la chaîne Al-Jazeera. La reporter de 51 ans a été tuée par balle ce 11 mai dernier durant une opération de l'armée israélienne en Cisjordanie, dans le camp de réfugiés de Jénine. Elle aurait été touchée d'une balle en plein visage. La journaliste était équipée d'un casque et d'un gilet pare-balles.

"Shireen était vraiment une super journaliste, très célèbre aussi, une personne incroyable et ce qui s'est passé est un très, très grand choc", a détaillé auprès de Franceinfo Wael Al-Dahdouh, correspondant d'Al-Jazeera à Gaza. "On avait l'habitude de couvrir l'actualité main dans la main, on s'échangeait des infos à propos de la situation en Palestine. On se connaissait vraiment bien et notre relation est formidable", poursuit-il.

La mort de la journaliste a particulièrement indigné le monde arabe (Courrier international évoquant même une "onde de choc") et sidéré la communauté internationale.

Un deuil national

"Tous les Palestiniens sont tristes. Nous sommes très, très tristes, traumatisés et choqués par ce qui se passe parce qu'elle a été ciblée volontairement. Ça me touche beaucoup", a ainsi témoigné auprès de FranceInfo Sami Owaida, médecin de 57 ans. Les employés d'd'Al-Jazeera, mais également des diplomates européens ont rendu hommage à la journaliste regrettée, objet d'un véritable deuil national.

Des Etats-Unis à l'Union européenne, on en appelle désormais une enquête "transparente et indépendante permettant de déterminer les circonstances de son décès", comme le rapporte le journal Libération. Des vidéos du drame ont circulé sur TikTok. Plusieurs versions entrent en conflit au gré des médias. Des journalistes palestiniens notamment accusent l'armée israélienne, qui aurait également "délibérément tiré dans leur direction, alors qu'ils étaient clairement identifiés comme journalistes", relate le média.

Le président palestinien Mahmoud Abbas porte les mêmes accusations. Le Premier ministre israélien, Naftali Bennett, les dément. "Dans ce qui est d'évidence un meurtre, en violation des lois et des normes internationales, les forces d'occupation israéliennes ont assassiné de sang-froid la correspondante d'Al-Jazeera en Palestine, Shireen Abu Akleh, prise pour cible de tirs à balles réelles tôt ce matin", a déclaré la chaîne Al-Jazeera.

De son côté, l'actrice américaine engagée Susan Sarandon a tweeté : "Shireen Abu Akleh a été EXÉCUTÉE d'une balle dans la tête par des tireurs d'élite israéliens alors qu'elle portait son casque et son gilet pare-balles portant l'inscription PRESSE. Combien de temps continuerons-nous à garder le silence pendant que nos "alliés" tuent des journalistes pour avoir dit des vérités qui dérangent ?"